Un projet partagé pour les murs à pêches
Synthèse du processus de médiation portée par des associations et la mairie


Cette synthèse met en évidence le travail réalisé sur un an par un groupe de treize associations dont l’activité et/ou le projet concerne les « murs à pêches » et la mairie de Montreuil, en particulier la chargée de mission murs à pêches et des élus, chargés, pour l’un de la politique de la ville et du développement durable et, pour l’autre, du quartier Paul Signac-Murs à pêches. Cette période, qui s’échelonne de janvier à décembre 2009, est une étape particulière dans un processus collectif amorcé par quelques associations en 2007. Pendant un an, deux médiateurs ont accompagnés ce groupe dans la réalisation de deux de leurs objectifs : élaborer un projet partagé pour le site des murs à pêches et trouver des solutions concrètes d’organisation. Cette démarche s’est appelée « projet de médiation », car il s’agissait de faciliter, avec des outils de médiation, l’installation d’un dialogue constructif, d'utiliser des méthodes d’animation et de conduite de projets pour les amener à prévenir et résoudre des tensions et conflits d’usage et de faire émerger un projet collectif de gestion d’un territoire commun.
Cette synthèse retrace le projet, détaille les étapes, les méthodologies et les résultats. Elle a été élaborée principalement à partir des compte-rendus des huit réunions plénières qui ont eu lieu de mars à novembre 2009.

Ce projet est financé par la Fondation de France, dans le cadre de l’appel à projet « ensemble pour gérer le territoire » et par la mairie de Montreuil-sous-Bois, en Seine-saint-Denis.


Table des matières

 

Des concepts de la médiation à leur appropriation concrète par les acteurs  ................ Page  1
Une « médiation de projet » : idées générales sur la méthodologie
Partir de ce que les acteurs veulent
Écouter, apprendre et faire preuve de créativité
S'adapter au contexte
Une démarche, une implication volontaire .............................................................. Page  2
Une ambiance favorable
Une prise de décision partagée à toutes les étapes du projet
« d'abord travailler entre nous, ouvrir après ........................................................... Page  3
Méthode utilisé pour choisir les groupes de travail
le collectif, et notamment le points sur les modalités de prise de décision
L'installation d'un espace de concertation et de dialogue ......................................... Page  4
Outillé pour la suite  
Alternances plénière-petit groupe   
Il est impossible de tout traiter de front
Etapes ........................................................................................................... Page  5
Une démarche qui met du temps à trouver sa place :

A partir de 2007           

Complémentarité ou confusion avec la Commission extra-municipale ?
Avec un collectif rassemblé ................................................................................ Page  6
Des entretiens pour favoriser le diagnostic et s’assurer des bonnes conditions
Partager visions du site
Démobilisation, travail concret et clivage .
............................................................. Page  7
Les événements de juin et septembre .................................................................. Page  8
Re-mobilisation autour de deux priorités :
Le re-positionnement autour du projet global
La priorité à la constitution du collectif 
................................................................ Page  9
Les résultats sur les points attendus au départ ..................................................... Page 10
Sur les objectifs du cahier des charges
le projet partagé : synthèse du travail du 24 mars
Les modalités d'organisation entre les acteurs du site : un collectif qui
fédère ............ Page 11
Les modalités d'organisation entre les acteurs du site : l’élaboration d’un processus
permanent de décisions et d’actions
Sur les moyens à utiliser
.................................................................................. Page 12
L'ouverture à d'autres acteurs du site : réunir acteurs avec activités et projets

différents,solliciter participation des acteurs peu ou pas présents dans les débats
La « dé-passionation » des débats et la résolution des
conflits ............................... Page 13
D'autre avancées non priorisées au départ
Concilier les différents usages du site, ouvrir à d'autres publics 
Ouvrir les murs à pêches à de nouveau usages : un nouvel appel à projets
L'aménagement des entrées, accès et ouvertures impasse Gobétue
......................... Page 14
Echanger des informations 
Conclusion : Y a t-il eu changement ? ...
............................................................. Page 15

 

Sommaire plénière
Des concepts de la médiation à leur appropriation concrète par les acteurs
Une « médiation de projet » : idées générales sur la méthodologie

Partir de ce que les acteurs veulent
C'est le groupe qui décide ce qu'il veut faire, les participants ont des besoins, des idées et des envies. Les médiateurs facilitent les échanges, permettent à chacun de s'exprimer et accompagnent le groupe vers la prise de décision. Ils facilitent la structuration d'une pensée collective à partir de ce qui est porté par les participants. Alors que les médiateurs font référence au contenu d'une réunion de médiation comme étant un début de construction du projet partagé, une participante intervient : «J’ai pensé qu’il s’agissait d’une première étape d’une médiation pour partager. Une méthode pour faire mieux connaissance de nos visions et projections. Et non pas pour construire le projet partagé». Pour que le groupe puisse construire un projet dans lequel tous se retrouvent, une des premières étapes est de partager visions et représentations. C’est en partant des besoins que les gens portent, en acceptant leur légitimité, et en se donnant comme objectif de satisfaire ses besoins, que des solutions émergent. Ce processus de médiation permet la construction d’un projet.
Écouter, apprendre et faire preuve de créativité
Une médiation permet de cheminer ensemble vers une décision qui satisfait les uns et les autres. Les séances s'appuient sur l'écoute active des besoins des autres et de l'apprentissage de sa capacité à exprimer les siens. Par exemple, lors de la même plénière, évoquée au paragraphe précédent, les participants ont exprimé et écouté les différentes visions du secteur des murs à pêches et l'évolution souhaitée par chacun. C’est l'occasion d'exprimer des points de vue, sa perception d'une situation pas nécessairement partagée. Ainsi, alors que plusieurs participants se rappelaient au bon souvenir fraternel des premiers festivals des murs à pêches où « personne ne partait avant que tout ne soit rangé », d'autres participants expliquent que eux, dans leur expérience des murs à pêches, ils n'ont jamais ressenti cela : « les riverains n'ont jamais eu le sentiment que d'autres associations soient venues apporter un coup de main par rapport à ce qu'ils subissaient». Cet avis n'est pas celui d'autres qui estiment qu'il y a eu des mains tendus et des propositions d'actions à différentes reprises, qui n'ont pas été saisies. On peut écouter la perception et le besoin d’un autre, essayer de comprendre ce qu’il a ressenti et trouver des solutions ensemble satisfaisantes.
Un mot peut avoir des significations différentes suivant qui l'utilise. Il est nécessaire de prendre
le temps de se comprendre, lorsque l'utilisation d'un mot fait réagir. Ainsi, lors d'une plénière, le
médiateur, qui rend compte de la position des élus de la ville sur leur volonté d’avoir comme
interlocuteur un collectif d'associations, utilise le mot conditions, pour désigner les attentes ou les besoins des élus par rapport à ce collectif. Or, ce mot choque certains participants, qui ont
l'impression « d'être à la botte de la mairie ». et cela est vécu comme une ingérence dans la vie
associative. Alors que le médiateur l'utilise couramment dans sa pratique, car il permet de mettre en exergue ce qui est vraiment important pour un partenaire et permet de prendre position et de clarifier les points de négociation.
S'adapter au contexte
Ce projet de médiation tel qu'il a été pensé par ces initiateurs en 2007 et tel qu'il a pu se
réaliser en 2009, a vu son contexte politique évoluer, par le changement d’équipe municipale, ce qui a ‘ailleurs permis sa mise en oeuvre. Une médiation se déroule dans un contexte évolutif, la méthode, les attentes vont évoluer en fonction des événements et des changements de contexte. La démarche est donc tributaire et prendra en compte des données extérieures qui viendront impacter et modifier sa tournure. Ainsi dans la première réunion d'un groupe de travail, en mai, les participants évoquent leurs différences d'analyse de cette évolution. Pour certains, au début, en 2007, la médiation a été conçue pour faire poids face à l'ancienne mairie : « Aujourd'hui, la mairie a changé, alors l'intérêt de la médiation n'est plus aussi important, ce qui explique que certains ne viennent plus». Pour d'autres participants, l'intérêt de régler les difficultés de relation et de devenir une vrai force collective étaient fondamentaux pour eux au départ et sont toujours d'actualité aujourd'hui.
Sommaire plénière 

Une démarche, une implication volontaire
Ceux qui ont un « agenda » professionnel et familial les moins chargés sont les plus disponibles pour une vie associative et militante. C'est une donnée à prendre en compte, et il faut trouver des modalités de participation adaptée. Au delà de cette disponibilité, les gens viennent s'ils y
ont un intérêt et si la démarche leur apporte. Alors cela devient une des priorités. La médiation, on y vient volontairement. Ce principe lors qu'il « rencontre » celui que les décisions sont prises par ceux qui sont là, peut entraîner des effets pernicieux. Ceux qui sont là prennent les décisions en fonction de ce qui les intéressent, de manière plus ou moins consciente. Ceux qui ne sont pas là se sentent de moins en moins concernés, et ont de moins en moins d'intérêt à s'impliquer. C'est ce qui s'est passé lors de la troisième plénière, en mai. Des thèmes de travail ont été choisis. Les groupes de travail qui ont suivi ont rassemblés les mêmes qui avaient pris la décision de les monter et les propositions émises n'ont pas rassemblées au delà. Ce fait a alarmé les participants qui ont, lors de la plénière suivante en juillet, demandé aux médiateurs d'intervenir sur ce points précis en allant voir ceux qui étaient moins présents. Le projet a été conçu en fonction des besoins et des capacités de tous les acteurs. « Des gens qui se sont beaucoup engagés ne viennent plus », constate un participant « C'est un problème. On ne peut pas se contenter d'être si peu nombreux au travail. » Cette intervention a permis de comprendre ce qui s'était passé et de re-rassembler l'ensemble du groupe.
Une association est presque toujours représentée par une ou deux personnes, qui sont les mêmes. Certains ont besoin de temps pour revenir devant leurs adhérents ou les autres militants de l’association pour prendre une décision, d’autres sont « mandatés »pour décider. Il est nécessaire de trouver des porte-parole légitimes des groupe qu’il représentent, car chaque participant est relais de ce qui s'est dit et décidé.
Une ambiance favorable
Certains points ont été dégagés au fur et à mesure des réunions concernent des règles de
respect et de bonne ambiance. Ainsi chaque participant s'engage à « exposer sur la place publique » les propos tenus par les uns ou par les autres avec discrétion et respect mutuel. La composition du groupe à géométrie variable peut poser problème pour des raisons de sérénité et d'efficacité : certains ne viennent pas, d'autres arrivent en retard, d'autres encore n'assistent qu'à la moitié de la réunion. C'est important pour avancer, d'avoir une présence soutenue. Pour les personnes qui arrivent en retard aux réunions, il est proposé qu'elle soit accueillie par une personne déjà présente qui lui livrera quelques informations sur le sujet en cours de discussion. La personne ne pourra intervenir qu'à partir du point suivant, histoire de ne pas refaire un débat qui a déjà eu lieu.
Une prise de décision partagée à toutes les étapes du projet
Un des principes fondamentaux d’une démarche de médiation est la recherche d’un accord entre les
parties-prenantes. Voici quelques exemples d’accords pris au cours de cette année de travail.
Sommaire plénière 

« d'abord travailler entre nous, ouvrir après »
Lors de la première séance, les participants devaient, notamment, décider de la méthode à
adopter concernant la mobilisation de nouveaux acteurs comme partis-prenants de la démarche. Les participants au départ ne sont pas d’accord. La plupart pensent que les problèmes sont suffisamment importants à régler avec les acteurs présents, tandis que d’autres veulent ouvrir tout de suite afin de faire profiter de l’expérience d’autres acteurs et de « s’ouvrir ». La proposition retenue a été de poser des bases claires « entre nous » et d’aller voir les autres après, avec une offre et une proposition de participation plus claire. Cette décision a été « favorisée » par la difficulté à trouver des complémentarités avec une autre démarche de mobilisation et de réflexion, organisée par la mairie, ans le cadre d’une Commission extra-municipale non permanente.
Même si cette décision a été validée par tout le monde, le fait de ne jamais avoir réussi à associer de nouveaux acteurs, par la suite, alors que les complémentarités se dessinaient et la démarche de médiation gagnait en lisibilité, a posé question. Nous y reviendrons plus tard.

Méthode utilisée pour choisir les groupes de travail

Les participants ont désiré travailler à la mise en oeuvre d’actions concrètes. Pour cela il fallait d’abord choisir les thèmes prioritaires pour engager des actions. Parmi une liste de 11 thèmes (voir page 9) proposés par les participants, deux ou trois étaient à retenir. Chaque participant a attribué trois points suivant ses propres priorités, et les thèmes recueillant le plus de points ont été retenus, comme thèmes prioritaires pour le groupe. Chaque thème a ensuite fait l'objet de discussion pour déterminer l'angle de travail, la méthode et les nouveaux acteurs à associer. Or pour l'un de ces thèmes, le choix d'y adjoindre un sous thème ne faisait pas consensus. Pour certains, le thème de la « friche » devait faire l'objet d'un travail à part entière, tandis que pour d'autres il fallait le rattacher à la question des circulations et des accès dans le site...Chaque point de vue a été écouté et discuté. Le groupe s’est accordé sur la proposition suivante : Il est important de ne pas « isoler » le thème de la friche. Leur existence et protection étant indissociables des questions d'accès (limités ou non), de la « protection » des espaces et de la présence humaine, ce thème sera donc rattaché aux question d’ouverture, de fermeture, de circulations et d’accès. Par contre l’angle de travail choisi pour débuter le travail de ce groupe sera celui de la friche, ce qui permettra d'accentuer le travail dessus lors de la première séance de travail de ce groupe.
le collectif, et notamment le points sur les modalités de prise de décision

Toutes ces décisions ont été prises au consensus. Cela veut dire que les positions des uns et
des autres ont été entendues et qu'une solution commune a été élaborée. Le consensus ne veut pas dire que tout le monde est d'accord, par exemple pour le site Internet, une participante a exprimé un avis contraire à celui de l'assemblée, tout en précisant, qu'elle s'alignait sur l'avis le plus majoritaire.
A propos des modalités de prise de décision en vigueur dans le collectif, une réunion en octobre
montre des positions qui apparaissent à ce moment comme divergentes. Pour certains le consensus est nécessaire pour prendre des décisions-ce qui contribuerait au renforcement du collectif et des décisions, alors que pour d’autres, l’enjeu est d’avancer et donc de décider avec une majorité simple.
Sur ce point-là, la décision est renvoyée à une prochaine réunion. Pendant ce délai, les participants sont invités à réfléchir sur ce point, avec les apports de 5 expériences d’ailleurs. Puis les participants se retrouvent et exposent leur avis. Une décision en 4 points est alors adoptée : dans ce collectif, les modalités de la prise de décision s’appuieront sur la méthode du consensus. Quand cela n’est pas possible, les participants pourront voter, et les décisions seront adoptées quand 2/3 des participants
 seront d’accord. Ces modalités de prise de décision feront l’objet d‘une discussion-évaluation dans un an. Enfin, toute décision concernant le fait d’aller en justice devra faire l’objet d’un consensus et d’une position unanime. Alors qu’à la première réunion il semblait impossible aux participants de prendre une décision sur ce point, le débat et une décision collective  satisfaisante apparaît relativement facilement lors de la deuxième. C’est la magie du consensus.
Sommaire plénière 

L'installation d'un espace de concertation et de dialogue

Outillé pour la suite
L'intérêt dans cette démarche, c'est que les participants acquièrent des capacités, des
compétences pour poursuivre le travail amorcé avec les médiateurs. Un médiateur intervient pour
renouer le fil du dialogue ou pour permettre au groupe de dépasser un ou des conflits. La mission
d'accompagnement est limitée.
Alternances plénière-petit groupe
Un mode de fonctionnement s'est mis en place durant l'année 2009. Des séances collectives
de travail ont rythmé l'année (deux en mars, une en mai, une en juillet, une en septembre, octobre,novembre et décembre). Des groupes de travail se sont retrouvés entre ces séances, pour approfondir des idées et élaborer des propositions. Un des membres du groupe de travail les
rapportait en séance plénière et le groupe prenait la décision de continuer le travail ou de l'axer sur tel ou telle direction.
Il est impossible de tout traiter de front.
L'ambition du projet, la multiplicité des problèmes impose de faire des choix, dans les sujets à
traiter et les décisions à prendre. Ce n'est pas toujours facile, car il peut y avoir des contradictions et cela entraîne des frustrations. Quand on s'engage dans un processus de médiation, cela peut durer des années, tant la multiplicité des problèmes, des acteurs et des intérêts peut être complexe et mis en place depuis des années et des années.
Sommaire plénière 

Etapes
Une démarche qui met du temps à trouver sa place :

Le projet de médiation a évolué entre les idées du départ et les résultats, tant du point de vue des participants que du contexte politique dans laquelle la démarche se déroule.
A partir de 2007

Un collectif de 6 associations répondent ensemble à l’appel à projets de la Fondation de France « ensemble pour gérer le territoire ». Le projet est retenu et financé par la Fondation de France, mais ne peut démarrer faute d’une participation financière de la municipalité de Montreuil.
Depuis, le changement de municipalité, en mars 2008, a permis à de nouveaux élus de conduire la
politique municipale, qui ont choisi de s'impliquer dans le processus de médiation.
Complémentarité ou confusion avec la Commission extra-municipale ?
Alors que les premiers calendriers de la démarche de médiation permettaient de penser que
la démarche de médiation déboucherait en janvier 2009, le projet subi des contre-temps et les
premiers entretiens avec les médiateurs ont lieu en janvier 2009. Or cette démarche s’est mis en
place alors que la Commission extra-municipale non-permanente sur l’avenir des murs à pêches était en cours, et faisait intervenir, en plus de la mairie, initiateur et porteur de cette commission, 6 associations. Ces 7 acteurs, présents dans cette Commission Extra-municipale (CEM), représentaient donc la moitié des parties-prenantes du projet de médiation. La Commission portait sur les « grandes orientations pour l’avenir » des murs tandis que la médiation sur un « projet partagé » pour les murs à pêches. Ces convergences d'intention ont faits l'objet d’intentions de coopérer, mais les articulations et modalités de calendrier n’ont pas été trouvés et ont constitué une réelle difficulté d’entrée de jeu.
Les difficultés apparaissent dès la première plénière :
-Une première difficulté a résidé dans les différents niveaux d'informations par rapport aux débats de la CEM : certains y ont participé, d'autres non. Or les modalités de choix des critères pour qu’une association puisse participer à la CEM n’ont pas été comprises, et il n'y a pas eu de voix émanant d'un collectif d'associations qui est été formalisé et porté à la CEM, qui aurait compensé la nonparticipation de certains.
-Une deuxième difficulté provient du désaccord des participants quant à l’objet de la médiation :
Certains ont comme objectifs de travailler avec différents acteurs, sur une proposition de gestion
participative et de définition des principes de mise en valeur, de modes de fonctionnement d'un site patrimonial avec différents usages, en bref de traiter du projet d’aménagement sur l’ensemble du site avec les habitants. D’autres, principalement les représentants de la mairie préfèrent que les productions du projet de médiation se concentrent au secteur sur lequel pas mal d’associations développent des activités sur une parcelle.
-Une troisième difficulté a résidé dans le fait que les volontés de convergence entre les démarches de la mairie et celles issues du projet de médiation n’ont pas été concrétisées. La démarche de médiation n’a trouvé sa place qu’à partir du moment où la Commission extra-municipale était finie. La volonté de ceux qui voulaient travailler avec les habitants s’est heurté au peu d'informations concernant le calendrier et le dialogue que la mairie souhaitait mettre en place avec les habitants, car une convergence entre les deux démarches était nécessaire pour établir la confiance et ne pas impliquer des gens « sur du vent ». Cette situation a amené  certains participants a opposer le travail

réalisé pendant la démarche de médiation au travail de la ville. Ce qui a posé question car la ville
participe pleinement à la démarche. De plus les quelques initiatives pour aller au devant de nouveaux publics prises par la mairie n’ont pas ou peu été soutenus dans la forme ou le fond par l’expérience des travaux du projet de médiation.
Trouver des complémentarités

-changer ses modes de faire Comment mener un vrai travail ensemble associations-mairie ? Comment faire, pour que tous se reconnaisse de manière équitable dans la démarche ? Comment rendre « transparentes » les relations sans équivoques, ni jeu de pouvoirs qui annihilent les projets ? Comment permettre à des experts de participer, sans toutefois qu'ils décident à la place des autres ? L’actualité de ces questions posées lors d’une plénière en juillet est encore présente. L'ajustement entre les démarches, qui ont des objectifs et surtout des modes de faire différents n'était pas évident, mais il aurait pu être trouvé, les échanges étaient complémentaires. Chaque démarche aurait pu être enrichi des apports de l’autre, ce qui n’a pas été le cas. Le bilan de la mise en place de la démarche est important à tirer pour mieux faire converger/adosser les initiatives des uns et des autres à l’avenir et démultiplier ainsi les énergies.
Sommaire plénière

Avec un collectif rassemblé
Malgré les aléas précédemment exposés, la médiation commence avec l’ensemble des acteurs, sur des propositions de méthode des médiateurs :
Des entretiens pour favoriser le diagnostic et s’assurer des bonnes conditions
Pour les médiateurs, l'antériorité de la situation de concertation doit être prise en compte. Ce
qui s'est mis en place, auparavant, à contribuer à construire les relations entre les acteurs locaux,leur vision des choses et leur façon de les exprimer aujourd'hui. Cette nécessité que les médiateurs aient une connaissance assez fine de l'histoire des relations autour de ce site explique une première étape avec des entretiens. Cela permet aussi la mise en confiance et une inter-connaissance entre les médiateurs et les acteurs en place. Cette étape permet de s'assurer que les conditions sont réunies pour que le dialogue puisse s'engager de façon constructive. Elle permet également de faire le point sur l'implication des principaux acteurs concernés, leur projet, leur positionnement par rapport aux objets du conflit. Ces entretiens confidentiels peuvent permettre aux acteurs d'exprimer des motivations qu'ils ne souhaitent pas nécessairement rendre publiques. Ces entretiens sont aussi un exutoire pour les acteurs et permettent la mise en mot de leurs besoins.
Partager visions du site
Après une première séance consacrée au calendrier, aux objectifs de la démarche évoquée
dans le paragraphe précédent, une deuxième séance est consacrée au partage des visions de
chacun sur le site. De ce travail (voir page 16 et 17) ressorte des thèmes, des sujets que les
participants de la démarche veulent traiter.


Listes des onze thèmes :

 - Les murs (restauration,protection,utilisation)

 - La gestion du site, faciliter les passages, les découvertes, les cheminements pour tous et le respect des cultures (portes, horaires d'ouverture, activités et informations)

 - L'identité horticole, l'organisation d'avant, l'esprit des lieux,"vitrine" des pratiques horticoles

 - Les relations de voisinage (au delà des entreprises) : vol de fruits et légumes, appropriation du terrain par d'autres, relation avec les populations "roms", "tsiganes"

 - La circulation des camions, les activités économiques nuisantes

 - La friche, les cheminements "mystérieux", le "vagabondage", les paysages

 - La production et le marché local

 - Travailler ensemble, se soutenir, s'aider, être solidaire, organiser ensemble, pouvoir mettre en oeuvre des projets collectifs, faciliter la logistique

 - Des échanges non marchands,le développement des pratiques amateurs, des expérimentations sociales

 - Les éco-activités, le recyclage, les pratiques écologiques, l'eau

 - Les activités culturelles professionnelles

Sommaire plénière  

Démobilisation, travail concret et clivage
Nous avons vu comment les acteurs avaient choisi les priorités parmi tous les thèmes ressortis
(voir première partie « méthode utilisée pour choisir les groupes de travail »). Ce qu’il faut préciser c’est qu’alors que la liste des thèmes s’est faite en présence de l’ensemble des acteurs, la priorité donnée au travail concret et le choix des sujets à traiter s’est faite en groupe beaucoup plus restreint : sur six associations présentes à la CEM, seule une est présente. Ce qui explique la position des participants de cette réunion, pour qui le rythme d'avancement du projet pourrait être plus soutenu. Ils ont un sentiment de tâtonnement, de confusion et craignent une démobilisation. Le choix est donc d'avoir un rythme plus soutenu de rencontres, qui vont donner du « corps » à la démarche, en mettant en place des approches concrètes et en se projetant sur le futur : avec la mise en place de groupes de travail sur des thèmes prioritaires. L'objectif de la plénière suivante est de partager les résultats produits par chaque groupe et de choisir quelques actions à engager prioritairement. Les groupes de travail qui suivent voient la démobilisation des « absents » se conforter, comme cela est expliqué dans le paragraphe sur implication volontaire dans la première partie.
Les 2 groupes de travail :

 

Groupe 1

  Mettre en oeuvre des projets collectifs (partage,entraide et convivialité)

  Mutualiser les moyens

  Coordonner les activités actuelles et futures

  La gouvernance des murs à pêches

     Travailler ensemble,être solidaire,organiser ensemble des événements,faciliter la logistique.

     La gestion de l'espace,la dimension territoriale

     Une nouvelle instance à créer

Groupe 2

  Cheminemenst et accès

  Gestion du site(portes,horaires d'ouverture,activités,informations) "labyrinthe",coins secrets et

  paysages

     Circulation,facilitation des passages découvertes,le vagabondage

 

A la plénière suivante, huit actions sont choisies parmi toutes les propositions des groupes de travail qui suivent. Même si le contenu et le travail satisfont les participants. Le constat que « certains ne viennent plus », démobilise et ne met pas les participants de la démarche en confiance par rapport à la suite. 8 actions sont choisies par les participants (entourées en rouge dans les tableaux). Deux actions sont écartées en septembre (la question d'un local pour le collectif qui est relié au groupe de travail sur la constitution du collectif, et celui sur les friches qui est remis à plus tard.)
Les propositions des groupes de travail :

Constituer un collectif
Besoin                                                                    Action

Partager un intérêt commun,développer le sentiment de responsabilité pour le site et les activités de chacun.Gérer collectivement ce territoire

Remplir un tableau synoptique

Installer des panneaux d'affichage

Accueillir le public

Réguler les relations,développer la confiance.

Multiplier les échanges,l'entraide et la communication

Avoir des règles communes et respectées

Rédiger une charte et écrire des règles de fonctionnement

Décider d'une méthode et stratégie pour résoudre les conflits

Ensemble,prendre des initiatives,organiser et

animer des actions collectives,des événements

Organiser des réceptions

Monter des événements et manifestations en collectif

Trouver des ressources financières,mutualiser des moyens,faciliter la logistique,être un interlocuteur pour les institutions Structurer le collectif

Disposer d'un outil de communication

Friches,accès,ouvertures,fermetures,circulations,cheminements
Besoin Action
Garder,gérer des espaces de nature(impression de campagne,coins secrets,ombre et lumière) Créer et entretenir des friches
Pouvoir se promener,avoir des cheminements pour tous Aménager un parcours praticable et accessible à tous
Pouvoir proposer des sentiers plus confidentiels, à accés occasionnel Proposer des parcours guidés
Relier les espaces à l'intérieur du site de l'impasse Gobétue à la rue Pierre de Montreuil, entre les parties coupées par l'autoroute,vers la villes,les parcs Recenser les chemins historiques

 

 

Respect des cultures,du travail,du lieu.

Besoin de protection du site

 

 

 

Etablir et faire connaître une charte des règles de comportement

Assurer une présence plus importante et plus fréquente

Aménager des accès/entrées et notamment des accés techniques Aménager des accès/entrées rue Pierre de Montreuil et impasse Gobétue
Faciliter l'accès à l'ensemble des associations de l'appel à projetsde l'espace associatif Faciliter les passages et accès
Espaces constamment accessibles au public Ouvrir de nouveaux espaces au public
D'être plus connu,que des nouvelles personnes s'impliquent,d'accompagner de nouveaux projets Organiser un nouvel appel à projets
D'être entendu,associé en continuité de décloisonnement,d'équité même approche de l'histoire avancer par "petites touches" Installer un processus permanent de dialogue et d'action

Les événements de juin et septembre
Que s’est-il passé entre les premières réunions de mars et celle de juillet pour que le groupe ainsi se clive entre ceux qui participent à la démarche et ceux qui s'en détachent à ce moment ? C’est la fin de la Commission extra-municipale et c’est le temps des festivités : festival des murs à pêches et fête de la ville. Le festival des murs à pêches apparaît comme une fête qui se déroule uniquement sur les parcelles associatives de la partie Ouest, et organisé par l’APUM. Ce festival regroupe donc principalement-parmi les organisateurs, ceux qui sont le plus liés aux parcelles de l’impasse Gobétue.
Alors qu’à la fête de la ville qui se déroule le week-end d’après, au parc Montreau, qui touche la
partie Est des murs à pêches, la ville invite à participer un groupe d’associations avec lesquelles elle travaille sur la question de l’agriculture dans les murs à pêches et de le possibilité du retour d’une production fruitière et maraichère. Ce sont des associations qui ne cultivent pas forcement une parcelle et qui s’investissent sur la mise en place de productions agricoles avec des particularités spécifiques à des « terres en ville », volet paysager et récréatif important, formation et insertion,pédagogique, dé pollution et culture biologique...
Ces deux événements, où chaque acteur participant de la médiation a trouvé sa place soit à l'un, soit à l'autre, ont conforté les acteurs dans une logique d’opposition plutôt que de complémentarité. Parmi les organisateurs, peu sont venus aux deux événements, et les dynamiques de l’un n’a pas profité à l’autre... Ainsi l’ouverture que les associations demandaient rue Pierre-de-Montreuil n’a pas été réalisé par la mairie pour faciliter la logistique, alors que cela aurait pu être l’occasion pour la mairie d’être plus présente au festival des murs à pêches par l’inauguration par exemple de cette entrée, alors que les associations de l’impasse Gobétue n’ont pas répondus à l’invitation ou ne se sont pas sentis bienvenus autour de la mairie pour présenter et valoriser leurs initiatives dans le cadre de la fête de la ville et amener avec elles tous ceux qui étaient présents au festival des murs à pêches.
Re-mobilisation autour de deux priorités :
Le re-positionnement autour du projet global
Les médiateurs sont allés voir les associations moins présentes, comme cela avait été choisi
lors d’une plénière. Il en ressort que les raisons pour lesquelles certaines associations ne sont plus là se recoupent. Ce qui les motivait au départ, c'est de traiter un projet global. Or pas mal de sujets se sont recentrés autour des préoccupations des associations installées Impasse Gobétue. L'absence de certains est donc dû à une perte de motivation liée au décrochage, au décalage entre la situation d'aujourd'hui et les ambitions initiales du projet de médiation. Aucune association ne veut rompre par rapport au processus. Comment alors redonner de la place à l'élaboration d 'un projet qui concerne l'ensemble du site et toutes les parties prenantes de la médiation ? Cette mise au point sur les raisons pour lesquelles certains venaient moins et les marges de manoeuvre possibles pour qu’ils se réinvestissent ont été posés lors d'une plénière début septembre. Les médiateurs ont donc proposé qu’un débat sur les questions relatives à l’occupation du sol, à la gestion de l’espace soit organisé.

Un débat qui permettrait de travailler sur les questions de fond et sur les murs à pêches dans leur
globalité, ainsi que de permettre l’échange d’informations à propos des projets de chaque acteur.
Certains participants, en octobre, lorsque cette proposition a été débattu, a fait l’objet de réactions diverses. Pour certains, ce débat est nécessaire et il souhaite sa mise en place rapide, alors que d’autres ne sont pas d’accord pour l’organiser.

>Sommaire plénière
La priorité à la constitution du collectif
La priorité des travaux du projet de médiation à l’automne a concerné la structuration du
collectif d’associations. Cette question est portée par l’ensemble des associations, d’accord pour
avancer sur ce sujet. Par contre dans les modalités de la mise en oeuvre, des divergences ressortent qui ont été traités au fur et à mesure. Beaucoup-la plupart ne croient pas que ce collectif pourra exister un jour, alors même que pour d’autres, il existe déjà.
Des statuts sont en cours de rédaction.

>Sommaire plénière
Les résultats sur les points attendus au départ
Sur les objectifs du cahier des charges :
Le cahier des charges met en évidence deux objectifs de cette démarche de médiation : élaborer un projet partagé et trouver des modalités d'organisation entre les acteurs du site. Sur ces deux
objectifs, voici ce que 10 mois de travaux ont donné.
le projet partagé : synthèse du travail du 24 mars
Chacun a sa propre vision de l'évolution potentielle et des activités à mettre en place sur les
murs à pêches. Pour continuer à s'investir sur le devenir de ce lieu, une première étape est d'accepter de ne pas être d'accord sur tout et de reconnaître la valeur de la diversité des visions et de la nécessité de composer avec elle. Ce qu'il faut faire, c'est se mettre d'accord sur les choses à faire et accepter que chacun les regarde à sa manière.
Il importe aussi d'échanger sur les visions différentes de l'histoire des murs. Par exemple, une
participante insiste dans une des réunions sur l'importance que les montreuillois se ré-approprient le site des murs à pêches. Ce qui fait bondir une autre participante, non pour contester la proposition,amis pour relever le fait que les murs à pêches ont toujours été des espaces très fermés, qu'il ne s'agit donc pas que les montreuillois se les ré-approprient, mais bien se les approprient. C'est ça le partage des visions de l'histoire, et cela peut être passionné.
Pour élaborer un projet partagé, une première démarche est le partage des projets de
chacun. Une séance de médiation a permis en mars 2009 de synthétiser deux points : ce que les
participants ne veulent plus voir dans les murs à pêches et leurs attentes, envies et visions pour
l'avenir.

Des photos symbolisent toutes les idées développées :

Les murs qui s'écroulent, même si la présence humaine permet de contenir ce processus

La maltraitance des lieux , la déresponsabilisation

Les portes qui empêchent de passer. Les portes cela pet aussi permettre de faciliter les passages, de lutter contre les dégradations. Mais cela n'empêche pas forcément les dégradations, laisser ouvert est parfois la seule solution possible. L'ouverte visuelle permet aussi d'améliorer les choses pose des questions relatives à la gestion et introduit l'importance des questions relatives aux passages,aux circulations

Le saccage de ce qui faisait la renommée et l'identité horticole

Les entreprises nuisantes

Les camions omniprésents sur les rues inadaptées du quartier

Une ouverture des lieux pas assez informative.

Le côté bricolage et recyclage

Attentes , envies et visions

 

Avoir un espace patrimonial pittoresque, vitrine des pratiques horticoles

Espaces de visites entre "jardins qui se cultivent" et "jardins qui se visitent"

Installer de la production fruitière biologique et commercialisée locale

Mettre en oeuvre des projets collectifs, permettre à des individus de faire des choses collectives

Avoir des installations pour faciliter la logistique pour la mise en place d'événements. Hall ou marché couvert, de l'électricité, de l'eau, des lieux de stockage de matériel

Mettre en place une politique culturelle sur les murs à pêches: programmation, fidélisation d'un public

Avoir des espaces non disciplinés, des paysages de friche

L'intérêt de ce travail est toujours présent, pour faire le points sur les projets des uns et des autres. Et pour « avoir les capacités à notre niveau de poser des jalons pour avoir une perspective collective.
Ça n’invalide pas les projets des uns et des autres. Cela participe à une fondation. » pense un
participant lors d'une discussion sur le choix de continuer ou non ce travail autour de l'élaboration du projet partagé.
>Sommaire plénière

Les modalités d'organisation entre les acteurs du site : un collectif qui fédère

La structuration en collectif a d’abord été projeté en parallèle des séances de médiation. C'est devant la difficulté d’avancer ainsi-une réunion sur ce sujet n’a pas mobilisé, ni été très productive le 12 mars 2009- que la nécessité de concrétiser la structuration du collectif a pris une place de plus en plus importante dans les séances de médiation. Un groupe de travail (voir page..., groupe de travail 1) se réunit pour élaborer des propositions. En juillet une action décidée concerne sa « structuration »,les participants veulent aller plus loin dans la visibilité et l'organisation. Les médiateurs rencontrent les élus pour s'assurer qu'ils sont d'accord pour travailler avec un collectif, comme un interlocuteur des associations. Ce qui ne conditionne pas sa capacité à exister mais qui donne des orientations sur la reconnaissance institutionnelle et politique au niveau local de ce collectif.
Le collectif, sous une forme informel, existe déjà. Cette idée a émergé depuis longtemps,
Certaines actions sont menées à plusieurs associations : les tests de dépollution par la phytoremédiation,le projet « Montreuil-aux-pêches » sur lequel travaille trois associations, la réhabilitation des murs qui concernent les parcelles de plusieurs associations, etc...Il y a beaucoup de projets sur lesquels plusieurs associations se regroupent. Cette démarche de médiation est aussi une démarche d’un collectif regroupant en plus de 13 associations, la mairie. Le collectif, de manière informel, existe déjà, sous des formes diverses, peu structurées. L’enjeu du moment est donc sa structuration, c’est à dire donner un ensemble de règles quant aux modalités de prises de décisions, des objectifs dans lesquels se reconnaître et avancer, des règles de participation. Être plus visible aussi de l’extérieur. Le collectif doit prendre toute sa place comme un interlocuteur de la municipalité, comme organisateur d’événements et comme lieu de dialogue, d’action et d’échanges d’informations. Un lieu pour penser l’avenir des murs à pêches.
Un participant pose les enjeux des discussions pour arriver à une structuration qui convienne :
« C’est pas avec des statuts qu’on fait un collectif, il faut que tout le monde soit d’accord sur les
règles avec un fonctionnement le plus collégial et en même temps le plus efficace possible. » Alors que des points apparaissaient comme problématiques, comme définir un périmètre géographique et d’acteurs, les participants se sont accordés assez facilement à partir du moment où il a été posé clairement que ce collectif traitait du territoire globalement, site classé et non-classé.
Les modalités d'organisation entre les acteurs du site : l’élaboration d’un processus permanent de décisions et d’actions La contestation, les réactions qui ont suivi la présentation des médiateurs des résultats d’une réunion avec les élus de la ville montre que la confiance et des relations partenariales saines sont encore à construire. En effet, certains se sont sentis « trahis», car l’information de cette rencontre n’était pas connue auparavant, d’autres se sont sentis à « la botte de la mairie », et ont trouvé que cela participait à de l’ingérence de la municipalité dans les affaires associatives.
D’autres points soulevés dans les plénières confortent cette analyse. Un participant fait part de
sa crainte que certains devront partir de la parcelle qu'ils occupent, d'après leur compréhension des grandes orientations de la CEM. Pour se projeter dans leur activité et leur projet, les acteurs ont besoin d'être dans un climat de confiance, or même si la priorité de la mairie est de garder les projets où ils sont, il n'y a pas d'engagement écrit et irrévocable car il y a aura peut être besoin de déplacer certaines activités. Or sur cette question là, la méfiance est de mise. Cet état d'esprit a pu être facilité par le fait qu'une association se sentant concernée par l'éventualité de partir, n'avait pas participé à la CEM. Quand on a pas pu assister aux débats, ni appréhender les enjeux dans toute leur complexité, ni choisi la forme de sa propre participation, il n'est pas aisé d'avoir confiance.
Suite à l'initiative de la mairie de présenter les grandes orientations issues de la CEM à la population du quartier Paul Signac-Murs à pêches, les participants s'étonnent : « Qui est invité et sur quels critères ? » Certains, habitants du quartier Paul Signac, s'étonnent de ne pas avoir été conviés.
La mise en place d’un processus permanent de décision et d’action est une des actions décidées à être mise en oeuvre. Un climat de confiance est nécessaire et peut mettre du temps à se mettre en place. Elle est nécessaire pour que s'établissent des relations partenariales saines entre les acteurs du site. La municipalité, par exemple, a besoin d'avoir un interlocuteur associatif fort sur les murs à pêches, pour aider, permettre et faciliter la mise en oeuvre de projets, organiser des événements. Dans le cadre d'un partenariat, il y a des conditions posées de part et d'autre pour que l'inter-locution puisse fonctionner, que les rapports de force soient équilibrés, où les exigences,notamment sur les modalités d'informations soient valables pour tous. Cela ne lie en rien les partenaires qui peuvent décider de s'opposer sur certains points et de coopérer sur d'autres.
Des gestes pour établir la confiance peuvent être mis en oeuvre par la mairie, ainsi au cours des
séances de médiation des demandes sont revenues à plusieurs reprises : installer une ouverture par la rue Pierre-de-Montreuil, rendre moins précaire les baux annuels qui lient la mairie aux associations...
Un processus permanent de décision et d’action, concerne la mairie, les associations, mais aussi les conseils de quartier, les jardiniers familiaux, les habitants non organisés, les entrepreneurs et
les salariés des entreprises des murs à pêches, les propriétaires des terrains... Ce sont tous ces
acteurs avec lesquels il s’agit de mettre en oeuvre une démarche qui associe tous ces acteurs aux décisions qui sont prises pour les murs à pêches et leur avenir.
>Sommaire plénière

Sur les moyens à utiliser
L'ouverture à d'autres acteurs du site : réunir acteurs avec activités et projets différents,
solliciter participation des acteurs peu ou pas présents dans les débats

La proposition d'ouvrir la démarche de médiation à de nouveaux acteurs présents dans les murs à pêches a fait l'objet de nombreux débats : les populations « tsiganes » installées rue Saint-Antoine, et plus globalement les « habitants », mais aussi les entrepreneurs, les anciens horticulteurs,les propriétaires privés, d’autres associations... Nous avons vu dans la première partie que la proposition d'implication de nouveaux acteurs avait été repoussé de deux mois dans un premier temps. Puis la proposition, faite en plénière, de résoudre les conflits de voisinage n'a pas été priorisée par les participants pour devenir un groupe de travail effectif à ce moment là. L'ouverture à d'autres acteurs a été mainte fois proposé et discuté : « il faut savoir pourquoi on va voir les gens et si on a quelque chose à leur offrir »; « Il faut mieux rencontrer quelques interlocuteurs et avancer avec eux, les journées du patrimoine ou les festival sont des événements sur lesquels on peut associer et ouvrir ». Pour les groupes de travail, il a été proposé que les participants invitent d'autres adhérents des associations, et que chaque groupe, en fonction de ses propositions d'actions définisse des nouveaux acteurs à associer en fonction des nécessités de chaque action et des envies de ceux qui la mettent en place. Après un an de travaux, les porteurs de la démarche sont restés les mêmes. Le groupe n'a donc pas pu, à ce moment là, développer les capacités à aller vers d'autres acteurs et leurs besoins spécifiques. Même si l'information concernant les réunions a été largement diffusé par**18
mail, auprès des adhérents des associations participantes et quelques autres acteurs qui en avaient fait la demande.
>Sommaire plénière

La « dé-passionation » des débats et la résolution des conflits

Les passions font partis des conflits, elles sont souvent révélatrices de difficultés d'expression ou d'autres clivages qui méritent d'être prise ne compte. Les participants étaient très demandeurs qu'une nouvelle ambiance se mette en place dans les réunions, voir d'être enthousiastes et de développer une énergie positive. Même si personne n'est parti en claquant la porte des réunions, les avis ont été et sont assez négatifs et démoralisés quant aux résultats de la démarche. Plusieurs participants pensent que des questions de fond ne sont pas prises en compte. Certains participants peuvent réagir de manière très vive, en réaction à ce qu’ils perçoivent comme une remise en cause. Il y a eu des prises de parole qui ont pu être perçues comme violentes.
D'autre avancées non priorisées au départ Sur deux autres sujets, non compris ou non anticipés dans le cahier des charges initiales sont apparues au cours de la démarche de médiation et ont fait, pour l'un, l'objet d'une travail concret d'étude de terrain et de cartographie. Le projet partagé se construit également de cette manière. La méthode de médiation laisse une part importante du projet aux besoins des participants. Or des besoins ont pu « apparaître » entre le moment de la rédaction du cahier des charges et celui du déroulement de la médiation, ou bien ne pas avoir été perçues par les participants comme étant des objectifs à inscrire au cahier des charges.
Concilier les différents usages du site, ouvrir à d'autres publics
Ouvrir les murs à pêches à de nouveau usages : un nouvel appel à projets

Dés les premières réunions, la question de l'ouverture des murs à pêches a été un sujet mis
sur la table par les participants. Chacun a sa manière et chacun avec ses visions, mais globalement tous les participants se réunissaient autour de l'idée de développer la possibilité pour la population de venir dans les murs à pêches. Alors que la mairie aimerait que les espaces dont la gestion est déléguée à des usages privés (les jardins familiaux) où à des usages collectifs, puissent s'ouvrir à d'autres types d'usages, dont la promenade, (Comment permettre que de nouvelles personnes s'approprient les lieux tout en assurant sécurité et respect des lieux ? Comment faire qu'un espace puisse concilier les différents usages ?), le groupe de travail qui s'est penchée sur la question a élaboré la proposition de mettre en oeuvre un nouvel appel à projet sur les murs à pêches, afin de favoriser l'installation de nouveaux acteurs et une nouvelle dynamique à partir notamment d'une évaluation du premier appel à projets qui a permis l'installation de neuf associations en 2003.
Deux personnes, dans un groupe de travail sur la question, ont lancé des pistes, des propositions et des interrogations quant à l’évaluation de l’ancien appel à projets et le lancement d'un nouveau : le contexte, différent, pourrait permettre de concevoir d’autres finalités, un rythme différent, des projets éphémères... Quant à l’évaluation, il convient d’analyser le développement des pratiques, les formes de statuts, de s’interroger sur l’espace, sur la pérennité, d’évaluer les synergies liées à la proximité des activités. Ce bilan, 5 ans après, permettrait de mieux transmettre l'expérience et d'explorer les contours d'une nouvelle démarche qui s'en inspirerait.
>Sommaire plénière

L'aménagement des entrées, accès et ouvertures impasse Gobétue
Le groupe de travail s’est mis en place autour de la poursuite de l'aménagement, pour améliorer les entrées et donc la visibilité de l'espace occupé par les associations entre l'impasse Gobétue et la rue Pierre de Montreuil depuis 5 ans. Il a aussi comme objectif de réaliser des accès techniques pour faciliter la logistique et la fluidification des circulations entre les parcelles.
En juillet une réunion a eu lieu avec la mairie, les riverains (associations et particuliers). Des
propositions ont été faites, en cours d’étude par les services techniques de la mairie, qui devraient faire un retour avec des dessins sur les points suivants : aménagement de l’entrée de l’impasse Gobétue suite à l'enlèvement des garages, pose d’une barrière provisoire. Installation d’arceaux vélo, installation d’une voirie modulable entre la rue Pierre de Montreuil et la prairie.
Le groupe de travail qui s'est réuni à deux reprises pendant l'automne a cartographié des propositions d'aménagement liées à l'amélioration des circulations autour de l'impasse Gobétue.
Photos du panneau réalisé avec Jeanne.
Echanger des informations Cette démarche a permis aussi de mettre en exergue le besoin d'avoir des moments pour échanger de l'information. Cette demande a été clairement posée par la nécessité d'échanger de l'information entre la mairie et les associations, (et moins entre les associations), et entre les associations et la population. Ainsi, au fur et à mesure des réunions, ce sujet de l'information se développe :
-Lors de la première plénière, la représentante de la mairie informe les associatifs sur les modalités de publicité et d'avis par rapport au dossier final de la CEM. La proposition de disposer d'un calendrier des travaux de la mairie émerge.
-La CEM a déterminé des « grandes orientations » qui ne répondent imparfaitement aux besoins de précision de certains, car c'est aussi par les détails qu'on comprends un projet, quand on connaît la superficie, l'emplacement, quand ça devient concret. Pour que l'information, la communication soit bien comprise, il y a une nécessaire adaptation à différents modes de compréhension, certains comprennent mieux les concepts d'autres ont besoin d'une représentation concrète et de détails.

-Il est nécessaire d'être globalement au courant de ce qui se passe, pour ne pas certains soient
mieux informés que d'autres.

-Plusieurs groupes de travail mettent en oeuvre des actions destinés à disposer d'une information et de communiquer. Un groupe travaille à l'installation de panneaux d'affichage dans l'espace public, pour informer des activités et des projets associatifs développés dans le site.
-Les participants ne sont pas satisfaits des articles qui relatent les événements des murs à pêches dans Tous Montreuil. Un rendez-vous avec un responsable du journal permettrait aux gens de connaître aux journalistes et aux associatifs de connaître les modes de fonctionnement et les contraintes des uns et des autres et d'ajuster les fonctionnements pour une information de meilleure qualité.
-Un site Internet est mis en place par un participant. Il est réalisé grâce à SPIP, avec une utilisation relativement simple pour que des contributeurs puissent mettre des contenus en ligne (site collaboratif). C'est un site portail, qui renvoie sur les sites de chaque association pour ceux qui en ont un, qui proposent des pages à remplir pour les autres?
-Des mails collectifs sont liés à une demande d'information : sur la pollution, sur la politique de
restauration des murs, sur les chiffres communiqués du nouveau quartier urbain, englobant les murs à pêches? etc...
Une proposition de rédiger chaque mois une petite lettre d'informations sur toutes les avancées
petites ou grandes concernant les murs à pêches, avec un agenda des évènements a été proposé pendant la démarche. Sans qu'aucun acteur ne la fasse sienne et ne la concrétise, pour l'instant.
>Sommaire plénière

Conclusion : Y a t-il eu changement ?
L'intérêt de travailler avec les autres se fait de plus en plus présent, même si pour l'instant les
choses n'oint pas réellement bougé : « il y a toujours une opposition entre les agricoles et les
culturels » « chacun s'est occupé de son quotidien. On se rencontre entre nous, mais que ceux qui avaient l'habitude de travailler ensemble. » Par contre, là où ça a réellement avancé, c'est l'acceptation et le partage des visions des autres concernant l'avenir des murs à pêches. Une « conscience collective » se fait jour : c'est de nos différences acceptées que ressort la richesse du projet partagé. Ces quelques phrases résument l'état d'esprit des participants quant aux avancées de la démarche en mai 2009. Tout au long de la démarche, qui y a cru vraiment ? Qui a eu vraiment envie que ça change ? Et à provoquer des changements d'abord dans son propre comportement avant d'en attendre chez les autres ? A ce niveau-là les manières de percevoir la démarche et ses résultats sont mitigés. Ceux qui y voient quelque chose d'intéressant sont peu nombreux, non pas qu'il ne s'est rien passé, comme le montre le document, mais parce qu'ils en attendait beaucoup plus. Il y a beaucoup de « frustration » et les attentes étaient extrêmement fortes. De plus la situation conflictuelle est tellement bien ancrée,qu'il va sans doute falloir plusieurs années pour en sortir vraiment.
>Sommaire plénière