Médiation Séance du 24.03.09
Visions et évolutions des murs à pêches


L'objectif général des réunions de médiation internes est de faire le point sur les différentes
visions du secteur et l'évolution souhaitée des murs à pêches. Les participants ont choisi des photos qui représentent ce qui posent problème actuellement, ce qui ne plait pas. Ils ont aussi choisi des photos symbolisant les attentes, les envies et les visions futures des murs à pêches.
ur déposer des ordures.

Ce qui ne plaît pas:
A la vue de ce mur presque écroulé, c’est l’impression de « sinistre » qui ressort spontanément.Les murs se sont dégradés et il y a un danger qui est évident. Mais il y a aussi du travail, une amélioration. Il y a eu rangement : à gauche de la photo, un petit muret a été reconstruit avec toutes les pierres du mur écroulé. On essaie de contenir la déconstruction, par la reconquête des murs à pêches,la présence humaine et la préoccupation pour les murs.

Cette photo symbolise la « maltraitance » des lieux.C’est sans doute dans le secteur de l'autoroute. Là,on a jeté, comme dans une décharge. « C’est dans cet état qu’on a trouvé la parcelle, on a débarrassé une benne de 40 m3 d'ordures » raconte un participant installé en 2003. Une personne ajoute que ce serait différent si c’était rangé pour faire de la récupération. Que ce soit un terrain privé ou ça appartienne à la mairie, « personne ne se sent responsable de cette parcelle ».

Une porte pour empêcher l’accès ou le faciliter ?
La porte, fermée, empêche l’accès qui donne sur la parcelle du café social. A l'origine, il y avait un tas de gravats et une porte en bois non utilisée. Le passage a été dégagé pour le festival des murs à pêches de 2004 pour mettre en relation les parcelles de l’impasse Gobétue et celles rue Pierre de Montreuil. C’est donc une porte qui a été posée pour faciliter les cheminements. Mais il y avait des gens qui étaient opposés, il fallait garantir que ce passage ne soit pas ouvert tout le temps, la porte ne peut donc s’ouvrir que de l’intérieur de la parcelle. « Je trouve que ça n'a rien de patrimonial, c’est une porte de n'importe quelle cave qui a été mise là. La seule volonté c’est de fermer. Une belle porte en bois, ce serait mieux. » propose une participante.

Dégradations et ouverture/fermeture des parcelles
« Poser une porte, c'est pour protéger un lieu, pour éviter la maltraitance. » explique un  participant. D’autres pensent que « la solution est ailleurs, c’est pas parce que c’est fermé » qu’on empêche les dégradations. « S’il y a eu des gros problèmes notamment avec l’installation d’une association, rue Saint-Antoine, c’est que cette installation a été vécue comme des étrangers venant envahir un territoire », explique une personne. Aujourd’hui quelques personnes continuent à cultiver cette parcelle, en subissant des dégradations. »
D’autres espaces subissent des dégradations, des jardins familiaux, d’autres parcelles cultivées.
« C’est pas facile, et c’est peu de le dire. » commente une habitante du secteur, « chez moi,
c’est simple, la porte du portail est toujours ouverte. Car c’est pas en fermant qu’on va résoudre les problèmes. Les problèmes s’expliquent, pour les participants, par des habitants, du coin, qui ont le sentiment d'être délaissés, d’être abandonnés des pouvoirs publics (par exemple, il n'y a pas de tout-à-l’égoût).
Il y a eu des amélioration, avec des travaux sur la voirie, depuis quelques mois. Une personne
ajoute « Sur le secteur des murs à pêches, il y a des décalages : on finit par laisser la porte ouverte quand il y a trop de vandalisme. Et on ferme avec des cadenas pour des tomates qui disparaissent ».
Un participant, installé rue Pierre de Montreuil,explique « Quand on est arrivé sur la parcelle, on
voyait rien de la rue, Quand on est entré, c’était le château de la poubelle au bois dormant. Les gens balançaient tout depuis la rue. Depuis qu’il y a les palissades à claire-voix qui laisse voir le jardin, il y a une amélioration. » Une riveraine témoigne : « On a demandé à la mairie de remplacer toutes les palissades par des grillages, dans une majorité de cas, ça améliore les choses. Ce qui n’est pas vu, n’existe pas. Quand on voit, on respecte mieux. »
L’ouverture visuel du site peut donc aussi permettre le respect des lieux.
« C’est le gestion du site qui est en cause et pas les questions d’ouverture et de fermeture. »
expliquent les participants. « Je n’aime pas toutes ces portes fermées, certaines personnes ont accès,avec des clés ou des codes. Cela soulève la question, pourquoi on aurais accès ou pas ? Même au sein de chaque association, on ressent ça. » témoigne une participante. Cela montre la nécessité d'arriver à s'entendre pour mettre en place une organisation pour faciliter les passages.

La photo est extraite de « la mission observatoire de l’APUM ». C’est la parcelle des poiriers à côté de la parcelle de Madame Pouplier. « Les personnes privées, c’est une telle souffrance de voir les terres dans cet état. Ils ne peuvent plus revenir sur le site. Ce qui est douloureux pour eux, c’est le déshonneur, la déshérence, car c’était un site d’excellence,un lieu de transmissions, d’héritages et de souvenirs.Pour les propriétaires privés, c’est une souffrance terrible, une atteinte à leur identité de voir les murs à pêches ainsi. » expliquent les participants. Mais par rapport aux autres photos, sur celle-ci il y a encore des arbres : « Pour moi, le lien est encore très fort avec l’identité horticole » ajoute une personne. « Quand les lieux sont vraiment envahis d’ordures, on pourrait dire, c’en est fini. Mais la nature reprend ses droits. Les endroits nettoyés restent assez propres. Ça se maintient. »

Rue saint-Antoine, dans la partie Ouest, sur le terrain de la famille Savard. C'est fermé maintenant. Ils venaient apporter les bennes. Les gens du quartier et d’autres entreprises s’en servaient aussi pour déposer des ordures. Le sol doit être très compacté, avec le passage de tous les camions.

« Sur le mur, à droite, il manque le Le chaperon. La porte est 15 centimètres trop étroite, le cadenas, il traîne. Cette porte, c’est un non-sens » témoigne celui qui a choisi de mettre cette photo dans les points négatifs. Pour l'information mise à disposition des visiteurs, la pancarte avec les horaires d’ouverture du site de l'impasse Gobétue a disparu.Pour l'instant c'est ouvert le dimanche toute la journée et quand des gens jardinent à l'intérieur. Des propositions sont avancées : des enfants du quartier pourraient aussi emmener des visiteurs sur le site. On
peut aussi s'organiser pour faciliter la découverte spontanée, la visite libre du lieu.
La porte c'est de la récupération. Elle est à clairevoix. Elle fait plutôt « palette », elle n’a rien de
patrimonial. « Mais ici rien n’est patrimonial, donc tout va ensemble. Ce que je trouve bien dans ce lieu c’est aussi le côté bricolage. » explique une participante.

La circulation des camions, c’est toujours un problème. Des camions de plus de 40 tonnes qui circulent nuit et jour, alors qu'il y a interdiction de circuler au delà de ce gabarit. Cela fragilise les murs,car la chaussée est très mince et le sol meuble. Cela fragilise les gens, les nerfs, et c’est un danger pour le site et pour les habitants.

C'est la société BMR qui a été active pendant presque 20 ans. Elle a été expulsée 4 mois après l’arrivée de Dominique Voynet à la mairie. Les déchets ont permis aux exploitants de gagner beaucoup d'argent.Les habitants se mobilisent depuis 15 ans, car l'activité de l'entreprise était très nuisante. Cette mobilisation, combinée à la volonté municipale a permis d'obtenir la fin de cette activité en 2008. La personne qui a choisi la photo explique que cette photo ne peut interpréter qu'en corrélation avec ce qu'était le site, jusqu'à une époque très récente. En 1976, cette parcelle était cultivée, avec des arbres et des fleurs. Le souhait est qu'elle retouve sa vocation première.

Des thèmes ressortent. Ce sont les questions à régler prioritairement.
Pour la suite de la médiation, on peut choisir des thèmes larges qui permettent de continuer à
travailler tous ensemble ou bien choisir des questions précises, qui concernent quelques acteurs. Cela dépend des objectifs que l'on veut se donner. Ces choix seront fait lors de la deuxième session de médiation interne le 5 mai.
Un chantier se précise (on avait commencé à en parler le 5 mars) : celui de la gestion des passages,des ouvertures et des circulations dans les murs à pêches. Les visibilités, l'esthétique des portes , les dégradations,... sont aussi liées à ces questions. En abordant concrétement ces thèmes, ça permet d'avancer sur : les murs à pêches sont un espace patrimonial, citoyen, public/privé, et/ou associatif ?
De quoi le site est l’occasion de ? Le médiateur demande au groupe : « Comment était organisé les horticulteurs dans les murs à pêches ? Y avait-il une gestion collective ? »
Ils étaient organisés et individualistes. Il y avait des gardes Messier (une rue de Montreuil porte encore ce nom) pour garder les murs à pêches. Une milice privée, en quelque sorte, tous bénévoles. C’était un grand honneur que d’en faire partie. Ils surveillaient le vol et les aléas climatiques. Ils étaient reconnus par la municipalité. Ils avaient une arme et le droit d'arrêter un voleur. Cette structuration permettait de tenir le site.

Attentes, envies, visions futures
Celui qui l’a choisi explique que cette photo symbolise le souhait qu’on retrouve un espace patrimonial pittoresque , « qui rappelle le passé, qui soit une vitrine des pratiques, des savoir-faire en terme de cultures horticoles et de production de fleurs. Une autre participante demande s’il pense plutôt à « un lieu souvenir ou un lieu vivant ? » Le premier pense qu’« au niveau économique, on n’est pas de taille à lutter, on est pas compétitif, le palissage, c’est pas facile. » Cependant, plusieurs pensent qu’on peut rentrer dans une logique économique, pour faire des emplois, des circuits courts. Même si c’est un espace limité par rapport à la grandeur de l’agglomération parisienne, ça compte. » Les murs à pêches c’est aussi l'occasion de mettre en place des échanges non marchands, des systèmes de gratuité ou de monnaie locale, pour réinventer d'autres rapports, qu'exclusivement marchands.

Ce sont des jardins à la française, comme à Versailles, « tout y est au cordeau ». Cette photo permet de se demander s’il faut refaire des murs partout. On peut aussi faire des murs végétaux, des palissades fruitières. C’est plus rangé, ça montre les différences entre les jardins qui se visitent et les jardins qui se cultivent. Le charme des murs à pêches, ce sont les parcours un peu mystérieux, les diversités d'ambiance, les cheminements, les « labyrinthes ».

La production de pommes, c’est pour signifier la volonté de reprendre la production fruitière, de créer des emplois et un marché local. Sans que cela n’entraîne une monotonie du paysage, une spécialisation et une monoculture. Avec la pollution du site, on ne peut pas produire de légumes feuilles.L’idéal serait une production biologique et de travailler sur le goût.

Pour le futur », celle qui a choisi la photo, souhaite « qu’on travaille ensemble et qu’ensemble on puisse mettre en oeuvre des projets collectifs. Pour moi, les murs à pêches, ça doit être une aventure humaine,le site, c’est presque un prétexte. »
« Cette image ma rappelle les 1ers festivals des murs à pêches. On était complètement épuisés mais personne n’est parti avant que tout ne soit fini. La fraternité s’est estompé, fissuré, comme les murs! » plaisante un participant.
Ce sentiment n’est pas partagé par l’ensemble des personnes présentes : « Pour l’instant, j’ai bossé comme un tordu de façon solitaire. Je suis assez isolé sur la parcelle qui m’a été affecté, tout seul ». Une autre raconte : « Moi j’ai jamais retrouvé ce côté fraternité. A aucun moment, par rapport à ce qu’on subissait, nous les riverains, on n’a eu le sentiment que d’autres associations soient venues nous proposer de l’aide, un coup de main médiatique.
C’est un sentiment partagé par les habitants de la partie Ouest. On l’a très mal vécu, c’est une
déception ». Une participante explique, que pour elle il y eu des mains tendus à plusieurs reprises,avec des propositions d’actions ( des liens avec le comité de quartier, des rencontres avec la population, des séances de nettoyage, l’idée d’un jardin d’aventures...).
Les souhaits, c'est de pouvoir se donner des coups de mains, de mettre en oeuvre des actions en commun,de pouvoir se renseigner, d'être au courant des activités menées dans les murs à pêches. On oppose souvent les logiques d'actions et les valeurs des uns et des autres. Cela ne sert à rien, vouloir être tout le monde d’accord sur tout, non plus. Ce qu'il faut c'est se mettre d’accord sur des choses à faire et accepter que chacun les regarde à sa manière.

Les associations veulent pouvoir s’investir dans la durée. Pour avoir confiance dans l'avenir et que de nouvelles personnes s'impliquent, il faut pouvoir se reposer sur une histoire partagée la plus largement possible.
Sous l'ancienne municipalité, « l’ancien régime » plaisante un participant, faire ensemble, c’était pas possible. Depuis le changement de municipalité, son implication dans le processus de médiation, des avancées concrètes sont possibles. Pour mener à bien les activités associatives, quelques travaux sont nécessaires, notamment d'apporter de la terre, ou de pouvoir disposer d'électricité, d'eau sur les parcelles.

 

Le souhait sur le site c'est de pouvoir y organiser des échanges de savoirs, des formations, des démonstration (en l'occurrence sur la photo, l'association Sens de l'humus explique comment faire
du purin d’orties). Les murs à pêches sont l'occasion de développer des savoirs-faire et de donner la place aux pratiques amateurs, à l'investissement bénévole,aux innovations et expérimentations écologiques. Les murs à pêches, c'est aussi un espace de liberté,de vagabondage, où « les gens peuvent se promener », dans la convivialité et le partage.

Cette photo, c'est la « marché d’automne », c'est pour signifier la volonté que les murs à pêches soient un espace de production et d'échanges.Mais aujourd'hui , il n'y a pas d’espace pour organiser des choses ensemble. Il faut une sacré volonté pour organiser des événements. Même si ne pas avoir de confort, ça a aussi permis d’innover (toilettes sèches, faire de la musique sans electricité, se retrouver dans le noir), le souhait c'est de pouvoir avoir des installations qui facilitent la logistique ( ouvrir sur la rue Pierre de Montreuil, avoir un lieu de stockage commun...)

Ainsi le théâtre du bouche à oreille, après trois saisons dans les murs à pêches, préfère stopper l'activité pour cette année. « C’est épuisant de transporter tout le matériel, de faire venir des gens... » Comment créer une habitude d’aller dans les lieux ? Comment faire pour faire venir du public ? Pour payer les comédiens ? Si l'on veut des activités culturelles, il faut s'en donner les moyens, c'est une question politique.
Le travail des associations est-il assez mis en avant ?
La reconnaissance et une meilleurs coordination et information sur les activités sont nécessaires. Une participante propose ce créer un « programme des murs à pêches ».

Un souhait est de pouvoir garder des espaces non disciplinés, des friches, qui permettent des explorations dans les murs à pêche. Que les promeneurs puissent être surpris par des paysages merveilleux. Ces paysages ont disparu dans les secteurs investis. Ces détails, ces secrets, ces coins de paradis, pourraient être découverts par des parcours botaniques, des vagabondages dans les murs à pêches.Pour permettre et faciliter les évènements dans les murs à pêches, une hall pourrait être aménagée. Les éco-activités, le recyclage, les pratiques écologiques, et les questions autour de l’eau sont les autres souhaits des participants pour l'avenir des murs à pêches.


Pour permettre et faciliter les évènements dans les murs à pêches, une hall pourrait être aménagée.
Les éco-activités, le recyclage, les pratiques écologiques, et les questions autour de l’eau sont les autres souhaits des participants pour l'avenir des murs à pêches.


La prochaine rencontre aura lieu le 5 mai de 18h à 22h, à la salle Franklin, près de l'église Saint-Pierre Saint-Paul (métro Mairie de Montreuil). Elle permettra de préciser, à partir des idées développées précédemment, ce qu'on veut prioriser collectivement comme « visions pour le site » et les « façons pour les mettre en place ».