Comité d'organisation de la médiation

Réunion Comité-médiateurs  Site des murs à pêches


Cette rencontre rassemble le comité d’organisation de la médiation (les associations et la
mairie) et les médiateurs. C’est une étape importante, pour construire ensemble le projet de
médiation sur le site des murs-à-pêches. Chaque participant est relais de ce qui s’est dit et
décidé. Mais pour permettre une réelle liberté d’échanges, chacun s’engage à « exposer sur la
place publique » les propos tenus par les uns et par les autres avec discrétion et respect mutuel.

Un diagnostic des tensions et des enjeux entre les acteurs du site
Les médiateurs commencent par dresser l’état des lieux des tensions, des problèmes et des
conflits sur le site (voir document joint). Deux points complémentaires apparaissent :
L’ouverture et la fermeture du site et des parcelles des associations : la question de l’accès
du public et de la coexistence des usages
Comment permettre l’ouverture des parcelles, tout en assurant la sécurité et le respect des
cultures ? L’ouverture du site au public, sa mise en valeur, le faire connaître et en faire profiter
le plus grand nombre de Montreuillois sont des questions importantes. Les associations ont
besoin de faire venir du monde. Certaines activités n’ont de sens que si elles sont ouvertes au
public. Sur la partie ouest du site, des dégradations ont poussé les associations à ouvrir les
parcelles de façon encadrée (avec la pose d’une porte). Ce qui a modifié les conditions d’accès
au site d’habitants des environs. La culture de la terre est une activité paisible, qui exige une
certaine tranquillité et le respect des cultures. Les jardiniers familiaux, par exemple, ne
souhaitent pas être dérangés par des visiteurs. La municipalité n’est jusqu’à présent pas
intervenue pour aider à résoudre ces questions. Comment donc permettre d’ouvrir certains
endroits, tout en protégeant d’autres, suivant les projets et les besoins des activités de ceux qui
les occupent ? Il importe de clarifier le terme de « dégradations » : du vol de tomates mûres, au
chien qui piétine des cultures, à des actes de destruction volontaire. Les types de dégradation
appellent à des manières différentes de régler les problèmes.
Cette question pourra être l'objet d'une « scène de médiation ». La résolution de ces questions sur le secteur ouest permettrait de concilier les usages entre les différents acteurs et utilisateurs du site. Ce serait une première approche concertée qui pourrait être un exemple pour la gestion de l’aménagement de l’ensemble du secteur des murs à pêches, car la question de la diversité des usages et de l’accès se posera de nouveau.
Le partage de nos visions du site et de son histoire
Chacun, de par sa connaissance personnelle du lieu, a une vision différente de l'histoire, de ce
qui se passe en ce moment et des projets futurs. Par exemple, explique une participante, les
murs-à-pêches, ont toujours été des espaces fermés-des clos-; il ne s'agit donc pas que les
Montreuillois se réapproprient ce site mais bien se l'approprient. Il y a une nécessité de partager
les visions, représentations et connaissances, de les accepter et d'avancer collectivement. Les
différences de vision, ça existe partout et ça ne débouche pas nécessairement sur des conflits.
Cela sera l'objet des premières séances de la « médiation interne »
Elaboration d'un projet partagé sur l'avenir des murs à pêches
Le but, c'est l'élaboration d'un projet partagé pour le site des murs à pêches. On appelle ça une
« médiation de projet ». Le contexte est évolutif. Il faut intégrer cette dimension aux travaux de
la médiation et quand on parle de la situation actuelle. Il est aussi nécessaire d'articuler
étroitement le projet de médiation avec les travaux de la commission extra-municipale, et donc
de connaître les contraintes de la mairie.
La Commission extra-municipale
La chargée de mission murs à pêches de la mairie informe les participants de l'actualité des
travaux de la commission extra-municipale. Une première version (brouillon) du rapport sera
disponible une semaine avant le 20 mars. Ce jour-là, de 16h à 18h, l’ensemble des associations
sera invité pour un temps de travail. Seront présentées les grandes lignes d’orientation pour
l’avenir du site avec un moment d’échanges. Les propositions d'amendements seront retenues ou
pas dans le document final, envoyé vers le 27 mars. Les avis seront annexés au rapport qui sera
présenté lors de la dernière séance de la commission extra-municipale (en avril), suivie d'une
réunion publique. A partir des grandes orientations, « des études de faisabilité » seront réalisées
par des équipes techniques, de la chambre d'agriculture, par exemple, des services de la mairie
ou de bureaux d'études privés. Pour que la mairie puisse faire des arbitrages entre plusieurs
fonctions, entre les équilibres des activités, elle a besoin d'avoir des données qui ne sont pas
encore connues, et c'est pour les recueillir que ces études de faisabilité dans différents
domaines vont être réalisées. Enfin une phase de concertation avec la population débutera.
Toutes ces informations sont difficiles à appréhender pour tous ceux qui n'ont pas participé aux
travaux de la CEM. Les grandes orientations pour le site sont débattues en commission extramunicipale,mais tout le monde n’a pas le même niveau d’information et ce n'est pas facile de
comprendre ce qui s'y passe.
Pouvoir disposer d'un calendrier des travaux de la commission et de la mairie.
Ouvrir tout de suite la médiation à d'autres acteurs ou bien un peu plus tard ?
La médiation porte sur l'avenir du site, sur un projet partagé.

La médiation intègre un travail sur les relations entre les associations, pour régler certains problèmes et partager visions et projets.
Aujourd'hui d'autres associations, des habitants, les entreprises ou bien les propriétaires de
parcelles « interagissent » avec les associations et ne sont pas présents dans la médiation.
Certains voudraient passer à cette phase d’ouverture tout de suite, solliciter la participation de
certains acteurs jusqu’ici pas présents dans les débats, voudraient se mettre en position pour
travailler avec tous les acteurs et bénéficier de cette démarche pour améliorer les relations
entre associations. Il apparaît nécessaire de poser, d'abord, de bonnes bases entre les personnes
et les associations du comité d’organisation de la médiation. Et sur ces relations et positions
clarifiées, aller vers les autres sera plus facile. « Il faut savoir pourquoi on va voir les gens, et si
on a quelque chose à leur offrir. C’est un handicap de ne pas avoir de confiance entre nous. »
précisent des participants. Ce qui permet de se donner un peu de temps pour affiner le
périmètre des questions à traiter dans le cadre de la médiation et pour articuler ces travaux
avec le calendrier de la concertation menée par la ville suite aux recommandations de la
commission extra-municipale.
Ouvrir, comment ?
Comment contacter d'autres publics qu'on n'a pas l'habitude d'y voir : habitants du Bel Air,
propriétaires privés, roms... les « manquants » ? Si on ouvre très largement, les sujets risquent
de ne pas attirer de participants. Par exemple, les propriétaires privés, ou les gitans si on les
invite à une réunion générale, ne viendront pas. Il vaut mieux rencontrer quelques
interlocuteurs, sur des sujets précis et avancer avec eux. Les journées du patrimoine ou le
festival des murs à pêches sont des évènements à partir desquels on peut associer et ouvrir.
La médiation, ça «outille»
Les participants souhaitent que la médiation permette « d'être outillé » pour la suite, pour avoir
la possibilité de continuer à poursuivre les actions au-delà du calendrier de la médiation sans
mobiliser d'appui externe.
Pour l’instant, le collectif d'associations n'existe pas juridiquement. Mais il commence à exister
au travers de ce qui se passe depuis 2 ans. Plusieurs participants sont confiants et pensent que
le fait de conduire la médiation avec une méthode va faire évoluer positivement les relations et
les projets.
Structurer le collectif d'associations.

Des réunions de travail se tiendront en complément du travail réalisé en séance avec les médiateurs (pour se donner un statut, mettre de l’ordre dans le fonctionnement collectif, se doter de règles partagées...).
La « gouvernance » du site des murs à pêches
Alors que des « études de faisabilité » techniques et économiques, à partir des grands points des
orientations sur le site des murs à pêches vont être menées, le travail de médiation apparaît
pour des participants comme la possibilité de mener une « étude de faisabilité sociale »sur le
site. Les objectifs seraient de travailler avec les différents acteurs du site, sur une proposition
de gestion participative du projet, sur la mutualisation d'activités et de moyens... Et de définir
des principes de mise en valeur, des modes de fonctionnement d'un site patrimonial avec
différents usages.
Définir le périmètre de la médiation
Proposition d’organisation :
Au cours des entretiens individuels, plusieurs membres du collectif ont manifesté le souhait
d'aborder la question du projet d'aménagement de l’ensemble du secteur des murs à pêches
pour lequel de grandes orientations vont être proposées par la commission extra-municipale qui
rendra son rapport le 8 avril. Les médiateurs ont compris que cette question faisait
effectivement partie du cahier des charges initial. Ils soulignent que la mise en place d'un
dialogue avec les habitants du quartier est souhaitée par les associations et qu'une concertation
avec les mêmes habitants est prévue par la Mairie à partir de l'été ou de l'automne. Il leur
semble nécessaire de faire converger ces deux projets et de ne pas les mener séparément. Ils
proposent donc un processus de médiation en deux étapes :
une médiation "interne" (réservée au comité d'orientation) visant à aborder les
divergences de vision du site et à expliciter les attentes de chacun. Cette phase peut se
dérouler au printemps, par exemple sous forme de deux réunions successives.
ensuite, un processus de dialogue élargi qui pourrait démarrer à l'automne, par exemple
sous forme d'une réunion publique avec des habitants du quartier, puis d'ateliers de
travail thématiques qui permettraient de mobiliser associations, mairie et habitants,
enfin d'une nouvelle réunion permettant de présenter les travaux des ateliers.
Les participants à la réunion divergent à propos de cette proposition. La médiation doit-elle ou
non aborder la question de la gestion globale du site ? La chargée de mission murs à pêches n'y
est pas favorable, car, la médiation n’est pas un outil de la ville pour mener la concertation sur
la valorisation de l’ensemble du secteur, pour elle, pour produire un travail constructif le
périmètre de la médiation devrait être moins large, en choisissant un thème précis et/ou un
territoire plus petit, d'autres participants semblent partagés.
Il est décidé de mener à bien la première partie (médiation interne) en mars et avril, puis de
réfléchir sur la façon d'articuler la suite de la médiation avec le processus mené par la mairie.
Parallèlement à ce travail avec l'ensemble du comité d'orientation, un ou deux "chantiers"
pourront être ouverts par quelques associations avec l'appui des médiateurs autour de
conflits circonscrits avec des habitants (gitans, roms... ou autres) : il s'agit d'identifier
d'abord des personnes-relais parmi les groupes concernés, de les rencontrer sur place afin
d'aborder certaines difficultés actuelles. Ce travail pourrait commencer en mai ou juin.
Un autre "chantier" pourra être ouvert sur la thématique de l'ouverture des parcelles, si
suffisamment de personnes considèrent que c'est un sujet important. Cela pourra

démarrer après les deux réunions de médiation interne.


Présents : Yves Brunet (Vivre les murs), Henri Morinière (Racines en ville), Stéphanie Perrier (Elue mairie de Montreuil), Eve Poulteau (Chargée de mission murs à pêches mairie de Montreuil), Yves Postic (Théâtre du Bouche à Oreille), Luciano Traviano (la Girandole), Marie-Christine Léger (société Régional d'Horticulture de Montreuil), Véronique Illié (Montreuil Environnement), Laura Winn (association Murs A Pêches), Jeanne Studer (Jardins de la Lune), Christophe Moille (Sens de l'humus), Cathi Lamri ( Association de Défense des Habitants de Montreuil) Pauline
Bureau (chargée de projet médiation), alexandra Catin (AFIP), Pierre-Yves Guihéneuf (Dial Ter)
Excusés : Anne Massé (Rêve de Terre), Pascal Mage (Association Murs A Pêches), Nicole Huvier (Atelier Populaire d'Urbanisme de Montreuil) et Monique Vrain (Jardins de la Lune).