Restauration de murs du site classé des murs à pêches

 

Contexte :

 

Paysage agricole relictuel, original mais fragile, l’ensemble formé par 4 secteurs du quartier Saint-Antoine comportant des murs à pêches à Montreuil-sous-Bois a été classé en 2003 en application de l‘article L.341-2 du code de l’environnement pour son caractère historique et pittoresque. D’une superficie de 8,6ha, ce secteur protégé s’inscrit dans un ensemble plus vaste d’une trentaine d’hectares situé sur les hauts de Montreuil (Plateau de Romainville).

Durant 3 siècles, progressivement, les horticulteurs ont édifié un gigantesque maillage de murs en damier à l’aide de matériaux recueillis sur place, afin d’appliquer le système de culture dit « à la Montreuil ». Celui-ci consistait à exploiter la capacité thermique des murs enduits et en partie constitués de plâtre, afin d’y développer la culture des arbres fruitiers en espaliers. Les murs étaient ainsi considérés comme de véritables outils agricoles. Ce réseau de murs hauts d’environ 3 mètres et distants d’environ 10 mètres, édifié à partir de matériaux trouvé sur site et de techniques simples, économiques et efficaces, a profondément structuré la trame parcellaire de la commune et composé un paysage agricole singulier. Il occupait jadis le tiers de la superficie de la commune.

N’étant plus entretenus avec la fin des activités agricoles et n’ayant pas fait l’objet de programme de restauration suite au classement, les murs ont commencé à se dégrader rapidement.

Afin de remédier à cette situation, la direction régionale de l’environnement d’Île-de-France (DIREN) a lancé en 2007 une étude préalable à la réhabilitation des murs à pêches dans le périmètre du site classé, en liaison avec la ville de Montreuil, le conseil général de Seine-Saint-Denis, le conseil régional d’Ile-de-France et de nombreuses associations. Cette mission a été confiée au bureau d’études GENIN et SIMON. Elle avait pour objet de :

- réaliser une synthèse ainsi qu’une actualisation des études techniques et des actions menées pour la préservation des murs à pêches ;
- proposer un descriptif technique quantitatif et estimatif des travaux de réhabilitation à effectuer ;
- déterminer les priorités d’intervention, proposer des mesures de sauvetage et établir un programme pluriannuel de restauration.

Elle a mis en évidence l’urgence des travaux à réaliser pour sauver ce patrimoine d’une grande fragilité : les chaperons des murs ont pour la plupart disparu, ce qui rend ces derniers extrêmement vulnérables ; le vandalisme et le manque d’entretien accélère leur dégradation.

Cette étude a été complétée par une étude archéologique rendue en juillet 2009 permettant de préciser la structure des murs, constantes et variables, et les usages historiques (les coupes de murs proposées dans cette étude remplace celle présentée page 39 de l’étude Génin). 

Enfin cette restauration s’inscrit dans le cadre plus large d’une mise en valeur du site des murs à pêches par le développement d’activités agri-culturelles à dimensions économiques, sociales et de loisir (pédagogiques notamment). Ces orientations ont été proposées dans le cadre de la commission extra-municipale sur les murs à pêches (rapport en annexe 3).

 

Le programme :

Au delà de l’urgence de conforter les murs encore en bon état afin d’éviter qu’ils ne se dégradent plus, cette première phase de restauration importante du site a pour objet de servir de base pour mener les restaurations ultérieures. Elle devra donc permettre d’estimer les coûts réels de restauration et d’affiner des méthodologies de restauration reproductibles. Située en site classé dans des parties visitables par le public et à destination de projets agricoles (jardins associatifs et jardins « familiaux ») cette restauration doit permettre l’usage des murs pour le palissage de fruitiers mais aussi donner à découvrir la particularité du site, notamment à ses entrées. 

- conforter les murs estimés en bon état dans le pré-diagnostique de l’étude GENIN/SIMON (chaperons et enduits à refaire)
- établir un protocole de restauration pouvant servir de base de référence pour les restaurations de murs à pêches

Mission de la maîtrise d’œuvre  :

L’étude GENIN-SIMON (Annexe 1) constitue la base de la mission de maîtrise d’œuvre, qui sera confiée à un architecte ayant une compétence avérée dans le domaine patrimonial. Les données de l’étude seront actualisées et précisées, notamment l’état des murs, en fonction des utilisations et des secteurs qui seront déterminés comme prioritaires par le maître d’œuvre en liaison avec les acteurs concernés. Le maître d’œuvre devra proposer des interventions différenciées selon l’état des murs, leurs fonctions actuelles ou projetées ; le sauvetage ou la restauration seront privilégiés par rapport à la reconstruction de murs entièrement effondrés.

Mission de base suivant la loi MOP et comprenant également :

* Proposition de mises en œuvres différentes selon la typologie des murs en prenant en compte les données de l’étude archéologique (Dufour/Lafarge/Péru 2009, Annexe 2 p 41) et l’expérience des associations et personnes ressources ayant travaillé à la restauration de murs à pêches
* Recherche des matériaux modernes au plus prêt des matériaux historiques

Mission complémentaire :

* Affiner le programme de travaux avec la maîtrise d’ouvrage élargie selon l’état des lieux des murs et le projet d’aménagement sur les secteurs prioritaires
* Cahier des charges pédagogique pour servir aux acteurs futurs de la restauration des murs
* Présentation pédagogique des choix proposés au public et aux associations locales

 

Suivi de la maîtrise d’oeuvre :

La mission sera réalisée sous l’égide de la Ville de Montreuil, maître d’ouvrage, et de ses partenaires institutionnels et notamment : le conseil général de Seine-Saint-Denis, la direction régionale de l’environnement d’Île-de-France et le service départemental de l’architecture et du patrimoine de Seine-Saint-Denis.

Ce programme de restauration ayant été initié dans le cadre du comité de suivi du classement du site piloté par la préfecture de Seine-Saint-Denis, une réunion de présentation des options proposées pour le programme de travaux aux membres de ce comité devra être réalisée avant le dépôt des permis de construire, les jardiniers familiaux concernés par les travaux seront aussi invités à cette réunion de présentation dans le cadre de la mission complémentaire.

 

Périmètres du projet :

Secteur d’études :

Un périmètre d’une quarantaine d’hectares présenté dans la carte de synthèse du rapport de la commission extra municipale (annexe 3 p 30)

Au sein de ce périmètre, en site classé : 2 secteurs d’intervention d’environ un hectare (Identifiés A et C dans l’étude GENIN p 50, 53 et suivantes) situés entre les rues Pierre de Montreuil et Gobétue à l’ouest et entre Maurice Bouchor et Saint Antoine à l’Est, propriétés de collectivités publiques et entretenues en majorité par des associations ou des jardiniers familiaux et visibles lors d’ouverture régulière au public.

Voir carte des secteurs A et C dans l’étude GENIN (Annexe 1pages 50, 53 et suivantes)

Périmètre du projet :

Au sein de ce périmètre les murs qui feront l’objet des travaux doivent être précisés en phase avant-projet et suite à diagnostique visuel afin de pouvoir constituer un périmètre cohérent avec les objectifs et compatible avec l’enveloppe budgétaire aujourd’hui disponible.

Le diagnostique complémentaire préalable aux travaux ne portera que sur les murs identifiés dans le cadre du projet.

A noter : en A2 : BZ 227 propriété ville : Environ 90 m de murs à chaperonner + enduit
Ce mur de séparation avec l’impasse Gobétue n’a pas été identifié comme prioritaire dans l’étude GENIN car des travaux y avaient été commencés par l’association MAP. Ces travaux ayant été interrompus en cours de restauration sans chaperonnage il semble nécessaire de l’inclure dans la première phase ainsi qu’éventuellement la fin de ce mur pour permettre de clore la parcelle qui est une des principales entrées de site.   


Coût d’objectif prévisionnel : 210 840 € H.T.