Vers un projet agri-urbain et agri-culturel sur les murs à pêches
                                  Les murs à pêches : histoire et ambition


À partir du XVII siècle, l'agriculture montreuilloise fut dominée par la culture des arbres fruitiers
et  dans  un  premier  temps  principalement  des  pêchers.  Ces  fruitiers  étaient  palissés  sur  des murs, essentiellement constitués du plâtre issu des carrières de Gypse de la ville, ils ont créé une trame  paysagère  marquant  le  tiers  du  territoire  de  la  Ville.  Les  jardiniers montreuillois  ont développé  au  cours  de  l'histoire  un  système  de  production  très  complexe  qui  combinait viticulture,  floriculture, arboriculture,  maraîchage,  cultures  en  espalier et  cultures  de plein-vent dans  les  clos.  Cette  production  agricole d'exception  a  permis  aux  arboriculteurs  de Montreuil  de  maintenir  une  production  sur site  jusque  dans  les  années  70.  Cette production  a  ensuite  décliné  face  à  la pression foncière  urbaine accrue encore par la  percée  de  l'autoroute  A  186  coupant  le quartier en deux au début des années 70.
En 2003,  quatre  parties du quartier (8,6 ha au  total)  ont  été  classées  par  mesure
conservatoire  au  titre  des  sites  à  caractère pittoresque  et  historique  par  décret  du

ministère de l'environnement  et nécessitent  un avis  de l'Etat  pour toute  modification  de l'état existant.  

 

Plan du quartier Saint-Antoine et périmètre des sites classés

Aujourd'hui la  Municipalité affirme  son  ambition " de  faire  des  murs  à pêches un  quartier  de  la ville,  qui  traduise  le  caractère  exceptionnel  du  site,  en  s'enracinant  dans  son  histoire,  et répondant aux enjeux actuels du développement durable, notamment en matière de changement climatique  et  de  biodiversité.  [...]  Il  est  proposé  d'en  faire  un  éco-quartier  avec  une  identité propre,  agri-culturelle.  C'est-à-dire  un  quartier  qui  intègre  dans  toutes  ses  dimensions (économiques,  sociales,  pédagogiques,  culturelles)  les  valeurs  patrimoniales  et  paysagères du secteur et valorise la présence de terres cultivées en milieu urbain [...] "


Les enjeux auxquels répond ce projet :


Ouvrir le quartier sur ses voisins, la ville, l'agglomération
- Développer des activités culturelles, sociales, sportives, touristiques, pédagogiques...


Développer les pratiques agricoles de proximité
- Jardins partagés et collectifs, jardins familiaux, jardins thématiques, jardins des cultures,
- Projets d'insertion et d'économie sociale
- Activités pédagogiques autour de la culture des terres
- Valoriser les circuits courts : AMAP, maison des terroirs d'IDF (plate-forme, vitrine, vente) 

 

Favoriser la découverte et la valorisation du patrimoine
- Parcours d'interprétation et de découverte du patrimoine
- Des productions agricoles adaptées au site (fruits, fleurs ...)
- Développement des activités associatives sur le site
- Chantier de restauration des murs et élaboration d'un protocole de restauration 

 

Redonner sa place à la nature en ville
- Découverte de la nature, de la biodiversité, du jardinage, du goût
- Proximité du parc aquatique écologique
- Lieux de pratiques artistiques de plein air

Différentes problématiques à traiter de front


- Foncier  et occupation  des  parcelles :  des  propriétés  privées et  publiques qui s'imbriquent,
juxtaposition de petites parcelles
- Le règlement d'urbanisme à adapter pour rendre possible le projet agri-culturel, protéger les
terres, équiper les terrains, améliorer les rues : le Plan Local d'Urbanisme est une première étape
-  Etudier  la  faisabilité  technique,  agronomique  et  économique  des  projets,  élaborer  des
plans de financements et solliciter des subventions externes
- Restaurer les murs et faire découvrir le patrimoine
- Assurer une cohérence d'ensemble avec le projet pour Les Hauts de Montreuil
-  Préparer  une  charte  paysagère  et  des  critères  environnementaux  valables  pour  tout  le
quartier Saint-Antoine, au-delà de la zone naturelle agri-culturelle


Des outils pour développer les projets : 3 missions et un chantier

  - Une  mission  sur  la  faisabilité  d'un  projet  agri-urbain  et  agri-culturel  (début :  octobre
2010).  Pour  concrétiser  les  recommandations  de  la  commission  extra-municipale,  la  Ville  lance une étude pour étudier la faisabilité technique, agronomique, économique d'un projet regroupant des activités de types agri-urbaines et agri-culturelles. (voir FOCUS)

  - Une mission d'ingénierie culturelle et touristique sur la découverte du patrimoine des murs à pêches (début : octobre 2010). Il s'agit de permettre la mise en place d'un premier outil de découverte du patrimoine des murs à pêches par la création  d'un parcours d'interprétation et
d'outils simples de découverte du patrimoine.

  - Une  mission  de  maîtrise  d'œuvre  urbaine  et  paysagère  à  l'échelle  du  quartier  Saint-
Antoine  (début :  novembre  2010).  Il  s'agit  de  proposer  un  plan  d'aménagement  et  une
programmation pour les  parties  construites ainsi qu'une  charte  paysagère  et des préconisations pour les espaces publics pour l'ensemble du quartier Saint-Antoine.

  - Un  chantier  de  restauration  des  murs  (étude  en  cours,  début  des  travaux :  fin  2010).  Il s'agit de restaurer les murs sur un périmètre d'action et de proposer un protocole de restauration pédagogique réutilisable par d'autres acteurs engagés dans la restauration des murs.
FOCUS : l'étude faisabilité d'un projet agri-urbain et agri-culturel


Cette étude sera menée en trois phases correspondants chacune à un grand objectif :
  - La  première  phase actualisera  l'état  des  lieux,  recherchera  des  expériences  existantes  similaires  et dressera des scénarios de synthèse. Il s'agit d'identifier les potentialités et les contraintes du site pour  la  mise  en  œuvre  d'activités  futures  (taille  et  forme  des  parcelles,  pollution  des  sols,  état d'occupation des terrains) et de proposer différents scénarios en fonction de ces caractéristiques.
  - La deuxième phase permettra d'approfondir les scénarios retenus, en les traduisant spatialement et en  proposant  des  pistes  pour  les  mettre en  œuvre.  Ce  projet  devra  être  fortement  orienté vers l'agriculture  de  proximité  et  intégrer les  objectifs  et  les  exigences  du  développement  durable. Il s'élaborera  en concertation étroite avec  les acteurs  déjà présents sur le site et/ou les porteurs de projets identifiés par la Ville.
  - La troisième phase permettra de proposer un montage juridique et financier pour la mise en œuvre du projet agriculturel, à court, moyen et long terme.


La participation des habitants et des associations


Le  rapport  final,  produit  en  2009  par la  commission  extra-municipale sur  l'aménagement  des murs à pêches sert de base aux réflexions sur le projet Les Hauts de Montreuil. La Ville demande à ses prestataires de suivre les préconisations co-élaborées à cette occasion.

 

Les  bureaux d'études  missionnés  travailleront  en  partenariat avec  les  associations  impliquées sur la zone des murs à pêches et sur la thématique de l'agriculture urbaine.

 

Par  ailleurs,  la  Ville  a  choisi  un  prestataire  associatif,  Les  Arpenteurs  pour  animer  la
concertation  sur  l'ensemble  du projet  des  Hauts  de  Montreuil sur  une  mission  de  longue  durée (1 phase  de  3  ans).  Ainsi  les  Arpenteurs  ont  commencé  à  rencontrer  un  certain  nombre d'acteurs du site au cours de l'été 2010 (associations, habitants).

Pour être tenu informé sur le projet agriculturel, connaître les prochaines dates de concertation et recevoir des documents sur le projet Les Hauts de Montreuil,inscrivez-vous à la mailing-list en envoyant un mail à leshauts@montreuil.fr