Commission extra-municipale sur l’aménagement du secteur des murs à pêches
 
RAPPORT FINAL
 
Manuel MARTINEZ-Pierre DESGRANGES-Patrick PETITJEAN                              Avril 2009

Sommaire


Historique des projets urbains sur le secteur des murs à pêches
Création de la commission extra-municipale
Hypothèses d’orientations de l’équipe municipale
Une première vision des orientations pour la mise en valeur des murs à pêches,un espace rare et exceptionnel
1. Les valeurs du patrimoine: paysage d'usages, agriculture et cultures
2. Un territoire d'activités: faire vivre le patrimoine par son usage économique et social
2.1 Etat des lieux de l’activité économique du quartier
2.2 Terres en ville : les enjeux de l’agriculturel
2.3 Des terres « cultivées » : l’importance des projets culturels, sociaux, et des aspects pédagogiques
2.4 Les conditions de réalisation d’un projet agriculturel
2.4.1 Une variable importante : l’état de pollution des sols
2.4.2 La faisabilité des projets et les modes de gestion
2.5 Un territoire particulièrement adapté aux actions d’insertion
2.6 Eco-construction et énergie : l’autre écofilière des murs à pêches
3. Reconnecter la ville: des circulations douces, des équipements pour tous et un  rayonnement au delà du quartier
3.1 Le passage du tram et les ateliers (à l’horizon 2015 pour le tram et 2011 pour les ateliers, faisabilité et calendrier à confirmer en 2009)
3.2 Des circulations douces en cœur de secteur et des stationnements à aménager en périphérie
3.3 Favoriser une ouverture rapide du secteur et la découverte du site par des initiatives à court terme
3.4 Des équipements pour faire découvrir le site, préserver et partager le patrimoine
3.4.1 Un lieu de découverte du patrimoine et du paysage
3.4.2 Conservatoire botanique et jardin des biodiversités
3.4.3 Un parc aquatique écologique
3.5 La quartier des murs à pêches dans la ville
4. Un quartier habité
4.1 Etat des lieux : un quartier reclus
4.2 Une urgence : améliorer l’habitat tsigane
4.3 Un habitat re-qualifié et une mixité sociale renforcée, en cohérence avec les nouveaux quartiers à créer le long du tram hors section murs à pêches 

Conclusion: Les temps du projet et les mode de gestion
Hypothèses de localisation possible des usages du secteur
 

 

ANNEXES


1. Composition de la commission extra-municipale
2. Contribution de Gilles Clément à la Commission extra-municipale
3. Contribution de François Lacroix à la commission extra-municipale
4. Résumé des conclusions de la MOUS présentées lors de la commission
5. « Exercice de style » de la Société Régionale d’Horticulture de Montreuil pour cartographier l’emprise potentielle d’activités agriculturelles, d’équipements et de logements
6. Carte proposée par l’association Murs À Pêches
7. Avis et contributions complémentaires des membres de la commission au rapport final
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Historique des projets urbains sur le secteur des murs à pêches
Le quartier des murs à pêches a fait l’objet de projets d’urbanisation depuis les années 1970 alors qu’encore essentiellement consacré aux activités agricoles il a été traversé par l’autoroute A 186 qui devait se prolonger jusqu’à Fontenay-sous-Bois. Ce quartier d’environ 50 hectares, l’un des derniers retranchements d’une agriculture en petite couronne de l’agglomération parisienne, a alors commencé à être consommé par l’avancée de la ville et ses activités économiques et sa plus grande partie, méprisée dans sa valeur agricole, a été considérée comme une friche avant l’heure, une zone d’attente de grands projets urbains.
Ces projets n’ont jamais vu le jour : d’abord une ZAC d’activité économique recouvrant l’ensemble du secteur a été refusée pour non conformité au SDAURIF grâce à la mobilisation de l’ADHM, association d’habitants du secteur. Puis, le Schéma Directeur Régional modifié pour rendre la zone urbanisable à 80 %, un projet d’aménagement en quartier pavillonnaire a été repoussé par la procédure de classement d’une partie du secteur au titre des sites et paysage pittoresques.  
Ce classement a été demandé par une nouvelle association, MAP, et appuyé par le parti Vert comme mesure d’urgence pour empêcher une destruction irréversible de ce patrimoine. Engagée par la ministre de l’environnement et de l’aménagement du territoire en 2000 cette procédure a abouti en 2003 avec le classement d’une partie du site moindre que la demande initiale et contenue par l’équipe municipale de l’époque pour ne pas dépasser les 20% non urbanisable du secteur et ne pas trop compromettre son projet d’aménagement.  
Le site classé constitue ainsi un territoire de 8,6 hectares au découpage aléatoire, sans réelle unité et sans que les mesures de préservation et de valorisation recommandées par la commission des sites ne soient suivies d’effet. Les murs ont continué de se dégrader alors que plus de 200 000 euros avaient été mis à disposition de la ville suite à la tempête de 1999 pour leur réhabilitation (ces crédits non utilisés ont du être rendus à l’Etat).
 
Au cours des différentes études menées pour l’aménagement du quartier de nouvelles approches ont toutefois émergé, révélant les spécificités de ce secteur et l’empreinte que les horticulteurs ont laissé dans la ville. Ainsi en 1992 le paysagiste Michel Corajoud met-il en valeur la qualité paysagère des murs sur le secteur et à l’échelle de la ville et invite à préserver les murs et à découvrir ce paysage clôt par des belvédères et des cheminements en hauteur dans une étude commandée par la municipalité.
 
Ces recommandations sont en partie suivies par l‘équipe municipale qui propose alors de bâtir entre les murs…
 
En 2005 un marché d’études de définition pour l’aménagement des abords du futur tram qui serait amené à circuler en partie sur le tracé de l’autoroute A 186 (aujourd’hui déclassée) a été lancé. Sur un périmètre d’étude de 200 hectares les murs à pêches représentent 50 hectares, urbanisables à 80% dans la commande politique.
 
Les élections municipales de 2008 et la victoire d’une nouvelle majorité marquent un changement d’approche et remettent en cause le cahier des charges sur lequel étaient fondées ces études. Si la volonté de recoudre la fracture créée entre les deux parties de la ville par le tracé de l’autoroute est la même, notamment en raccordant de nouveau les anciennes voies traversantes et en utilisant les délaissés de l’autoroute pour refaire de la ville, l’approche de l’aménagement des murs à pêches est bien différente. Elle place la valeur patrimoniale au cœur des orientations à définir et souhaite limiter l’urbanisation du secteur, bien en deçà des 80%.
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Création de la commission extra-municipale
 
Le 14 février 2008, lors de la dernière séance de la mandature précédente, le conseil municipal avait majoritairement voté une délibération intitulée « Orientations de programmation sur le secteur du tramway et des murs à pêches et demande de subvention en vue de réaliser sur le site un « éco-quartier » ». Cette délibération prévoyait une urbanisation excessive du secteur des MAP aux yeux de la nouvelle équipe municipale.  
Parmi les activités envisagées sur le secteur, pratiquement aucune n’avait un rapport avec
l’histoire de ce secteur. Devait échapper à cette urbanisation un parc résiduel, de 12 ha,
comportant le secteur classé (8,6 ha) et ses interstices, dont la vocation principale devait
être « récréative » et pour les loisirs. Cet espace vert devait comporter des activités liées à la
vie du secteur classé, et quelques éléments pour le paysage.
Les aspects patrimoniaux, les activités horticoles, les jardins familiaux, la restauration des murs, étaient marginalisés, voire passés sous silence. Pour ce qui en restait, c’était un patrimoine désincarné, résiduel, un parc enserré au milieu de constructions nouvelles. Des équipements publics étaient annoncés « autour » du parc - avec leurs espaces extérieurs supposés être compatibles avec les murs. L’insertion des familles tsiganes vivant dans le quartier n’était pas prise en compte.
Ce parti pris d’aménagement faisait table rase de l’histoire de Montreuil et des atouts que présente ce secteur pour l’avenir de la ville. Il n’est pas celui de la nouvelle municipalité,
en conformité avec les engagements pris pour les dernières élections.  
 
La délibération du 14 février 2008 a donc été annulée pour permettre de définir de nouvelles orientations.
 
Afin de définir ces nouvelles orientations concernant l’aménagement du secteur des Murs à pêches, la municipalité a souhaité associer très en amont de sa réflexion des associations ayant apporté au fil des ans des contributions concernant l’aménagement du secteur et des personnes ressources spécialistes des questions posées par le secteur des MAP. Elle a souhaité aussi associer le sous-préfet de Seine-Saint-Denis représentant le comité de suivi du classement du site créé en 2007 et des représentants de la Région et du Département.
 
Le conseil municipal du 25 septembre 2008 a voté la création de la commission qui a commencé ses travaux le 24 octobre 2008 pour une durée de 5 mois.
 
L’ensemble des études et documents d’urbanisme existants ont été mis à disposition
des membres de la commission ainsi que des contributions associatives. (Voir en annexe la
composition de la commission).
 
Hypothèses d’orientations de l’équipe municipale
 
Ces hypothèses, à infirmer ou à développer ont été proposées au début des travaux de la commission :
L’équipe municipale dans son programme a fait le choix de ne pas considérer le quartier des murs à pêches ni comme une simple « zone à urbaniser », ni comme une friche agricole. Elle souhaite que son aménagement contribue à réduire la fracture urbaine en prenant en compte les spécificités du quartier et le potentiel du site.
 
Dans cette optique, la commission doit faire des propositions :
- pour mettre en valeur le patrimoine horticole du site, ses qualités paysagères et développer
les activités économiques, pédagogiques et culturelles qui y sont liées et sont associées à
des enjeux écologiques forts ;
- pour ouvrir le quartier, permettre aux Montreuillois de se l’approprier, et au-delà de la ville
permettre à son patrimoine de retrouver une place à l’échelle régionale et, pourquoi pas,
nationale.  
 
Elle doit étudier la réponse à apporter aux besoins de liaison urbaine avec le reste de la ville, en particulier autour de l’ancienne autoroute qui a contribué à creuser la séparation entre haut et bas Montreuil. Le projet d’aménagement doit répondre aux besoins des habitants des quartiers du haut Montreuil en matière de logements, de transports en commun, d’équipements culturels et de loisir.
 
La demande de logement est un enjeu social fort à Montreuil avec plus de 6000 demandes de logements sociaux en attente. Si la priorité de l’équipe municipale est de renforcer la densité urbaine à partir des pôles existants, il importe néanmoins d’encourager une mixité activités-logements dans tous les quartiers de la ville, avec un traitement spécifique du site des murs à pêches.
 
La question de la proportion de zones à bâtir à définir sur ce secteur est importante.En effet ce secteur représente un des rares espaces en petite couronne où les qualités paysagères et le patrimoine peuvent encore être préservées et valorisées pour bénéficier aux citadins. La part de bâti ne devra donc pas nuire à cette dimension, elle devra être limitée et accompagner la valorisation de ce secteur très particulier.
 
En résumé, l'aménagement des murs à pêches est un projet d'intégration urbaine d’un secteur à forte valeur paysagère et patrimoniale, visant notamment à contribuer à la réduction de la fracture entre haut et bas Montreuil, à rééquilibrer le territoire en matière d'équipements publics, de lieux de culture et de loisirs collectifs, d’habitat, d’activités économiques. Ce qui donnera sens à ce projet sera l'articulation entre ces différentes fonctions. A ces différents titres, la commission doit formuler des propositions s’inscrivant dans le cadrage suivant:
 
Contribuer à définir les principes d'établissement et d'organisation du plan local d'urbanisme;  
 
Prendre en compte le développement de  l'intercommunalité, notamment concernant l'usage des équipements structurants qui seront construits;
 
Promouvoir une vocation multifonctionnelle du site ;
 
Examiner les modalités les plus pertinentes  d'implantation d'une piscine (ou parc aquatique) dans le périmètre large du site;
 
En matière d'habitat, s'inscrire dans les objectifs de pluralité de  l'habitat et du logement social, de diversité et d'innovation des constructions, de mise en oeuvre de normes écologiques élevées ; favoriser la politique d'intégration des communautés présentes sur le site;
 
En matière de transport (infrastructures et déplacements), prendre en compte la
programmation des infrastructures lourdes fortement  structurantes (tramway, et emplacement des ateliers de remisage), sans s'interdire de réfléchir à des solutions d'aménagement progressif permettant de se prémunir contre les délais de réalisation ou les impasses de financement de celles-ci. En matière de voirie interne, considérer comme une nécessité l'établissement ou le rétablissement des continuités d'itinéraires ; en matière de modes de déplacement, promouvoir les circulations douces en cohérence/complémentarité avec les transports publics;elle doit globalement et pour chaque orientation, identifier les impacts en matière de développement durable des options retenues ; esquisser une vision des conséquences en matière de vie des quartiers et d'appropriation par les habitants ; délivrer un cadrage économique et financier au niveau de précision rendu possible à ce stade de la réflexion.

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Une première vision des orientations pour la mise en valeur des murs à pêches, un espace rare et exceptionnel
 
Les travaux de la commission qui ont permis d’aboutir aux orientations proposées dans ce rapport ont aussi abouti à une première vision commune concernant la méthode pour aborder la mise en valeur du quartier: si le temps presse après tant d’années « d’abandon » du secteur, la volonté de le faire revivre rapidement doit être soumise au soucis d’éviter les actions irréversibles. Les orientations proposées par la commission restent larges et ouvertes pour permettre de les affiner par des études de faisabilité et d’opportunité dans un contexte national, régional et départemental.   
Le projet que composent ces orientations n’est pas un projet d’aménagement urbain classique dans la mesure où il repose sur la volonté de tenter une expérience nouvelle celle d'un éco-quartier « agriculturel » ou comment trouver au sein d'un quartier urbain des usages contemporains permettant de maintenir des terres cultivées et imprégner l’ensemble
des fonctions du quartier de cette identité.
La commission a bien conscience du caractère souvent fourre-tout actuel de la notion
d’éco-quartier. Pour elle, au-delà de la recherche de l’excellence environnementale, il s’agit
aussi d’y rechercher la mixité sociale, en refusant d’en faire un ghetto pour classes moyennes ou supérieures, d’y mettre de la mixité habitat / activités, d’en faire un quartier ouvert sur son voisinage et sur le monde. Il s’agit enfin d’en faire un morceau de ville exceptionnel à la mesure du sens que lui donne son histoire horticole et son patrimoine paysager.
Ainsi, si des actions urgentes impliquant des aménagements urbains lourds sont proposées par la commission comme la mise en place d’un programme d’habitat digne pour la population tsigane du quartier, les autres priorités tendent essentiellement à mieux faire
connaître ce patrimoine et ce quartier, à le préserver et à permettre aux Montreuillois (et au-
delà) de le découvrir et de se l’approprier pour se donner le temps d’un projet d’intérêt commun.
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1. Les valeurs du patrimoine : paysage d’usages, agricultures et cultures
 
Les horticulteurs et arboriculteurs de Montreuil ont légué à la ville sa structure parcellaire en la recouvrant presque entièrement de murs agricoles à partir du XVIIeme siècle pour couvrir en 1907 près de 720 hectares sur les 930 de la ville. Ils ont légué aussi leur savoir faire qui a fait connaître les fruits de Montreuil sur les plus grandes tables d’Europe, et a permis la création de nouvelles variétés de pêches, de fraises et de cerises et de techniques arboricoles encore utilisées ou redécouvertes aujourd’hui. Ils ont su tirer parti de leur positionnement géographique proche des marchés parisiens, du sous-sol de Montreuil qui leur a fourni le plâtre pour réchauffer et protéger leurs fruits à l’abri des murs et du moindre espace pour compenser par l’imagination le peu de surface qui leur revenait.
 
Les échanges entre les membres de la commission ont permis de mettre en exergue les différents aspects et valeurs liés à cet héritage qui est aujourd’hui un patrimoine montreuillois résonnant avec celui des villes voisines. La spécificité et l’unicité de ce patrimoine à conduit les membres de la commissions à proposer des orientations s’en inspirant.
 
Les valeurs historiques de ce patrimoine et son identité :
 
Un patrimoine horticole lié à des savoir faire (y compris dans la dimension de patrimoine immatériel) : conduite du verger « à la Montreuil » greffes, tailles et usage de murs agricoles spécifiques, création de différentes variétés de fruits, expérimentation et innovation, travail énergétique (bioclimatique avant l'heure!) sur les murs, esthétique (fruits marqués, formes artistiques de palissages)
Une tradition d’usage maximal de l’espace avec des fruitiers, des fleurs, des arbustes à fruits et par endroits et selon les époques des pratiques de vigne et de maraîchage.
Une agriculture réputée au delà des frontières pour ses fruits, produits de luxe et ses méthodes  
Un paysage né de ces pratiques qui marque le territoire de ses murs   

Un patrimoine social : Les familles d’horticulteurs, qui ont fait la valeur du site étaient pour beaucoup de modestes ouvriers agricoles « immigrés » de l'Yonne ayant trouvé racine à Montreuil après la crise du phylloxera. Porteurs de ces savoir faire, ils les ont répandus en Île de France. Il est nécessaire de leur rendre hommage et d' impliquer rapidement leurs descendants dans le projet pour le secteur.
 
Ces aspects historiques du site doivent être mieux connus et transmis. A minima un
« musée ouvert », conservatoire des pratiques ou lieu de découverte de ce patrimoine doit
trouver sa place dans le futur projet, il devra recouvrir des activités pédagogiques et être en
lien avec les centres de formation et de conservation des pratiques et du patrimoine agricole
en Ile de France. D’autres activités (économiques, culturelles, associatives) liées à ces
pratiques agricoles et valorisant la présence rare des terres  en milieu urbain doivent être
développées en valorisant l’expérimentation, l’innovation et les savoirs faire.  
 
Les valeurs contemporaines de ce patrimoine :
 
La biodiversité : les différentes variétés présentes ont aussi évolué sur des terrains de friches au cours des années ainsi que la reprise de différentes espèces sauvages, l’espace semi clos des murs à pêches créant un espace spécifique pour ce développement, cet aspect doit être pris en compte pour de futurs projets.  
Le plâtre et la réflexion autour de l’énergie : le travail autour de ce matériau pourrait être poursuivi ainsi que des projets permettant l’innovation et la formation autour des techniques horticoles et de l’énergie dans le bâti.  
Certains habitants de ce quartier le perçoivent comme un espace rural en ville et souhaitent que cette spécificité soit conservée.   
Un espace de nature au pied des cités, un paysage qui permet de « s’échapper » de la ville : le labyrinthe des murs permet de passer d’un monde à un autre, d’envisager plusieurs mondes différents. Cet aspect doit être valorisé ainsi que des projets portés par les habitants des quartiers de grands ensembles voisins.
 
Extraits de contributions de Gilles Clément et François Lacroix sur le paysage et les usages :
 
G.C. : Le paysage des murs à pêches n’est pas seulement donné par les murs eux-mêmes mais par tout ce qui se trouve entre eux, en particulier les arbres, les autres émergences qui viennent  à occuper les interstices. Seule une déambulation en surélévation permettrait de saisir ce paysage. La lisibilité du paysage ne constitue pas une garantie absolue de sa pérennité dans le temps, mais elle y contribue. Ce qui est vu et nommé existe, le reste sombre dans l’oubli. Le projet d’un belvédère, cité par un atelier, participe du principe du saisissement par la vue, grâce auquel un paysage demeure gravé dans la mémoire….  
 
F.L. : Il y a dans ce quartier de Montreuil une trame paysagère constituée par les murs à pêches qui saute aux yeux, mais cette trame est, malgré tout, secrète puisqu'il faut s'aventurer et parcourir pour découvrir. Sa visibilité demande du cheminement et de la hauteur puisque l'on parle de belvédère pour voir ce qui ne se donne pas à voir du premier coup, pour regarder en arrière l'histoire passée mais aussi pour contempler l'horizon et le sens que cette trame donne au futur.
 
G.C. : Le paysage des murs à pêches résulte d’une activité horticole historique. Il est entièrement fabriqué par elle et ne se justifie que par elle. La mise en péril des murs, donc du paysage identitaire le plus remarquable de Montreuil, coïncide avec l’abandon des pratiques qui justifiaient leur existence.
La question qui se pose concernant la pérennité du paysage des murs revient à poser la question de la pérennité des usages. La dominante paysagère du site viendra d’une dominante d’usage sauf pour des activités mineures et dissimulées à la vue. La question revient toujours aux usages….
 
F.L. : Dans cette trame paysagère, il y a du secret, il y a d'autres trames cachées qui ne demandent qu'à être vues, ressenties, goûtées, comme le suc des pêches et des fruits qui ont fait la renommée de ces murs. Ces trames cachées, ce sont les histoires des hommes et des femmes qui ont inventé ces murs, qui ont su en faire des outils. Les murs à pêches ont ainsi eu, dans le temps, plusieurs types d'usage qu'il nous faut redécouvrir aujourd'hui et sans doute, pour donner du sens à ce quartier, réinventer…  
 
Ces contributions issues des échanges de la commission ainsi que pour certains aspects
d’études paysagères antérieures, celles de Michel Corajoud particulièrement, synthétisent une vision du secteur dont s’est inspiré l’ensemble des propositions de la commission.
 
Ainsi que les propositions suivantes :
 
Mener des études approfondies des projets de paysage :
- liaison des deux ensembles de murs à pêches séparés par l’autoroute
- tracé et aménagement du parcours du tramway
- paysage perçu depuis les routes périphériques et traversantes de la zone des murs  
- paysage perçu depuis une ou des éminences (belvédère, passerelle, toits)
 
Etablir un cahier des charges ou charte d’occupation évolutive et paysagère des sols dans l’emprise des murs à pêches :
Incluant notamment :
- vocation de certains espaces à recevoir telle ou telle activité sans geler les parcelles dans une fonction définitive  
- délimitation évolutive, fragmentée ou continue d’une zone dite de tiers paysage destinée à valoriser la diversité des délaissés, dans l’attente de la réalisation des projets.
- modalités de restauration des murs sur l’ensemble du secteur incluant des parts de restauration patrimoniale et d’autres, adaptées aux usages, ainsi que des propositions de continuités ou de discontinuités.
 
Des études complémentaires devront alimenter également ce cahier de charges :
 
- sur la nécessité de protection complémentaires : extension du classement, ZPPAUP ou autre. Dans la mesure où la restauration des murs est engagée dans une première phase sur la partie classée (pilotée via le comité de suivi du classement), la commission n’est pas directement revenue sur les modalités de restauration des murs, cette première phase devant aussi permettre de dégager des enseignements pour la suite de la réhabilitation des murs. Cependant la commission a rappelé que sans murs, il n’y avait plus de paysage, et que cette dimension est donc essentielle pour la mise en valeur du quartier.
 
- sur la place de l’eau dans le secteur, et notamment sur le parcours de l’ancien Ru Gobetue. L’approvisionnement de la nappe ayant été modifié en profondeur au cours des ans (et notamment par la percée de l’autoroute) l’affleurement régulier que constituait le Ru semble difficile a reconstituer sans apport d’eau complémentaire.  

Cependant la proximité de la nappe par endroits et selon les saisons pourrait permettre de reconstituer des mares saisonnières à prendre en compte dans une étude paysagère du site.
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2. Un territoire d'activités : faire vivre le patrimoine par son usage économique et social
 
Extraits de la contribution de Gilles Clément à la commission :
« On peut imaginer développer localement des modèles de production et d’échanges, assortis d’un réseau de distribution de proximité en accord avec les préoccupations écologiques les plus actuelles et les plus urgentes à mettre enfin en œuvre. On comprend alors le rôle considérable que pourrait jouer l’ensemble des murs à pêches de Montreuil. La vocation horticole du site, inscrite dans la perspective d’une économie émergente, retrouve alors une raison d’être et de se développer au service d’une société de proximité…. »
 
Le quartier des murs à pêches est le centre géographique de Montreuil et la mise en valeur de son patrimoine par des usages en lien direct avec lui pourrait permettre de redynamiser le quartier autant que de préserver son paysage mais permettrait aussi de contribuer à l’attractivité économique du Haut Montreuil voire de la ville dans son ensemble.  
Aujourd’hui négligé, le potentiel du secteur pour le développement de l’économie verte correspond à des filières déjà présentes à Montreuil et qui ne demandent qu’à évoluer pour
s’adapter à un marché contemporain comme la filière du bâtiment mais aussi à de nouvelles
filières qui émergeraient de la valeur agricole traditionnelle du secteur.
 
L’image actuelle du secteur est largement dégradée par la présence d’entreprises non adaptées et pour certaines nuisantes pour les riverains comme pour les autres entreprises. L’espace public négligé et l’absence de services qui pourraient bénéficier aux salariés des entreprises comme aux riverains contribuent aussi à la dévalorisation du secteur et au manque d’interaction positive entre l’activité économique et le quartier.
 
L’interaction avec des pôles de formation présents sur le secteur ou en bordure doit aussi être développée et valorisée : avec l’IUT, le lycée des métiers de l’horticulture et du paysage ou le centre de formation aux travaux publics AFOR TP.
 
2.1 Etat des lieux de l’activité économique du quartier.  
 
Le périmètre des MAP compte environ 200 établissements et représente près de 1000 emplois.
C’est aujourd’hui, principalement autour de la rue de Rosny une des zones d’activités les plus importantes du Haut Montreuil : elle représente la moitié de la Taxe Professionnelle du Haut Montreuil. L’activité économique étant peu développée dans cette partie de la ville, cela ne revient qu’à environ 5 % de la taxe professionnelle perçue par la ville et replace bien l’enjeu du développement des activités dans le Haut Montreuil.  
Sur la partie haute de la rue de Rosny, ces activités font écho au pôle autour de Mozinor qui
n’est pas compris dans la zone d’étude mais ne doit pas être négligé en termes de
développement économique.
Les activités actuellement présentes dans les MAP n’ont aucun lien direct avec le patrimoine agricole du secteur mais sont plutôt liées à la tradition industrielle du haut de la ville et à l’usage de la disponibilité importante de terrains : les principaux secteurs présents sont ceux de la construction (25 % dans les MAP contre 17 % à l’échelle de la ville entière) et du commerce de gros (19 % dans les MAP contre 10 % ville entière), suivis d’une activité de services opérationnels et d’industrie moins importante.  
 
Un certain nombre d’établissements ne peuvent continuer à exercer leur activité en site urbain. À terme, ils ont vocation à muter dans des zones industrielles ou équivalentes. Ce sont principalement les activités industrielles, de travaux publics et  

de commerces de gros : la ville doit se donner les moyens d’accompagner cette mutation et d’aider au renouvellement des zones d’activités sur elles-mêmes dans des secteurs plus en phase avec les valeurs du secteur des murs à pêches.   
Certaines de ces activités sont aussi présentes en cœur de secteur et entraînent une
circulation de poids lourds totalement inadaptée à la voirie, à la préservation des murs à pêches et créaient des nuisances importantes pour les riverains : des actions doivent être engagées rapidement pour remédier à cette situation.
 
En revanche, certaines activités sont singulièrement sous-représentées voire inexistantes dans les MAP ; il s’agit principalement de commerces et services destinés tant aux habitants qu’aux entreprises (bars, restaurants et commerces de proximité) et des activités traditionnelles du secteur : seuls un pépiniériste et un horticulteur sont encore actifs.
Le reste des terres est actuellement soit en friche pour la plus grande partie, soit valorisé à
usage personnel par des jardins familiaux ou par des jardins associatifs partagés ou à valeur
sociale (insertion).  
 
Recommandations faites pour permettre aux services de la ville d’affiner ce diagnostic et de
travailler sur les orientations proposées :
un diagnostic fin des entreprises présentes sur la zone à mener par le Service du
Développement Economique (à l'intérieur et en pourtours immédiat)
un diagnostic fin des parcelles économiques, de leur mutation possibles et ou en cours (à mener par le service d’urbanisme avec le SDE) sur le site et hors site (parcelles à proposer aux entreprises qui seraient amenées à se localiser ailleurs, et qu'on souhaiterait garder à Montreuil)
une commande sur les outils réglementaires à mettre en oeuvre : pour contraindre certaines activités existantes soit à se mettre en conformité, soit à évoluer mais également pour définir le PLU pour les activités économiques à venir (à mener par le service d’urbanisme, en lien avec le SDE)
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2.2 Terres en ville : les enjeux de l’agriculturel
 
La préservation et la mise en valeur de ce secteur reposent essentiellement sur le fait de développer des usages des sols correspondant aux usages qui ont créé son paysage.
Des usages agricoles d'une économie marchande de circuit court et non marchande créatrice de lien social, font de nouveau sens aujourd’hui dans le cadre d’une nouvelle approche de l’agriculture soucieuse de l’environnement et par la prise en compte des enjeux de la crise alimentaire et de la crise économique mondiale.  
 
Le maintien de l’agriculture proche des villes est un axe fort de la politique Régionale en Ile de France qui souhaite :  
Raccourcir les distances entre producteurs et consommateurs pour limiter les transports et leur impact environnemental ainsi que les intermédiaires afin que le coût des produits à l’achat soit réduit tout en permettant d’améliorer le revenu des agriculteurs.
Lutter contre la disparition des terres agricoles disponibles sous l’effet la pression foncière liée à la crise du logement qui rend difficile l’extension des exploitations agricoles existantes et l’implantation de nouvelles exploitations qui trouveraient pourtant des débouchés.
Développer l’agriculture biologique et paysanne ainsi que les produits du terroir. 
Ces questions ne concernent pas directement Montreuil dans la mesure où elles s'appliquent à des terres agricoles encore en activité, à la périphérie des villes, et à des surfaces largement supérieures, permettant réellement de nourrir les villes. Cependant la présence de terres anciennement agricoles en plein tissu urbain à Montreuil pourrait être une opportunité pour développer des projets de proximité en résonance avec l’orientation régionale, par exemple parmi les suivants :
 
Appuyer la démarche régionale en mettant à disposition de l'agriculture des parcelles à cultiver pour une vitrine des produits agricoles d'Ile de France et/ou une « maison des terroirs », lieux de vente et de présentation éventuellement accompagné d’une plate-forme de distribution.
Appuyer des démarches de circuits courts comme celui des AMAP
Permettre un accès à des produits frais aux habitants des quartiers défavorisés par le
développement de jardins collectifs
Permettre aux enfants et aux adultes de la ville de s’éduquer au goût et à la nature
Introduire une démarche d’agriculture urbaine qui pourrait être reprise dans d’autres quartiers et parcs de la ville
Créer une écofilière autour des productions végétales, par la transformation artisanale des produits cultivés, des lieux de vente de proximité ou plus loin l’implantation d’entreprises de phyto/bio cosmétologie ou d’autres productions utilisant le végétal.
 
2.3 Des terres « cultivées » : l’importance des projets culturels, sociaux, et des aspects pédagogiques
 
Les murs à pêches ne sont pas un lieu de patrimoine culturel figé dans le passé mais représentent un potentiel de rapprochement des cultures et des pratiques culturales comme
culturelles et artistiques anciennes comme contemporaines : c’est cette variété d’approches
autour de la culture de terres en ville qui créera la dimension agriculturelle de l’éco-quartier
des murs à pêches.


Les activités associatives et les jardins familiaux mis en oeuvre sur le site comme en périphérie ont eux aussi démontré une variété d’usages possibles de cette présence de terres en villes et de mise en valeur du patrimoine des murs à pêches.
Ainsi la Société Régionale d’horticulture a-t-elle réussi malgré la petite taille de son musée à
y présenter au public au cours des années les pratiques et l’histoire des horticulteurs de
Montreuil ainsi qu’à enseigner ces pratiques à différents publics à travers le jardin école. Ses
recherches et son partenariat avec des arboriculteurs d’Ile de France ont permis de faire
renaître la tradition des fruits marqués et a montré son potentiel de développement en
remettant ses fruits dans les vitrines des épiceries fines comme des palaces autant que chez
les particuliers. Ses actions autour du goût comme l’opération Miss pomme ainsi que ses
différents projets pédagogiques ont révélé l’enthousiasme des enseignants comme des enfants pour ce type de projets et leur pertinence à l’heure de la « mal bouffe ».
 
L’association MAP a elle aussi permis de faire découvrir au public les pratiques horticoles montreuilloises et avec l’APUM puis les associations issues de l’appel à projet de 2004 de faire découvrir le site des murs à pêches sous ses différents aspects.
 
Le sens de l’humus y travaille aujourd’hui sur les pratiques agricoles écologiques et la
biodiversité ainsi que l’ANCA de façon ponctuelle. Des jardins partagés biologiques ou
thématiques ont permis la remise en culture du site et la préservation de variétés anciennes
comme la création de lien social, avec notamment l’activité du Café social en direction de
retraités de l’immigration, et celle des Jardins du cœur (insertion et production pour les
« restos du cœur ») ou du Secours catholique.
La ville ne peut plus satisfaire à la demande de jardins familiaux tant celle-ci est importante
et de nombreux projets émergent de jardins partagés par des habitants des quartiers, des
femmes plus particulièrement et notamment pour partager des cultures de leurs différents
pays d’origine.
 
D’autres associations ont permis à un public moins directement intéressé par le patrimoine agricole de découvrir le site par des activités culturelles et de profiter des bienfaits de cet espace de campagne en ville : le théâtre de la Girandole et Playback théâtre ou encore Lez’arts dans les murs avec des activités artistiques et de loisir pour le jeune public notamment ou l’organisation de spectacles. De même le travail de la SRHM avec les habitants du quartier du bel Air autour d’événements ludiques au jardin école a souligné l’opportunité pour ces populations éloignées de la nature de s’en rapprocher et de s’y retrouver.
 
Ces pratiques doivent être appuyées pour être accessibles à un public plus large et plus varié comme à un plus grand nombre d’écoles et de centres de loisirs (voir aussi les parties 3.3 et 3.4).  
 
Etudier une réforme de la gestion des jardins familiaux pour les rendre accessibles à un plus grand nombre et proposer des modes de gestion pour la création de jardins partagés
Permettre aux centres de loisirs et aux écoles de participer de façon plus importantes aux activités actuellement proposées et inclure une condition d’ouverture et de présentation au public, notamment scolaire, dans les nouvelles activités agricoles qui seront crées sur le site, qu’elle soient à dimension économique ou sociale.

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2.4 Les conditions de réalisation d’un projet agriculturel
2.4.1 Une variable importante : l’état de pollution des sols
Des analyses des sols et de végétaux ont été pratiquées entre avril et septembre 2008 sur les sols cultivés du secteur des murs à pêches (réalisées grâce à différents partenaires : MAP, jardins du cœur, SRHM, Ville de Montreuil, DRIAF, DIREN et analysées par la DRIAF) :
Il se dégage de ces analyses :  
une pollution homogène des sols du site (cuivre, mercure, cadmium, plomb et zinc), à
l'exception des jardins familiaux localisés sur un sol de remblai non pollué (bordure de l’A186 impasse St Antoine côté nouvelle France);
un transfert faible du cadmium vers les parties consommables des légumes et des fruits et en conséquence aucun dépassement de seuil réglementaire ;
un transfert plus problématique du plomb puisque 30% des échantillons dépassent la valeur seuil réglementaire. Toutefois, les résultats permettent de discriminer les végétaux selon un gradient de risque de dépassement (fort/faible) :
 
Les « légumes feuilles » (salades, poireaux, rhubarbe) présentent une fréquence de
dépassement de seuil réglementaire très élevée (entre 50 et 100% des cas) ; les « légumes fruits » (tomates, courgettes, poivrons) ne présentent pas de dépassement et présentent une marge de sécurité relativement importante ;
Aucun échantillon de fruits (poires, pêches, framboises, mures, fraises, pommes) ne dépasse le seuil réglementaire en ce qui concerne le plomb.
 
Conséquences :
La ville va émettre un arrêté prohibant la diffusion des légumes feuilles et des plantes aromatiques concernés par le passage du plomb. Une communication à l’ensemble des personnes cultivant sur le secteur va être faite par la ville et va recommander par mesure de précaution de ne pas consommer de légumes feuilles.  
La DDASS ne pouvant pas se prononcer sur les impacts sanitaires ni faire des recommandations d’usage à partir des seules données analysées par la DRIAAF, la ville va commander des études complémentaires pour disposer des informations nécessaires à un plan d’action adapté aux usages actuels et futur du secteur. Ces études et l’avis de la DDASS permettront aussi de mettre en œuvre si nécessaire d’actions de dépollution en fonction des usages.
 
En tout état de cause, aucun échantillon de fruits ne dépassant le seuil réglementaire, la direction régionale et interdépartementale de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt
(DRIAAF) est favorable à la poursuite des travaux visant à la réimplantation de vergers sur le
site. Il convient toutefois de poursuivre la surveillance des espèces présentes sur le site et la
ville souhaite mettre en place un plan de surveillance sur les années qui viennent en
collaboration avec la DRIAAF.
 
Les projets agricoles qui peuvent êtres engagés dans un court terme devraient donc
essentiellement concerner la production florale et fruitière. La production de légumes devra
être soumise à des tests préalables des sols qui seront concernés et réduite aux variétés non touchées par le passage du plomb.  
 
Cette variable conduit aussi à envisager parmi les activités du secteur des activités spécifiques à l’usage de terres en villes :
 
Développer des activités économiques et/ou pédagogiques autour des questions de
pollution /dépollution des sols, des entreprises de dépollution par phyto-remédiation pourraient par exemple trouver leur place dans le secteur.
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2.4.2 La faisabilité des projets et les modes de gestion  
 
Un grand nombre de projets agriculturels a été présenté par des associations (voir notamment en annexes des cartes proposées par la SRHM et MAP) ou évoqués lors de travaux de la commission. Leur grande variété implique un travail approfondi avec les professionnels de l’agriculture et les partenaires institutionnels (Région, Direction Régionale de l’agriculture et de l’alimentation, Agence des espaces verts, Lycée des métiers de l’horticulture et du paysage notamment) afin de déterminer leur opportunité en réponse à des enjeux plus larges, leur faisabilité technique et financière, ainsi que les équilibres entre eux et avec les autres projets à mettre en oeuvre sur le secteur. Ces projets vont en effet de la réimplantation d’une exploitation, à la création de ferme cueillette ou encore d’une maison des terroirs, plateforme de vente des agriculteurs d’Ile de France, lieu de démonstration des savoirs faire régionaux et de découverte des terroirs, en passant par des projets à dimensions plus spécifiquement sociales et pédagogiques et relevant de l’économie non marchande (voir partie « des terres cultivées »).
Leur faisabilité dépend aussi des surfaces minima nécessaires à leur mise en œuvre : pas moins de 5 hectares pour une ferme de cueillette, entre 2 et 3 hectares pour des activités maraîchères, environ 2000 m2 pour une exploitation horticole, et moins pour des jardins collectifs/partagés.
 
De même des modes de gestion adaptés doivent être trouvés pour leur mise en œuvre, tant du point de vue du réglementaire urbain que de l’usage.  
En effet, un simple maintien en NA d’une grande partie de la zone actuelle n’est pas suffisant : le PAEN (Protection des terres Agricoles et des Espaces Naturels), outil créé par la Loi DTR (fév 2005) a été proposé lors des travaux de la commission qui pourrait permettre de développer ces activités avec des règles d’usage et insérant des éléments paysagers.
 
La commission recommande d’étudier si cet outil peut être adapté à tout ou partie du secteur des murs à pêches
 
2.5 Un territoire particulièrement adapté aux actions d’insertion
 
Pour l’équipe municipale, l'insertion s'inscrit dans un dispositif de développement qui rapproche le social de l'économique : quand les publics en insertion ont conscience qu'ils contribuent à une action qui crée de la valeur sur le territoire, ils se sentent eux-mêmes valorisés et les objectifs d'insertion sont plus facilement atteints. Les murs à pêches se prêtent à cette démarche car c'est une mise en valeur très lisible du territoire. Les actions développées par les Jardins du cœur ou par le chantier créé par MAP ont clairement démontré cet intérêt.
 
La diversité des potentiels d'activité sur les murs à pêches donne des possibilités d'imaginer des actions d'insertion dans un domaine large (maçonnerie, jardinage, entretien, gestion des espaces urbains, eau) donc est susceptible d'attirer des structures d'insertion au-delà de celles déjà implantées à Montreuil. Cela permettrait de mobiliser plus de sources de financements institutionnels et de donner une "masse critique" intéressante aux actions d'insertion
 
Ce territoire, un des rares permettant l'agriculture de proximité, permet également de raisonner en filière dans le cadre de la promotion des circuits courts (production - distribution

- consommation). L'insertion trouve également sa place dans ce dispositif, avec l'exemple des AMAP bien sûr, qui pourraient trouver un terrain de production sur les MAP. La filière partant alors de la production maraîchère ou horticole jusqu'à l'épicerie sociale que la ville va créer, avec à chaque étape des publics en insertion, dans une logique de cohérence à l'échelle du territoire communal au-delà du seul site des MAP.
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2.6 Eco-construction et énergie : l’autre écofilière des murs à pêches
 
Le patrimoine des murs à pêches tient autant à l’usage des terres qu’à la spécificité des pratiques horticoles et particulièrement celle des murs eux-mêmes évidemment.
 
La valeur de ces murs tenait tant à l’appui qu’ils donnaient au palissage qu’à leur capacité de protéger des vents et de créer une chaleur particulière permettant de produire des fruits de qualité en amont de la saison. Aujourd’hui, même si les carrières de gypse de Montreuil ne peuvent plus être utilisées pour la production de plâtre, cette histoire du territoire peut être source d’inspiration pour une recherche autour des usages actuels de ce matériau et plus largement sur le bâti bio climatique et les énergies renouvelables.
 
Ceci fait d’autant plus sens que Montreuil est aujourd’hui une ville qui accueille de nombreux artisans du bâtiment certains déjà engagés dans la démarche de l’éco-construction et d’autres souhaitant s’y former pour répondre une demande croissante. Par ailleurs de nombreux architectes, paysagistes et bureaux d’études d’urbanisme ou d’écologie urbaine ainsi que des commerces de matériaux de construction sont aussi présents sur la ville donnant ainsi l’opportunité de créer une dynamique de filière. Cette filière pourrait aussi intégrer une composante formation à l’éco-construction celle-ci n’étant pratiquement pas développée en Ile de France.  
 
L’interaction avec la filière agricole permet aussi d’envisager un travail spécifique sur les murs ou toits végétalisés.  
 
S’il serait intéressant que cette filière puisse être présente dans son intégralité sur le secteur des murs à pêches, la volonté de préserver des terres cultivées implique de limiter l’implantation sur de nouveaux terrains d’entreprises du bâtiment. Ceci d’autant plus que ces activités peuvent être très consommatrices d’espace et entraîner des nuisances en terme de circulation de poids lourds par exemple, que les habitants du quartier ont suffisamment subies. En revanche dans l’optique d’une mutation des zones d’activités sur elles-mêmes cette filière serait intéressante à étudier, une partie du secteur pouvant être utilisée comme vitrine de la filière.      
 
Les travaux de réhabilitation des murs du site classé qui vont être entamés en 2009 suite à la convention de la ville avec la DIREN créeront aussi une dynamique dans ce sens.
 
La commission recommande d’étudier les conditions de mise en place d’une éco-filière de l’éco-construction et de l’énergie autour du secteur des Murs à pêches.
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3. Reconnecter la ville : des circulations douces, des équipements pour tous et un rayonnement des activités au-delà du quartier  
 
3.1 Le passage du tram et les ateliers (à l’horizon 2015 pour le tram et 2011 pour les ateliers, faisabilité et calendrier à confirmer en 2009)
 
Le passage du futur tramway qui empruntera le tracé actuel de l’autoroute, outre son intérêt propre de transport en commun, est un enjeu pour relier le haut et le bas Montreuil grâce à des voies perpendiculaires reconnectées et des aménagements sur les délaissés de l’ancienne autoroute et autour des futures stations. L’équipe municipale prévoit la création d’un écoquartier le long du passage du tramway qui rejoindra celui des murs à pêches au niveau des stations Rosny/Mozinor et Théophile Sueur dans sa continuité à la hauteur de la rue Pierre de Montreuil.
 
Un consensus s’est dégagé de la commission extra-municipale pour ne pas créer de front bâti le long des voies dans la section murs à pêches et pour recommander une approche paysagère de cette section permettant de découvrir la particularité du secteur. Une emprise moins importante de l’avenue est aussi recommandée par la commission sur cette section pour marquer sa particularité et limiter les bruits de la ville. Cette avenue devra toutefois permettre de relier les deux parties de la rue Saint Antoine sans compromettre une circulation douce dans le quartier des murs à pêches.
 
A noter aussi la proposition de la SRHM de créer une station à la hauteur de la rue Saint Antoine pour permettre un accès direct au site ainsi que celle de l’APUM qui propose que la tranchée de l’autoroute soit maintenue sur cette partie du secteur pour limiter le bruit ou à l’inverse celle de Gilles Clément de surélever ce passage pour permettre une meilleure découverte du paysage. Une remise à niveau de l’avenue sur ce secteur ainsi que le maintien des stations telles que prévues aujourd’hui ne rencontre pour autant pas d’opposition. Enfin Marc Bourdier a souligné les risques de se retrouver avec une rue « morte » sur cet axe si des lieux de sociabilité n’y sont pas prévus, l’espace public et les ouvertures des activités en bordure du passage du tram devront donc être pensés pour faire vivre cet axe.
Une desserte renforcée du secteur par des transports en communs légers dans l’attente de la mise en oeuvre du tram est aussi souhaitée par la commission.  
 
Les ateliers de maintenance du tramway à intégrer au paysage et aux usages :  
Pour le fonctionnement du tram et donc pour la réalisation du projet, des ateliers de maintenance et de remisage doivent êtres aménagés par la RATP à la hauteur du passage sur Montreuil. Ces ateliers, qui doivent être conçus pour ne pas créer de nuisances pour le voisinage et pour se fondre dans le paysage, représentent en revanche une consommation importante de surface, environ deux hectares.
 
Proposé par des études antérieures dans le secteur des murs à pêches le long de la rue Maurice Bouchor, à la place actuelle d’AFOR TP et des jardins du cœur, l’emplacement qui leur avait été réservé ne correspondait ni aux besoins de la RATP car ne permettant pas d’entreposer suffisamment de rames, ni à la municipalité qui aurait préféré les installer ailleurs que dans les murs à pêches et si possible les enterrer pour ne pas perdre de surface pour d’autres projets. La ville a donc proposé de tester d’autres emplacements, notamment hors des murs à pêches, le long et sous les voies du tram.
Les options enterrées et en dehors du secteur ont à regret du être rejetées car elle impliquaient notamment la création de longues trémies qui recréaient des ruptures importantes.
Parmi les nouveaux emplacements étudiés, c’est finalement l’option située entre les rues Maurice Bouchor et Saint Antoine qui, par défaut, correspond le mieux à un aménagement du quartier permettant sa découverte et la préservation du paysage car elle est en bordure de secteur et ne crée pas de rupture du paysage en son centre, c’est aussi la moins consommatrice de surface. Le défi de cet aménagement est son intégration dans le paysage et les projets attenants ou la création de continuités : parc aquatique notamment et abords de la rue Saint Antoine. Les ateliers devront autant que possible avoir des hauteurs limitées en bordure de Saint Antoine et ne pas être « collés » à la rue. Ses toits pourraient permettre de développer des activités liées au parc aquatique par exemple avec un point de vue sur les murs à pêches.   
L’option proposée sur l’échangeur rue de Rosny reste toutefois une alternative à étudier, dans la mesure où l’option de maintenir la tranchée serait envisagée, les ateliers s’abaisseraient alors au niveau de la tranchée. Mais il est rappelé que ce secteur est celui qui offre une des meilleures vues sur les murs à pêches ainsi qu’une opportunité de développement autour de la future station de tram et qu’il serait dommage de le dédier à des ateliers.
 
Les membres de la commission se sont situés entre résignation et rejet de ces deux options. Aucune n’est satisfaisante pour la mise en valeur du quartier. Elles ne sont envisageables que si la seule solution pour permettre l’arrivée du tram est une implantation des ateliers dans cette zone. Elle suggère que de nouvelles études soient entreprises pour localiser cette implantation en dehors du quartier.

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3.2 Des circulations douces en cœur de secteur et des stationnements à aménager en périphérie


La volonté de privilégier les circulations douces dans le quartier tout en permettant son ouverture sur les autres quartiers et en favorisant sa découverte a été affirmée. De nouveaux cheminements (piétons/vélos) sont donc proposés du bel air à la rue de Rosny et de Maurice Bouchor à la rue Saint Antoine voire jusqu’à la rue de Rosny. La préoccupation de limiter la circulation de voitures dans le cœur du quartier implique aussi de travailler à des solutions de stationnement en entrée de secteur, rue Pierre de Montreuil notamment et à ses solutions de livraison pour les activités à mettre en place en cœur de secteur.
 
3.3 Favoriser une ouverture rapide du secteur et la découverte du site par des initiatives à court terme
 
Malgré les différentes actions menées, les membres de la commission ont rappelé le fait que le secteur des murs à pêches restait inconnu à la plupart des Montreuillois et y compris à des habitants vivant en proximité. Ils ont souligné l'importance de faire découvrir ce site dans un premier temps aux Montreuillois pour leur permettre de se l'approprier et de participer à l'élaboration d'un projet d'aménagement du secteur. Une série d'actions à mener ou expérimenter à court terme pour permettre cette ouverture du secteur a donc été proposée.
Parmi elles :
 
Faire mieux connaître les actions déjà à l’œuvre pour la découverte du secteur, actions associatives et festival des Murs à pêches, festival Saint Antoine et permettre des partenariats/interactions entre ces différentes actions et leur ouverture à des partenaires extérieurs : associations des quartiers environnants, associations culturelles et à vocation sociale, etc.   
 
Créer dès 2009 un évènement commun à tout le quartier par exemple autour d'une fermeture de l'autoroute au moment des journées du patrimoine : un groupe de travail est proposé pour permettre une participation large des habitants et des associations du quartier et des quartiers voisins ainsi que d'autres associations montreuilloises.
 
Travailler avec les centres de loisirs pour proposer y compris sur le court terme des projets de découverte du site par les enfants de la ville : camping « classe verte » sur les murs à pêches cet été?  
 
Créer de nouveaux cheminements sur le site pour permettre une visite libre et aménager les abords du site pour permettre sa découverte (carte du secteur et des chemins, panneaux d'information). Et à moyen terme requalifier l’ensemble des espaces publics du secteur en réactualisant ses spécificités historiques.
 
Développer des activités artistiques en interaction avec le secteur et permettant de le
découvrir différemment : land art par exemple.

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3.4 Des équipements pour faire découvrir le site, préserver et partager le patrimoine
 
3.4.1 Un lieu de découverte du patrimoine et du paysage
 
La création d’un lieu d’entrée de site, maison des murs à pêches ou musée ouvert, permettant de découvrir les différents aspects du patrimoine, son histoire et sa dimension contemporaine est recommandée par la commission.  
 
Ce lieu devrait être élaboré en partenariat avec les associations présentes sur le secteur, et avec les services régionaux et départementaux du patrimoine pour s’insérer dans leur réseau de découverte du patrimoine, sur le modèle par exemple des centres d’interprétation du patrimoine qui donnent des clefs pour découvrir le patrimoine en s’y promenant plutôt qu’en restant dans un musée.  
Un travail en réseau devrait être développé, non seulement avec le musée de la SRHM dont il faudrait étudier les possibilités de développement et le musée de l’histoire vivante de Montreuil, mais aussi avec l’éco-musée de la Courneuve qui conserve une grande partie des collections d’outils agricoles montreuillois et de la mémoire des horticulteurs et de leur pratiques, sans avoir aujourd’hui les moyens de les porter à la connaissance du public. Un partenariat avec la base de loisir de la corniche des forts qui souhaite travailler autour des carrières de gypse et des usages du plâtre doit être envisagé, ainsi qu’avec le réseau des offices du tourisme.    
Ce lieu serait ainsi un point de départ d’expositions qui pourraient être organisées dans le
site ou dans d’autres espaces, un lieu de conférence et de formation et d’information sur les
activités développées dans le site.
 
Un premier emplacement pour une mise en place rapide de ce lieu est préconisée sur la « prairie » terrain en bordure extérieure du site classé ouest où sont aujourd’hui développées la majorité des activités associatives et permettant un accès par la rue Pierre de Montreuil et une liaison vers le Bel Air et le jardin école.
Il est préconisé que le bâtiment puisse être « mobile » afin de déplacer cette entrée de site en un lieu plus facilement accessible par un large public si le projet de tram se réalise.  Ce bâtiment devra aussi être de faible hauteur.  
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3.4.2 Conservatoire botanique et jardin des biodiversités
 
Parmi les ressources du secteur des murs à pêches la biodiversité du site a été mise en exergue par les membres de la commission. A la fois la biodiversité sauvage née de la reprise de la nature sur les terres agricoles délaissées, la biodiversité urbaine, et particulièrement la biodiversité travaillée par l'homme, héritage des horticulteurs Montreuillois qui ont créé de nombreuses variétés à préserver et à faire connaître.  
En parallèle des travaux de la commission la ville a été sollicitée par le Conservatoire botanique du bassin parisien à la recherche d'un nouveau site d'installation pour ses locaux scientifiques et pour le développement de son espace de conservation d'espèces et avec la volonté de mener des actions pédagogiques à destination du grand public, dans le cadre d’un projet de jardin de la biodiversité.
Si la spécialité actuelle des scientifiques du CBN est la flore sauvage ils ont néanmoins été intéressés par l’histoire particulière du site des murs à pêches permettant de présenter et d’expliquer à un large public dans un même lieu l’ensemble des enjeux de la biodiversité et particulièrement l’interaction entre le sauvage et le cultivé.   
 
Cette proposition a été bien accueillie par la commission faisant écho à la volonté de ses membres de valoriser la biodiversité sur le site et le patrimoine horticole montreuillois.
Les membres de la commission ont insisté sur le fait que ce jardin devrait permettre de faire
connaître et de préserver les variétés de fruitiers montreuillois et franciliens ainsi que les
pratiques horticoles caractéristiques de ce territoire..  
En Ile de France il n'existe aucun lieu de découverte de ces différents aspects de la biodiversité réunis et accessible à un large public et permettant de développer des programmes pédagogiques. La création d'un tel lieu semble donc opportun sur les murs à pêches : à la fois verger conservatoire et pédagogique pour la découverte des variétés de goûts et des pratiques horticoles et apprentissages des différents milieux, de la flore et de la faune et des enjeux de leur préservation et de leurs interactions.  
 
Allié à une structure de recherche de haut niveau, ce projet de jardin des biodiversités permettrait d’attirer des visiteurs au-delà de la ville et serait en plus de ses qualités propres un levier pour la découverte du site et de ses diverses activités. Il permettrait aussi de créer une dynamique autour de la nature et des terres cultivées en ville avec le lycée des métiers de l'horticulture et du paysage, le jardin école de la Société régionale d’horticulture et la zone Natura 2000 des Beaumonts tous trois situés en proximité
 
La faisabilité de l'implantation du conservatoire et de la création en partenariat avec cette structure de recherche d'un jardin des biodiversités à destination du grand public doit donc être étudiée sur les murs à pêches. Les locaux scientifiques pourraient être situés en bordure extérieure de site classé et le jardin sur le site lui même (environ 3 hectares)
Des partenariats avec la Région, l'Etat et le conseil général devant être établis pour le bon
fonctionnement d'un tel projet sa réalisation est soumise à la mise en place d'une structure
de gestion du type GIP permettant d’assurer sa viabilité financière.

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3.4.3 Un parc aquatique écologique
 
Avec plus de 100 000 habitants Montreuil ne dispose que d’un seul stade nautique et l’offre en sport de loisir est largement déficitaire sur la partie haute de la ville. L’équipe municipale a donc proposé dans son programme la création d’un parc aquatique écologique situé dans cette partie de la ville, avec pour objectif aussi de renforcer les rencontres entre les habitants du haut et du bas Montreuil, et de développer l’offre de loisir à destination des enfants qui ne peuvent pas partir en vacances l’été.
De plus afin de pouvoir imaginer une utilisation tout au long de l’année, l’hypothèse d’une partie couverte doit être étudiée ainsi que celle d’un petit espace de balnéothérapie.
L’ambition donc d’avoir une partie de cet équipement en plein air pour les loisirs d’été et celle
d’une approche écologique de l’équipement dans son ensemble, traitement des eaux inclus,
nécessite une surface importante de terrain : entre 2 et 3 hectares.
 
Ce projet est dans sa toute première phase de réflexion sans qu’aucune étude de faisabilité sur les techniques à mettre œuvre (lagunage ou autre) n’ait été réalisée :
Calendrier estimatif :  
2009 : étude de faisabilité  
2010 : début des travaux
2013 : livraison de l’équipement
 
L’équipe municipale a souhaité discuter au sein de la commission extra-municipale de l’emplacement possible de cet équipement sur le secteur des murs à pêches dans la mesure où ce secteur est central entre les quartiers du haut et que les potentiels espaces de nature qu’il offre permettrait d’intégrer au mieux des activités de plein air et de promenade au projet.
Son emplacement en proximité du passage du tram permettrait de donner une dimension
intercommunale à cet équipement.
Enfin la présence d’un lieu de loisirs populaires au sein des murs à pêches permettrait de faire venir sur le site, et de le découvrir avec ses activités, à un public qui n’y viendrait pas forcément de lui même.
 
Lors des discussions la possibilité de répartir ces lieux de baignade sur plusieurs site a été proposée, cependant cela est difficile à envisager dans la mesure où un respect minimum des normes implique la création de structures d’accueil et de vestiaires + locaux techniques pour chaque équipement et que la multiplication des lieux, impliquerait une multiplication des coûts et des surfaces consommées. Par ailleurs le respect de certaines normes comme celles des surfaces minimum de baignade (25x10m) est nécessaire pour obtenir des co-financements dont la ville ne peut guère se passer. Une taille critique est aussi intéressante pour développer des activités autour.
 
Les représentants de la SRHM et de MAP ont marqué leur scepticisme vis à vis de ce projet
considérant que d’autres activités de loisir seraient mieux adaptées au site, comme un terrain d’aventure par exemple.
 
Propositions :  
Emplacement du parc aquatique sur le terrain de l’ex-foyer Nouvelle France angle
rue Maurice Bouchor et Nouvelle France
Limiter les espaces bâtis de l’équipement plutôt à disperser en plusieurs îlots pour permettre leur insertion dans le paysage et favoriser les espaces ouverts. Une partie des locaux techniques pourraient par exemple s’insérer dans les creux des ateliers du tram actuellement envisagés en proximité du parc.
Utiliser les toits en terrasses comme belvédères sur les murs à pêches (dans des proportions n’empêchant pas l’usage de l’énergie solaire).  
Prévoir hors du site un emplacement pour les arrivées de bus scolaires + parking (de l’autre côté de la rue Maurice Bouchor ?)
Envisager des activités de sport et loisir en lien avec le patrimoine dans cette partie du secteur et intégrer par exemple au projet l’espace classé donnant sur la rue Saint Antoine pour un solarium (chaleur des murs) ou d’autres activités compatibles (tir à l’arc ?) sous réserve de conditions de sécurité renforcée des murs, créer aussi des cheminements et lieux de promenade.
Prévoir des lieux de restauration/café en proximité qui pourraient aussi bénéficier aux
habitants du quartier tout au long de la semaine.
Permettre l’insertion des activités actuelles des jardins du cœur dans le projet d’aménagement du parc aquatique, si cela n’est pas possible la municipalité 
s’engage à proposer à cette association une autre localisation pour ses activités qu’elle souhaite maintenir dans le secteur.

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3.5 Le quartier des murs à pêches dans la ville
 
 Les activités et équipements proposés ci-dessus visent à ouvrir le site, à y mettre de la vie, à le rendre davantage accessible. Un autre aspect de cet enjeu n’a pu être suffisamment discuté par la commission, et demande des études complémentaires :
comment « casser les frontières » entre ce quartier et les différents quartiers avoisinants.
 
De la même façon, d’autres équipements ont été proposés, pour certains par la SRHM : un marché pérenne ; des équipements hôteliers ; un équipement culturel, lieu de mémoire de Méliès et du cinéma ; l’installation de la « halle aux moutons » ; une auberge de jeunesse, avec salles de réunions et lieux d’accueil pour les visiteurs du Conservatoire de botanique ou les étudiants de l’IUT voisin… Le manque de lieux de convivialité (restaurants, salle pour des fêtes familiales…) est patent sur la ville, et ce quartier pourrait apporter une réponse à ces besoins.
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4. Un quartier habité
 
4.1 Etat des lieux : un quartier reclus
 
La mise en attente d'urbanisation du quartier avec la création de la zone NA a eu pour effet de préserver le secteur d'une urbanisation massive mais aussi de le placer dans une zone d'attente dommageable à la vie de ses habitant. En effet l'incertitude sur l'avenir du secteur n'a pas encouragé les propriétaires (publics ou privés) à rénover ou même entretenir leur propriété, de nombreux pavillons du quartier sont ainsi en mauvais état voire inhabités et murés depuis de nombreuses années, pour certains devenus inutilisables. Certains propriétaires de terrains les ont soit laissés en friche propres à accueillir les squats ou les dépôts sauvages ou les ont loués à des entreprises nécessitant de l'espace non bâtit pour des activités plus ou moins nuisantes mais non qualifiantes (tri de déchets, BTP, dépôt de matériel).  
La majorité des habitants vivent dans des conditions économiques et sociales difficiles, personnes âgées se sentant insécurisées par l'isolement de leur habitation et le mauvais état du quartier comme par la présence de familles tsiganes, et familles tsiganes repoussées années après années à la marge des quartiers urbanisés pour trouver refuge sur des terrains longtemps non viabilisés et pour certains encore dans des conditions d'insalubrité préoccupantes. Les quelques familles de classe moyenne installées dans le quartier apportent le minimum de mixité sociale vital notamment dans les écoles situées en périphérie nord du quartier. Les conditions de vie des habitants doivent clairement être améliorées et la mixité sociale tirée vers le haut, le logement dégradé et les personnes à faible revenus étant majoritaire sur le secteur.   
 
4.2 Une urgence : améliorer l’habitat tsigane
 
Extrait de la contribution de François Lacroix à la commission :  « Comme tous les autres habitants du lieu, les Tsiganes ne sont pas là par hasard. Les murs sont le reflet des anciennes portes de Paris : à la fois dedans et dehors la ville, à la fois désirant et résistant.
Pour le « nomade » devenu de plus en plus indésirable dans un espace urbain organisé, quoi de
mieux que des murs qui protègent du regard inquisiteur, hostile, qui permettent de se préserver et de continuer à vivre en famille tout en s'isolant. Dans les murs, un micro climat bénéfique aux fruits et aux plantes mais aussi aux hommes. Il y a entre les murs et leurs habitants d'aujourd'hui quelque chose de commun, de l'ordre de ce micro climat : être au chaud entre des murs. »
 
La contribution de François Lacroix (en intégralité en annexes) resitue bien l’état d’esprit des membres de la commission vis-à-vis des populations tsiganes du quartier et correspond aussi aux souhaits exprimés par les familles tsiganes lors de la MOUS menée avec l’ADEPT et terminée en 2007 sans que de réelle solution soit apportée aux questions d’habitat (voir le résumé des conclusions de la MOUS en annexe). Ces populations ont contribué à faire vivre le quartier
Si certains membres de la commission ont évoqué les difficultés de cohabitation entre les
habitants ou certaines activités associatives et certaines familles tsiganes ou individus isolés,
tous ont convenu que ces difficultés pouvaient être levées par un travail social et par une
amélioration des conditions de vie des familles tsiganes (sanitaires notamment). Les membres de la commission ont aussi convenu avec l’adjoint au logement que des terrains devaient êtres destinés à la mise en place de programme d’habitat spécifique pour les familles tsiganes du quartier qui souhaitent s’y maintenir mais qu’il ne fallait pas accueillir de nouvelles familles et permettre à celles qui le souhaitent de se reloger hors du secteur afin de limiter l’effet « ghetto ». La nécessité d’évaluer avec les familles les distances nécessaires entre elles a aussi été soulignée.
François Lacroix a aussi rappelé l’importance de garder un contact continu avec les familles tsiganes dont l’approche de l’habitat évolue avec le temps et les choix qui leurs sont offerts. Une des difficultés actuelles vient en effet du fait que suite au travail qui avait été effectué avec eux à partir de 2004 aucune solution ne leur avait été proposée en termes de localisation et que leur contact avec la ville et l’ADEPT s’est peu à peu distendu, notamment par l’absence de correspondant dans les services.  
 
La commission a pris acte que les familles roms actuellement installées de façon transitoire sur des terrains sur Pierre de Montreuil et rue Saint-Just allaient être relogées hors du secteur. En effet outre les risques de conflits traditionnels entre les roms et les tsiganes installés depuis longtemps sur ce secteur, l’insertion de ces deux communautés nécessitant chacune un accompagnement social important semble impossible durablement en un même lieu.
 
 
Propositions de la commission :
 
Les populations tsiganes font maintenant partie de l’histoire du secteur, un projet murs à pêches doit les inclure comme tel.
Plutôt reloger sur d’autres parcelles les familles actuellement en site classé, même si le site a été classé avec ses habitants, l’impossibilité de construire dans le site classé rend difficile l’amélioration de l’habitat même en partie mobile.  
Identifier des terrains qui seront destinés à l’habitat « mobile » et d’autres à des opérations d’habitat spécifique intégrant une partie bâtie
Privilégier l’habitat « mobile » dans le diffus, plutôt par « grappes » que par groupes importants (aménager des parcelles avec murs de refends pour préserver l’intimité pour les familles restant en habitat mobile).  
Projets d’habitat spécifique intégrés à des projets d’habitat classique (pas trop d’isolement) : rue Saint-Just, rue de Rosny et angle Saint Antoine/Pierre Paul Béranger.
Prendre en compte aussi les familles qui ne sont pas en convention avec la ville.  
Reprendre un travail de diagnostique, de concertation et d’accompagnement avec les familles tsiganes du quartier, éventuellement dans le cadre d’une MOUS.
Continuer les démarches d’amélioration des conditions de vies actuelles (sanitaires notamment) dans l’attente de la mise en oeuvre des projets d’habitat spécifique et ne pas accueillir de nouvelles familles pour éviter l’effet « ghetto ».  

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4.3 Un habitat re-qualifié et une mixité sociale renforcée, en cohérence avec les nouveaux quartiers à créer le long du tram hors section murs à pêches
 
L'amélioration des conditions d'habitat actuel (tsigane notamment mais aussi de l'habitat ancien et/ou dégradé), la nécessité de bâti pour certaines activités à développer dans le quartier (commerce de proximité, support des activités agriculturelles), la nécessité d'engager rapidement des opérations de nouveaux logements à l'échelle de la ville pour répondre à la crise du logement et contribuer à la réalisation des objectifs du SDRIF, de développer la mixité sociale du secteur et de raccrocher le quartier au reste de la ville ont conduit la commission à proposer des orientations pour prendre en compte ces différents besoins dans le projet d'aménagement du quartier tout en inscrivant la question de l’habitat dans l’identité spécifique de ce quartier.
 
Propositions :  
Etudier la possibilité d'engager un programme de réhabilitation écologique de l'habitat existant.
Créer des zones à dominante de logement mais permettant une mixité activité/habitat sur les zones de liaison du quartier avec le reste de la ville et aux accroches du projet de tramway : rue de Rosny, à l'angle Rosny Saint-Just et à l'arrière de la zone industrielle en liaison avec le quartier Nungesser et dans un deuxième temps angle Saint-Just/Pierre de Montreuil et carrefour tramway /Rosny. Ces 5 zones ont été discutées au sein de la commission, sans faire toutes consensus. Des études complémentaires sont nécessaires pour préciser, voire compléter, les zones
possibles pour de nouveaux logements. La municipalité a réaffirmé son objectif d’implanter de l’ordre de 300 à 400 logements dans ce quartier.
 
Ces zones sont définies pour leur qualité d'accroche avec la ville et leur intérêt patrimonial faible, ne compromettant pas l'usage de terrains végétalisés, sans présence de murs à pêches et ne compromettant pas l'unité du paysage, elles sont pour l’essentiel situées sur des terrains décapés ou déjà bâtis. Elles doivent permettre aussi de marquer les entrées du secteur des murs à pêches par leur traitement architectural et par des ouvertures sur le paysage du site.   
 
Les logements et autres locaux créés sur ces zones devront répondre à des critères
environnementaux élevés : faible consommation d'énergie et si possible énergie positive, matériaux durables (notamment plâtre en référence à la tradition du site),récupération d'eau de pluies partagée pour les usages de cultures du site.
 
Les usages collectifs des parties communes devront être encouragés (buanderies, garages à vélo, jardins partagés) et la résidentialisation limitée par des interactions avec la vie du quartier et ses dimensions agriculturelles : jardins partagés avec d'autres habitants du quartier, espaces ouverts de jeux, espaces associatifs et d'activité intégrés aux programmes. Certains toits terrasses pourraient aussi être accessibles au public pour permettre une vue sur le site (sous réserve de ne pas compromettre l'utilisation d'énergie solaire).
 
La zone identifiée à l’arrière de la zone industrielle doit spécifiquement être étudiée en liaison avec cette dernière pour permettre d’intégrer des activités économiques en lien avec la dimension agriculturelle du secteur (plate-forme des productions d’Ile de France / maison des terroirs par exemple). La mixité et l’équilibre avec des créations de logements sur ces parcelles doit donc être étudiée en fonction des premières études de faisabilité sur cette filière.
 
Les bâtis devront être situés en retrait des rues (sauf Rosny) et les hauteurs des bâtiments respecter les hauteurs en proximité (R+3 maximum) et l'insertion paysagère.
 
Le traitement des espaces extérieurs des bâtiments devra correspondre à la charte de l'espace public du secteur.
 
La volonté des membres de la commission de préserver et mettre en valeur une grande partie de la Zone NA actuelle par des activités de culture et de travail de la terre, réduit de façon importante le nombre d’espaces bâtis possibles et par conséquent de nouveaux logements qui auraient pu être construits sur le quartier au
vu de son potentiel foncier. Les élus estiment que 300 ou 400 nouveaux logements (un ordre de grandeur) devront et pourront être créés sur les zones définies pour ces usages. La part de nouveaux logements à construire sur les délaissés du tram hors
du secteur murs à pêches et à l'échelle de la ville devra donc être conséquente pour permettre à la ville d'atteindre ses objectifs.
 
La vie du quartier comme les activités agriculturelles nécessiteront sans doute des
aménagements en terme de bâti dans les années à venir, si celles-ci doivent se situer en dehors des zones identifiées pour les aménagements bâtis pour permettre l’équilibre du projet la commission recommande que leur hauteur ne dépasse pas le R+comble et que leur consommation de surface au sol soit limité.   
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Conclusion : Les temps du projet et les modes de gestion
 
Une première présentation des travaux de la commission à un public large (incluant tout particulièrement les conseils de quartiers proches) est nécessaire en mai, malgré les aspects parfois parcellaires de ses conclusions. L’avis des habitants est indispensable dès ce stade, et, plus encore, leur participation à l’ouverture à court terme du secteur.
De même nous devons insérer des éléments d’orientation issus de la commission aux outils
de concertation du PLU au printemps.
 
La commission recommande une ouverture du secteur par des événements, des
cheminements et des activités qui permettront à un plus grand nombre de découvrir et
« s’approprier » le secteur, sans attendre la mise sur pied de nouveaux projets.
 
Les orientations présentées aujourd’hui nécessitent pour beaucoup des études complémentaires, notamment pour leur faisabilité et l’équilibre avec d’autres projets. Elles ne sont pas non plus strictement cartographiées et, dans ces conditions, on ne peut pas encore demander à des citoyens de se prononcer sur un « projet global » et une programmation, pour lesquels nous n’avons pas tous les éléments en main.  
 
Cette première phase de débat public permettra donc uniquement de vérifier (ou d’infirmer) un accord global sur les grandes lignes de l’orientation, et de faire émerger de nouvelles idées à tester.  
 
Également, un temps de travail des services et peut-être de bureaux d’études, ainsi que des échanges avec les partenaires de l’État et des collectivités proches, est nécessaire avant de revenir devant les citoyens et les différents acteurs du site avec des propositions affinées et mises en relation avec les projets et besoins des quartiers proches et notamment des aménagements à prévoir autour du passage du tram.  
On peut estimer que cette concertation pourrait alors commencer à l’automne.
 
La commission souhaite enfin continuer de travailler certains aspects avec des ex-membres, associés à d’autres personnes ressources ou partenaires :
Deux groupes de travail à mettre en place dans les semaines qui viennent :  
 
1.Modes de gestion du secteur et outils de mise en oeuvre du ou des projets
2.Organisation d’un événement d’ouverture et de découverte du secteur (ex : autour de la fermeture de l’autoroute) au moment des journées du patrimoine (ou à un autre moment)
 
Synthèse des grandes orientations
 
L’ambition est de faire des murs à pêches un quartier de ville, qui traduise le caractère
exceptionnel du site, en s’enracinant dans son histoire, et répondant aux enjeux actuels du
développement durable, notamment en matière de changement climatique et de biodiversité.
Un quartier ouvert, et non un enclos fermé.
Il s’agit de se situer dans l’esprit de la charte d’Aalborg (charte des villes européennes pour la durabilité, élaborée en 1994 et actualisée en 2004), signée par Montreuil en 1996. Cette charte rappelle que « la justice sociale s’appuie nécessairement sur une économie durable et sur l’équité, qui reposent à leur tour sur un environnement viable », lequel nécessite le maintien et la croissance du « capital naturel ». La justice sociale nécessite « d’intégrer à la protection de l’environnement les exigences sociales essentielles de la population ainsi que les programmes d’action sanitaire, de l’emploi et du logement ».
C’est dans cet esprit qu’il est proposé de faire des murs à pêches un éco-quartier que l’on puisse « habiter et visiter autrement » grâce la mixité des fonctions (habitat, activités,loisirs, formation…), à la mixité sociale et à la mise en valeur du « capital naturel » (du paysage aux différentes formes de nature sauvage comme cultivée). Un quartier qui attire et où l’on vient de Montreuil et d’ailleurs. Un quartier relié à son voisinage et ouvert à ses voisins.
Il est proposé d’en faire un éco-quartier avec une identité propre, agriculturelle. C’est à dire un quartier qui intègre dans toutes ses dimensions (économiques, sociales,pédagogiques, culturelles…) les valeurs patrimoniales et paysagères du secteur et valorise la présence de terres cultivées en milieu urbain. Dans ce cadre, il s’agit de permettre la découverte du paysage du quartier et son patrimoine par la création de cheminements, de points de vues , et la création d’un lieu de découverte du site et de son patrimoine : maison des murs à pêches ou centre d’interprétation du patrimoine.
 
Une charte du patrimoine et du paysage, incluant les diverses modalités d’usage, doit venir garantir le respect de l’identité du quartier et sa conception pour l’avenir, appuyée sur un programme de restauration des murs, sans lesquels il n’y a plus de paysage.
 
Pour les activités :
- Économiques, valorisant les circuits courts et les écofilières agricoles (ex : petites exploitations agricoles du type culture de fleurs, vergers, AMAP, plate-forme des agriculteurs terroir d’Ile de France et vitrine lieu de vente pour leur produits ou d’autres activités de transformation du végétal) - éco-construction.  
- Sociales et culturelles autour des pratiques agricoles de proximité (jardins partagés,jardins familiaux et thématiques, activités pédagogiques, espaces artistique en plein air…)
- Loisirs : découverte de la nature et de la biodiversité, parc aquatique, etc.
 
Pour l’habitat :
- Des opérations d’habitat spécifique tsigane
- Un programme de requalification de l’habitat dégradé
- Un programme de création de nouveaux logements estimé par les élus à 300 ou 400 et en mixité avec des activités sur les zones d’accroche à la ville et avec un moindre intérêt patrimonial définies par la commission.
- Installation de commerces, de lieux de sociabilité et de services de proximité nécessaires à la vie des habitants et aux personnes ayant une activité sur le site comme aux visiteurs
 
Pour les équipements publics :
- Passage du tramway, en cherchant à le mettre en valeur avec ses ateliers (si aucun
emplacement n’est trouvé ailleurs) dans le respect du paysage des MAP, pas de front bâti dans la section MAP de la voie du tram et favoriser les circulations douces à l’intérieur du quartier
- Implantation d’un parc aquatique écologique à l’angle des rues Maurice Bouchor et
Nouvelle France
- Implantation d’un lieu de recherche, de préservation et de découverte de la biodiversité, ainsi que des variétés et pratiques horticoles montreuilloises
Équipements publics (école, maison des associations…) nécessaires pour les habitants actuels et futurs du quartier et pouvant bénéficier aux quartiers voisins. Ce type d’équipement n’a pas été discuté au sein de la commission qui a simplement soulevé la question de l’absence de services de proximité dans ce quartier, ils devront donc être ré-interrogés suite aux études de faisabilité et à la mise en relations avec les besoins et projets des quartiers voisins.
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Hypothèses de localisation possible des usages du secteur

 

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Annexes
 
1. Composition de la commission extra-municipale
 
Conseillers municipaux désignés dans le respect de la représentation proportionnelle : (10 de la majorité, 3 des minorités) : 
Pour la liste « Montreuil, Vraiment ! » : M. MARTINEZ, P. PETITJEAN, F. FRERY, P.DESGRANGES , F. MIRANDA, A. MONTEAGLE, C. PILON, S. PERRIER, D. CHAIZE, A. C.LEPRETRE.
Pour la liste « Montreuil en plein élan » : J.J. SEREY, S. BELTRAN, B. REBELLE.
 
Associations représentées par leur président  ou représentant : 
 
-Association de défense des habitants de Montreuil,
-Association Murs à pêches,
-Société régionale d’horticulture,
-Atelier populaire d’urbanisme de Montreuil,
-Montreuil environnement.
-Association départementale du jardinage et du fleurissement de la Seine-Saint-
Denis (représentant les jardins familiaux) 
 
Personnes ressources : 
 
Arlette AUDUC, Responsable de l’inventaire du patrimoine Région Ile de France, Auteur de
« Montreuil Patrimoine horticole »
 
Marc BOURDIER, Architecte, Enseignant à l‘école de l’architecture de la Villette (section
Urbanisme et projet urbain- Géographie et paysage). 
 
Jacques BRUNET, Ethnologue
Auteur de « Les Savard », Histoires de vies d’horticulteurs de Montreuil 1880-1930
 
Gilles CLEMENT, Paysagiste
 
François LACROIX, Membre de la Commission nationale consultative des gens du voyage, 
Spécialiste des questions d’Habitat tsigane
 
Bernard GUICHETEAU, Arboriculteur, Vice-Président de l’Union des vergers d’île de France
 
André PATUREAU, Descendant d’horticulteur, propriétaire de parcelles en site classé
 
Manuel PLUVINAGE, Agronome et Historien, spécialiste du patrimoine horticole, Ancien
responsable du potager du Roi de Versailles 
 
Francis ROL-TANGUY, Directeur de l’Atelier Parisien d’Urbanisme (APUR), Ancien Directeur
Régional de l’Equipement d’Ile de France
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2. Contribution de Gilles Clément à la Commission extra-municipale 
 
Plénière du 10 janvier 2009 
 
Paysage 
 
Le paysage  des murs à pêches de Montreuil  est donné par un ensemble :
multiplication des structures destinées à la production de fruits, constituées par une architecture régulière, répétitive, d’élévation constante.
                        
Le paysage des murs à pêches est aujourd’hui divisé en deux sous-ensembles par le passage de l’autoroute mais chacun de ses sous-ensembles conserve une échelle suffisante pour apparaître encore aujourd’hui comme un paysage identifiable et remarquable.
 
Le paysage des murs à pêches résulte d’une activité horticole historique. Il est entièrement fabriqué par elle et ne se justifie que par elle. La mise en péril des murs,donc du paysage identitaire le plus remarquable de Montreuil, coïncide avec l’abandon des pratiques qui justifiaient leur existence.
 
La question qui se pose concernant la pérennité du paysage des murs à revient à poser la
question de la pérennité des usages.
 
Usages
 
Les pratiques horticoles des murs à pêches correspondent à une économie historique de production et de distribution des fruits et des légumes dans la couronne parisienne. Les systèmes de production et de distribution d’aujourd’hui semblent avoir définitivement condamné les murs à pêches de Montreuil à un vaste décor sans aucun rôle décisif dans l’économie locale ou régionale.
 
La valeur affective du paysage que constitue ces murs à pêches ainsi que les mesures de protection qui ont rendu inconstructible une partie du territoire ont contribué à geler, pour un temps, l’ensemble résiduel de ce paysage.
 
La ville de Montreuil se trouve ainsi dotée d’un espace non bâti approchant les 30 hectares en cœur de ville, pourvu d’une identité paysagère unique. Le cumul identité paysagère remarquable et territoire non bâti en coeur de ville n’existe pratiquement pas en situation urbaine ou périurbaine dans les villes de France. La Petite Amazonie au cœur de Nantes , le Bois de Boulogne au cœur de Lille ou les Fortifications Vauban de Maubeuge trouvent leur origine dans un passé militaire ou dans une longue histoire de délaissé (Nantes). La production vivrière ayant créé le paysage de Montreuil ne trouve donc aucun équivalent paysager urbain.
Dans une perspective protectionniste cette seule raison suffirait à entreprendre les démarches qui permettent de restaurer et de maintenir ce paysage.
Cependant on ne peut durablement espérer son maintien dans le temps qu’en imaginant un
usage approprié  à son existence.
Dominante d’usage, dominante paysagère.
La surface occupée par les murs à pêches permet théoriquement de multiples usages sans que la structure des murs disparaisse. Il existe d’ores et déjà des interstices utilisés comme surface d’accueil à des usages sans exploitation du sol.
Cependant le paysage des murs à pêches n’est pas seulement donné par les murs eux-mêmes mais par tout ce qui se trouve entre eux. En particulier les arbres et toutes les autres
émergences.  Dans la mesure où ces émergences viennent à occuper les interstices elles
marqueront le paysage au détriment des murs. Dans ce cas, seule une déambulation en
surélévation permettrait de saisir ce paysage.
Quoi qu’il en soit la dominante paysagère du site viendra d’une dominante d’usage sauf pour des activités mineures et dissimulées à la vue. La question revient toujours aux usages.
 
Economie émergente 
 
Le contexte économique planétaire fait apparaître au grand jour les dysfonctionnements d’un système uniquement basé sur un jeu financier jetant la société dans le chaos. La guerre entre les tenants d’une économie capitaliste outrancière et les partisans d’une alternative en faveur du partage, guerre engagée depuis près de cinquante ans, trouve, avec la crise actuelle, une sorte de trêve favorable à l’apparition progressive d’une nouvelle économie. 
Celle-ci ne peut être abordée ouvertement par les Etats-Nations, trop engagés dans d’inextricables compromissions. L’alternative n’est donc pas à leur portée. En revanche on peut imaginer développer localement des modèles de production et d’échanges, assortis d’un réseau de distribution de proximité en accord avec les préoccupations écologiques les plus actuelles et les plus urgentes à mettre enfin en œuvre.
On peut légitimement espérer voir arriver sur le marché des aliments non dangereux pour la
santé, produits dans les meilleurs conditions biologiques et cependant accessibles aux moins riches.
On comprend alors le rôle considérable que pourrait jouer l’ensemble des murs à pêches de
Montreuil. 
 
La vocation horticole du site, inscrite dans la perspective d’une économie émergente, retrouve alors une raison d’être et de se développer au service d’une société de proximité, connue, motivée et déjà engagée dans de nombreuses initiatives convergentes. A ces initiatives issues d’associations organisées il faut ajouter d’autres initiatives isolées mais représentatives de certains groupes désireux de développer des productions potagères associées à leurs propres cultures.
 
 
La lisibilité du paysage 
 
Le paysage des murs à pêches de Montreuil demeure secret pour la plupart des personnes extérieures à la ville. Parfois même pour certains habitants éloignés et non engagés dans les associations à l’œuvre sur le site .
 
La lisibilité du paysage ne constitue pas une garantie absolue de sa pérennité dans le temps, mais elle y contribue. Ce qui est vu et nommé existe, le reste sombre dans l’oubli. 
Le projet d’un belvédère, cité par un atelier, participe du principe du saisissement par la vue, grâce auquel un paysage demeure gravé dans la mémoire. On peut associer belvédère et cheminement surélevé dans une partie du parcours, notamment à
l’occasion d’un problème de liaison entre deux quartiers mal reliés ou séparés par une trop
grande longueur de murs.
 
Le grand problème de paysage identifiable sur le site vient du passage de l’autoroute. C’est sans aucun doute à cet endroit qu’une étude sérieuse et précise devrait être menée pour tenter d’harmoniser ce que la construction de cette voie a démantelé. 
 
Projets de paysage justifiant des études approfondies 
- liaison des deux ensembles de murs à pêches séparés par l’autoroute
- tracé et aménagement du parcours du tramway
- paysage perçu depuis les routes périphériques et traversantes de la zone des murs 
- paysage perçu depuis une éminence (belvédère, passerelle)
 
Cahier des charges ou charte d’occupation évolutive et paysagère des sols dans l’emprise des murs à pêches 
 
- vocation de certains espaces à recevoir telle ou telle activité sans geler les parcelles dans
une fonction définitive 
- délimitation évolutive, fragmentée ou continue d’une zone dite de Tiers Paysage destinée à
protéger et valoriser la diversité des délaissés.
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3. Contribution de François Lacroix à la commission extra-municipale
Le 31 janvier 2009
 
Il y a dans ce quartier de Montreuil une trame paysagère constituée par les murs à pêches qui saute aux yeux, s'impose et impose des lignes de force à la réflexion et aux propositions qui sont travaillées dans cette commission extra-municipale.
 
Mais cette trame est, malgré tout, secrète puisqu'il faut s'aventurer et parcourir pour découvrir. Sa visibilité demande du cheminement et de la hauteur puisque l'on parle de belvédère pour voir ce qui ne se donne pas à voir du premier coup, pour regarder en arrière l'histoire passée mais aussi pour contempler l'horizon et le sens que cette trame donne au futur.
 
Dans cette trame paysagère, il y a du secret, il y a d'autres trames cachées qui ne demandent qu'à être vues, ressenties, goûtées, comme le suc des pêches et des fruits qui ont fait la renommée de ces murs. Ces trames cachées, ce sont les histoires des hommes et des femmes qui ont inventé ces murs, qui ont su en faire des outils, comme sans doute aucun autre, ce sont les histoires des hommes et des femmes que ces murs ont abrité au fil des siècles dans leur labeur et activité mais aussi dans leur habitat. Dans les murs, des hommes et des femmes ont trouvé abri et habitat.
 
Les murs à pêches ont ainsi eu, dans le temps, plusieurs types d'usage qu'il nous faut redécouvrir
aujourd'hui et sans doute, pour donner du sens à ce quartier, réinventer.

Pour comprendre, des murs et de leurs habitants d'hier et d'aujourd'hui, quelques flashs du passé :
 
-C'est en Seine Saint-Denis, à Saint-Denis même, qu'en 1427 « apparaissent », dans nos écrits
administratifs, les premiers Tsiganes en Ile de France : « merveilles venues de l'estranger »...
-Des familles Manouches, Sinte, Yéniches sont présentes et identifiées depuis le XVIIème siècle 
autour de la ceinture de Paris.
-Au XIXème siècle et début du XXème, ce sont des migrations roms de l'Est, importantes, qui se
fixent dans certaines villes de Seine-Saint-Denis : Romainville (je souris), Montreuil, villes qui
deviennent des pôles de vie et de reconnaissance de ces familles en France et dans le monde. Ainsi, les Roms de Montreuil conservent jusqu’à ce jour des liens importants avec les Roms de tous les continents.
-Et puis, les portes de Paris, notamment la porte de Montreuil, sur lesquelles s'agglomèrent les
familles tsiganes l'hiver ou toute l'année pour celles qui trouvent leur activité dans les petits métiers offerts par la ville. Le contexte ouvrier, les commerces de proximité et l’activité industrielle favorisent la cohabitation d’une diversité de modes de vie et attaches culturelles.
-Les grands travaux des années 60-70 (périphérique, urbanisation, autoroutes) vont repousser à
l'intérieur de Montreuil, du département et des autres départements les familles regroupées aux portes de Paris. Pourquoi ai-je découvert  Montreuil en Essonne ? Parce que les familles tsiganes de Massy-Palaiseau et d'autres villes essonniennes parlent de la porte de  Montreuil où elles résidaient auparavant et des liens familiaux et sociaux qu’elles y ont maintenus.
-Enfin les murs depuis le déclin des activités agricoles : l'interstice, domaine urbain du « nomade ».
Pour le « nomade » devenu de plus en plus indésirable dans un espace urbain organisé, quoi de
mieux que des murs qui protègent du regard inquisiteur, hostile, qui permettent de se préserver et de continuer à vivre en famille tout en s'isolant. Dans les murs, un micro climat bénéfique aux fruits et aux plantes mais aussi aux hommes.
 
Il y a entre les murs et leurs habitants d'aujourd'hui quelque chose de commun, de l'ordre de ce micro climat (être au chaud entre des murs), de l'ordre de l'indéterminé voire de la jungle (chaque pas est une aventure où l’on se risque) et de l'ordre de la résistance et d'une question posée à la ville :
comment et pourquoi ce lieu a t-il pu rester posé là, à la fois dans et hors la ville ? Ne vivant que de la ville et pourtant s'en protégeant ? Ne vivant que hors la ville et pourtant s'y incluant ?


Il y a dans cette question le passé (cette agriculture « ramassée », « enfermée » mais pour nourrir la ville), le futur (cette nécessité d'ouvrir mais aussi de garder, de préserver), et enfin le présent (des activités, de l'habitat, des habitants qui ne sont pas là par hasard, qui se nourrissent de la ville et  tout autant de l'écart de la ville). Il y a comme une osmose entre ce lieu et les activités et les habitants qui y ont trouvé abri. 
 
Comme tous les autres habitants du lieu, les Tsiganes ne sont pas là par hasard. Les murs sont le
reflet des anciennes portes de Paris : à la fois dedans et dehors la ville, à la fois désirant et résistant. 
Une ambivalence qui est dans le lieu et qui est dans les hommes qui y habitent : ouverture et
fermeture, attirance et résistance, tout à la fois.
 
Ainsi l'activité agricole, «agri-culturelle» dans son maintien et sa renaissance est tout aussi
indispensable à l'avenir de ce lieu que « l'habitat tsigane » dans son maintien et sa reconnaissance.
 
Pour revenir à cette invention et ce savoir montreuillois inégalé, caché dans ces murs, - technique 4permettant de créer un micro climat favorable à la production de fruits et légumes «royaux»-, il faut espérer qu’aujourd'hui cette invention et ce savoir renouvelé nous autorisent à goûter, au-delà de tous les préjugés, représentations, et difficultés de tous les jours, au «micro climat tsigane».
 
Le caractère particulier du lieu tient à la fois de ce qui s’est préservé, là, d’une histoire agricole
exceptionnelle et de ce qui s’est maintenu d’une histoire humaine originale et remarquable.
 
L’originalité et l’exceptionnalité d’un projet global dans les murs à pêches tiennent non seulement
dans la préservation d’outils (les murs), miroir d’une agriculture passée autorisant la refondation d’une agriculture urbaine de proximité (circuit court, agriculture biologique, activités d’insertion, espaces de respiration, de détente et de découverte…) mais aussi dans la préservation et l’intégration d’un habitat éphémère et mobile, exclu jusque là de la pensée de l’urbanité et de la ville.
 
Faut-il rappeler ici que les populations Tsiganes et Gens du voyage sont de celles les plus
discriminées en France et en Europe ? Et pour ce qui est de la France, rappeler des lois
discriminatoires (Loi de 1969 : statuts des personnes sans domicile fixe, catégorisation de
populations), des lois inappliquées par les collectivités locales (Loi du 31 mai 1990 sur le droit au
er logement, loi du 1 juillet 2000 sur le séjour et l’habitat des Gens du voyage), révélant tout à la fois l’absence de diagnostic et d’analyse en matière de besoins et le refus de familles toujours perçues comme les étrangères du lieu et de l’espace public ?
 
La restauration des murs à pêches parle ainsi d’une autre restauration : celle du lien entre citadins et ruraux  et celle du lien entre «sédentaires» et «nomades».
 
Faut-il aussi rappeler que vivre et habiter de manière différente - avec un «bâti» dont le principe est l’éphémère et le mobile - va aussi, contrairement aux apparences et parfois la réalité, avec le souci de nature, d’environnement et la préoccupation écologique ?
 
Alors, cause commune ? Un quartier innovant, plein de nature, plein de vent, plein de ville  et de la diversité de la cité
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4. Résumé des conclusions de la MOUS présentées lors de la commission  
 
1. Diagnostic d’occupation sur le secteur des murs à pêches - novembre 2004              
Source : ADEPT 93


En 2004, 28 parcelles occupées dont 7 en périmètre classé avec un fort taux d’occupation :
19 ménages/57 personnes. 


Une diminution des populations présentes sur les murs à pêches entre 1999 et 2004

  St Antoine / S Just   St Antoine/Nouvelle France
  Total
  Ménages Adultes Enfants Total Ménages Adulte Enfants Total Ménages Adulte Enfants Total
1999 22 55 65 120 36 56 60 116 69 111 125 236
2004 23 40 43 83 32 55 44 99 55 95 87 182

Périmètre classé
Périmètre non classé Total
Parcelles publiques
5
13
18
Parcelles privées 2
8
10
Total 7 21 28

 
Des situations d’habitat spécifiques : caravanes + mobil-home, chalet, bungalows  
Des conditions d’habitat précaires : conventions d’occupation précaires, occupations sans titres, constructions illégales, absence de sanitaires, absence de raccordements aux réseaux, etc.
 
2. Besoins d’habitat des ménages tsiganes présents dans les murs à pêches Source : ADEPT 93
 
Souhaits de type d’habitat des ménages :  
82% habitat individuel + caravane(s)
14% habitat individuel sans caravane
4%   habitat collectif
Souhaits de localisation des ménages  
88% sur le secteur de murs à pêches
12% ailleurs sur Montreuil
 
3.Les actions sur les terrains appartenant à la Ville :
-signature de 26 conventions d’occupation précaire
-amenées des réseaux (eau, électricité, assainissement)
-suivi des impayés
-aménagement d’une parcelle suite à procédure d’ expulsion sur un terrain privé
-installation de 12 blocs sanitaires (marché de maîtrise d’œuvre en cours)
La réalisation de projets d’habitat adapté a été bloquée faute d’identification de terrains
maîtrisés constructibles
 
Le nombre des familles a visiblement augmenté depuis 2004, une mise à jour des
données sera donc nécessaire.
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5. « Exercice de style » de la Société Régionale d’Horticulture de Montreuil pour cartographier l’emprise potentielle d’activités agriculturelles, d’équipements et de logements

 

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6. Carte proposée par l’association Murs À Pêches

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7. Avis et contributions complémentaires des membres de la commission au rapport final
 
7.1 CONTRIBUTION DE MARC BOURDIER, ARCHITECTE, ENSEIGNANT41
7.2 CONTRIBUTION DE BERNARD GUICHETEAU, UNION DES VERGERS D’ILE-
DE-FRANCE42
7.3 CONTRIBUTION DE BRUNO REBELLE, CONSEILLER MUNICIPAL GROUPE
SOCIALISTE43
7.4 CONTRIBUTION DE L’APUM...45
7.5 CONTRIBUTION COLLECTIVE DE JACQUES BRUNET, GILLES CLEMENT,
VERONIQUE ILIE (MONTREUIL ENVIRONNEMENT), CATHY LAMRY (ADHM) ET
MANUEL PLUVINAGE..46
7.5 CONTRIBUTION DE L’ASSOCIATION MAP...48
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7.1 Contribution de Marc Bourdier, architecte, enseignant
 
Commission extra-municipale des Murs à Pêches
Contribution de Marc Bourdier architecte, enseignant,
Ecole nationale supérieure d'architecture de Paris-La Villette
le 6 avril 2009
 
Le présent texte est fondé sur le travail de réflexion mené avec les étudiants de l'ENSAPLV
de 2000 à 2006 en vue de la définition d'un avenir pour le secteur des murs à pêches et sur
la lecture du rapport final des travaux de la commission extra-municipale sur l'aménagement
de ce secteur.
 
L'exercice est difficile : comment proposer une vision, dessiner un projet, et satisfaire les
désirs et les besoins du plus grand nombre ? Quelques points méritent d'être approfondis.
 
- Le temps n'est pas le même pour tous
De même que, dans la pratique, le temps des étudiants n'était pas le même que celui des
associations avec lesquelles ils ont travaillé, de même, le temps des citoyens (et de
l'implication du tissu associatif) n'est pas le même que celui de l'élu (le temps du mandat du
maire et de l'équipe municipale) qui n'est pas le même que celui de la ville, ni celui du projet
d'aménagement (court, moyen et long termes). Quels temps privilégier ?
- Les murs font partie d'un tout
Les murs ne peuvent être séparés de leur contexte. L'avenir qu'on souhaite leur donner ne
peut être envisagé sans prendre en compte et inclure au moins leur environnement immédiat. Et plus, le secteur des Murs à Pêches, dès lors qu'il s'agit d'en imaginer la transformation, pourrait-il voir son périmètre réfléchi et élargi à plusieurs échelles territoriales
?
- L'intérêt commun n'est pas la somme des intérêts individuels
L'intérêt commun ou collectif peut s'affronter à l'intérêt individuel (cet intérêt individuel pouvant même parfois être exprimé par un groupe). La définition de l'intérêt collectif ou commun se pose donc. Qui est légitime pour en proposer une ?
- La concertation permanente s'entend dès en amont
Qui doit participer à l'élaboration du projet d'aménagement du secteur ? Qui décide et où ?
Pour qui ? Comment organiser la concertation aux niveaux que sont : la diffusion de
l'information, l'organisation des débats, le processus de délibération et de prise de décision,
la gestion et la concrétisation des décisions prises ?
- L'habitat est un dossier sensible
Le site est déjà habité. Le besoin de logements sur le territoire de la commune est criant.
Comment envisager donc ce qui serait un habitat plus respectueux des sols, avec des
matériaux recyclés et à Haute Qualité Environnementale ? Faut-il du pavillonnaire ? Du petit
collectif ? D'autres formes ?
- Eco-quartier ou projet urbain durable  
L'éco-quartier apparaît plus souvent comme une fin que comme un moyen. Le site des murs
à pêches et ses caractéristiques exceptionnelles (friche agricole en milieu urbain, poche de
développement en zone dense, foncier en majorité public, etc.) méritent qu'on leur offre un
projet urbain durable qui pourrait servir de référence.
- Sanctuariser, équiper ou urbaniser
S'agit-il de sanctuariser le site et d'en rester donc au statu quo ? S'agit-il d'additionner des
équipements au gré de la satisfaction des désirs de chacun ou bien s'agit-il d'imaginer un
nouveau quartier de ville, son espace public et son urbanité ?
 
Beaucoup reste donc encore à faire…
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7.2 Contribution de Bernard Guicheteau, Union des Vergers d’Ile-de-France
 
Contribution à la Commission  Murs-à-Pêches
Bernard GUICHETEAU
Vice Président de l’union des vergers de l’ Ile de France
8 Avril 2009
 
Les murs à pêches qui subsistent sur la commune de Montreuil  sous  bois  sont un patrimoine bâti unique au monde, et sont le berceau des cultures fruitières palissées ;
Les professionnels que je représente sont naturellement intéressés par la mise en valeur  de
ce site.
Les principaux axes de développement  me semblent être ceux de la pédagogie et du tourisme dans le cadre d’un projet global cohérent .  
Cet espace peut se décliner en :
1.Musée (collections SRHM , Ecomusée de la Courneuve ..)
2.Vignes et vergers conservatoires et de production
3.Jardins ouvriers et de réinsertion
4.Ferme pédagogique (animaux de la ferme, réintroduction de chevaux de traits en milieu urbain…)
5.Institut du goût, atelier de transformation
6.Plateforme et boutique des terroirs franciliens (réinstallation de la grande halle de la Villette)  
7.Ateliers d’artisans et d’artistes  
8.Centre de documentation  sur l’écologie et les moyens alternatifs de production agricole  
9.Complexe  hôtelier  et de restauration, centre de conférence…  
 
D’ores et déjà  , le travail entrepris par les associations présentes sur Montreuil  impacte  le
développement  agricole régional : Participation aux foires et salons , création d’ AMAP ,
ateliers pédagogiques , opération «  Miss Pomme «  , relance des fruits marqués …
Les liens noués avec la région D’ Hirosaki au Japon , au Québec et dans l’ouest Canadien
résultent du travail sur le marquage des fruits .
L’observation de la pigmentation des fruits est liée à la découverte de la photographie. Ce
thème  peut être développé et permettre d’évoquer l’œuvre majeure  de Georges Méliès  et
de son célèbre studio  conçu comme une serre horticole .
Ces éléments démontrent  qu’en Ile de France  , le site des murs à pêches de Montreuil est
le lieu privilégié pour développer les liens villes-campagnes et un atout majeur en terme de
développement économique et culturel .   
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7.3 Contribution de Bruno Rebelle, conseiller municipal groupe socialiste
 
Commentaires sur le rapport de la commission extra municipale sur l’aménagement du secteur des murs à pêches
Bruno Rebelle Conseiller municipal Groupe socialiste  
13 avril 2009
 
Sur l’organisation du rapport
Il serait souhaitable que le rapport présente sous forme synthétique les différentes données
disponibles sur les caractéristiques actuelles du secteur et les activités qui s’y déroulent. En
particulier, puisqu’une des ambitions présentée en conclusion du rapport est de relancer
l’activité agricole sur ce secteur, il serait souhaitable d’avoir des données précises sur
l’activités agricoles actuelle (surface cultivée, type de production, valeur commerciale de ces
production, emplois agricoles actuels). Il serait également souhaitable que les hypothèses de
développement agricole soient soutenues par des projections possibles en matière de production, de surface cultivable, de marché potentiel et d’emplois à créer.     
Dans le même ordre d’idée nous souhaiterions que le rapport présente des données précises quand au peuplement actuel du secteur, avec les détails démographiques disponibles.
 
Sur les hypothèses avancées comme conclusion
Nous ne pouvons au nom du Groupe Socialiste soutenir les conclusions présentées comme
consensuelles dans la mesure où dès les premières étapes de travail de cette commission
nous avions souligné le manque de méthode nuisant à la qualité de l’élaboration d’un
possible consensus.  
Les perspectives d’aménagement du secteur devraient résulter de la combinaison de plusieurs hypothèses de « choix politiques » prenant en compte :
- L’évolution souhaitée en terme de peuplement du secteur, lui même en relation avec l’évolution du nombre de logements sur la commune, la problématique d’accueil de nouveaux arrivants et de « dé-précarisation » du logement d’autres groupes.
- Les perspectives d’évolution des activités économiques de ce secteur marqué par un tissu d’activités industrielles et commerciales très diverses.
- L’évolution des infrastructures lourdes.
- Les attentes en terme de valorisation du patrimoine historique, écologique et culturel.  
Il nous apparaît que si la commission a commenté assez longuement ces deux derniers points, elle n’a pas étudié suffisamment sérieusement les deux premiers. Nous regrettons également que les hypothèses de travail sur le secteur aient été étudiées de manière trop déconnectée des problématiques concernant l’ensemble de la ville. Cette déconnection est d’autant plus regrettable que l’enjeu d’une meilleure insertion de ce secteur dans l’ensemble urbain montreuillois avait été soulevé comme une question importante.  
Dès lors nous émettons les critiques suivantes sur les conclusions avancées par le rapport :
- L’hypothèse du développement d’activités agricoles nous semble peu soutenue par une analyse sérieuse des potentiels. Si l’idée d’une production agricole locale (maraîchère et fruitière ?) associée à une AMAP est, sur le papier séduisante, nous craignons qu’elle n’aboutisse à une consommation importante d’espace pour un nombre de bénéficiaire très confidentiel (1 ou 2 producteurs pour quelques familles privilégiées membres de l’AMAP.  
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- Les autres activités « agriculturelles » évoquées nous laissent craindre une forme de privatisation de l’espace (au sens d’accès restreint à un nombre limité d’habitants), évolution plutôt contraire au souhait initial d’ouverture des murs à pêches pour qu’ils intègrent le « domaine public ».
- Nous regrettons plus particulièrement que les esquisses en cours ne prévoient pas de liaison structurée entre le Parc des Beaumonts, les espaces classés des MAP et le Parc Montreau. Une telle liaison aurait constituée une continuité d’espace vert unique dans la ville.  
- Plus généralement nous craignons que les hypothèses d’aménagement évoquées dans ce rapport ne fassent qu’aggraver l’isolement de ce secteur. Les connections (liaisons - interactions) avec les quartiers voisins n’ont pas été traitées suffisamment sérieusement et le risque est grand que soit dessiné un « projet pour les MAP qui ne parle pas suffisamment au reste de la ville ».  
- Considérant le déficit de logement sur la ville et la grande densité existant dans de nombreux secteurs, il nous semble que l’hypothèse de construire seulement 400 logements sur les MAP, par rapport aux 4000 logements que la municipalité s’engage à produire, va générer des contraintes et des déséquilibres. Nous souhaiterions que cette hypothèse soit revue à la hausse. Il est possible de construire plus de logement sur ce secteur tout en conservant la valeur
patrimonial de cet espace.        
- Nous questionnons l’intérêt d’une installation de lagune pour l’épuration des eaux de la piscine. Une telle installation est très consommatrice d’espace et des alternatives de traitement / recyclage écologique existent.  
 
En conclusion, il nous apparaît que la synthèse proposée dans le rapport prend le parti d’un
aménagement « agricuturel » qui en donnant une importance forte à la composante
patrimoniale du site ne l’ouvre pas suffisamment sur le reste de la ville, n’invite pas les
montreuillois à s’approprier ce secteur, et ne répond qu’insuffisamment aux enjeux auxquels
la ville doit faire face en matière de logement, de développement économique et de création
d’emplois. La surface concernée par le secteur des murs à pêches devrait permettre par des
utilisations plus pertinentes de mieux répondre à ces enjeux, tout en protégeant le patrimoine
unique que représente ce site.     
 
Sur les suites de ce rapport
Il est important de souligner que la mandat de la commission extramunicipale vient à son terme avec la production de ce rapport. Si d’autres formes de concertations en prolongement des travaux de cette commission devraient être engagées elles devraient faire l’objet d’une
nouvelle délibération du conseil municipal.
La majorité municipale a présentée son intention de partager avec les montreuilloises et les
montreuillois les conclusions de ce rapport. Cette intention est légitime mais nous souhaitons
cependant que deux aspects importants soient soulignés.  
- Le caractère non consensuel des conclusions de la commission doit être rappelé.
- Il est essentiel de distinguer ce que sont les conclusions (non consensuelles) de la commission et ce que seront les hypothèses d’aménagement qui seront effectivement mises en débats (et qui pour lesquelles devront être précisées les options qui sont effectivement négociables et celles qui ne le sont pas).
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7.4 Contribution de l’APUM
 
Aménagement du quartier des murs à pêches
Grandes orientations  
Commission extra municipale des Murs à pêches avril 2009
APUM Atelier Populaire Urbain de Montreuil
 
Nous proposons quatre grandes orientations
 
1-Une mise  en valeur du patrimoine paysager, horticole et végétal qui permette aux
Montreuillois-e-s de s'approprier, d’être spectateurs mais aussi acteurs de leur patrimoine :
- ouverture rapide de cheminements thématiques, points de vue  et belvédères
-  une grande proportion d'espaces publics attractifs : terrains d’aventures, vergers, land art,
potagers extraordinaires etc..
- de la formation,  de la réinsertion, de la sensibilisation, des loisirs.
- un appel à projets (sur critères et sur les thèmes ci-dessus)) ayant pour objectif l’ouverture,
l’appropriation du site par les habitant-e-s  et la mise en valeur du patrimoine assorti de
moyens financiers.
-une large consultation des habitants et usagers par exemple un atelier d’urbanisme.  
 
2- Une mise en valeur ambitieuse de la biodiversité :
- conservation d’une proportion importante de friche et gestion de cette friche
- Mise en valeur du ru et de ses milieux associés, restauration de son approvisionnement en
eau perturbé par le passage de la bretelle d’autoroute, mise en valeur des puits et de l’eau
sur le site, sensibilisation du public à la question de l’eau.
- Connexion avec les autres espaces verts de la ville et de la région.
- appel à projet pour la mise en valeur de cette biodiversité assorti de moyens financiers
- accueil du conservatoire national de botanique.
- création d’une banque de graines et d’une pépinière de variétés potagères et fruitières
locales et régionales
 
3- L’amélioration du cadre de vie des Montreuillois-e-s :
- La proximité d’espaces verts a un impact positif sur l’état de santé de la population.
- Des activités de loisirs, de formation, d’insertion de proximité sont souhaitables dans le cadre valorisant des Murs à Pêches.
- Le renforcement du lien social, interculturel, intergénérationnel est possible par le biais
d’activités associatives et de jardinage : le jardinage est une activité qui fédère toutes les
couches de la société.  
- A l’exemple des micro potagers de 3 à 4 mètres carrés par famille  qui existent dans les
parcelles de l’association Murs à Pêches ayant  plus une fonction de loisir et de détente que
de production alimentaire, des micro potagers de 10 mètres carrés dans les murs à pêches
pourraient être proposés aux familles et une dynamique de création de jardins publics et  
partagés potagers sur l’ensemble de la ville pourrait être lancée.   
 
4- La mise en place une structure innovante de gouvernance et de gestion du quartier
Concevoir une entité réunissant  des élus, des habitants, des usagers, mais aussi de
scientifiques, des philosophes, des artistes, entité qui définit une charte de fonctionnement,  
des objectifs à atteindre et les moyens adéquats avec l’aide de « facilitateurs ».
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7.5 Contribution collective de Jacques Brunet, Gilles Clément, Véronique Ilié
(Montreuil Environnement), Cathy Lamry (ADHM) et Manuel Pluvinage
 
Contribution à la commission extra-municipale des murs à pêches
Montreuil, le 7 avril 2009
 
Madame la Maire, Mesdames et Messieurs les élus,
 
Vous avez voulu que les représentants d'associations montreuilloises et des personnes
ressources extérieures travaillent étroitement, avec la municipalité, pour définir les grandes
orientations d’un projet de réhabilitation, de valorisation et de développement du secteur des
murs à pêches.  
 
Ce travail a permis incontestablement de construire une connaissance commune et d’élaborer un imaginaire en partie partagé et donc réalisable.
Lors de la réunion plénière de constitution de la commission, vous avez exprimé le souhait
de dépasser le catalogue de projets possibles, pour parvenir à co-produire un ensemble de
principes invariants, qui serve d’ossature au futur projet d’aménagement.
C’est dans cet esprit que nous, associations et personnes ressources signataires de ce
courrier, vous faisons part des valeurs et des convictions qui nous rassemblent.
 
Rappelons les atouts des murs à pêches :  
· Le site des murs à pêches est un territoire d'une grande valeur patrimoniale, dont le paysage a été créé par des hommes pour des activités économiques agricoles.  
· Le site reste cohérent malgré les attaques du temps et la politique menée ces quarante dernières années.  
· Ces terres, ce paysage, l’histoire et les savoirs qui y sont liés représentent un atout
considérable pour la ville de Montreuil et la région Île-de-France.
· Le site risque de disparaître si nous ne mettons pas fin à la politique globale du profit avant tout, qui a fait disparaître les terres agri-urbaines.  
Mieux encore, ce site offre une opportunité unique d'expérimenter la reprise de l’agriculture en ville.  
· Ce site peut entrer dans la dynamique de production et de distribution locale pour le plus grand nombre, qui fait jour partout et notamment en Île-de-France.
· Mais ces atouts ne sont rien s'ils ne sont pas mis à profit par une volonté politique locale, car seule la municipalité a le pouvoir de porter un vrai projet de développement et de mise en valeur des murs à pêches.
Dans cette perspective, nous souhaitons indiquer les orientations qui nous paraissent
primordiales pour un développement pérenne de ce site exceptionnel.
1. Favoriser des activités liées à l’agriculture au service des quartiers environnants
: l’espace des murs à pêches doit être pensé comme un espace au service des quartiers environnants plutôt que comme un nouveau quartier à aménager.
2. Relancer une agriculture urbaine, notamment sous des formes économiquement durables. Les pistes sont nombreuses : vergers de production et de démonstration,ferme de cueillette, ferme pédagogique, terrain d’expérimentation pour les écoles,AMAP, pépinières, jardins familiaux, jardins partagés, jardins d’insertion, jardins botaniques, potagers du monde, marché pérenne. Le site est suffisamment vaste pour accueillir des projets différents qui puissent entrer en synergie. Dans tous les cas, ils devront être au service du patrimoine exceptionnel que constituent les murs
à pêches, non pas dans une optique protectionniste, mais au contraire de développement, en utilisant les atouts, tant matériels qu’immatériels, du site.
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3. Constituer un comité de suivi avec les associations montreuilloises, les personnes ressources et les collectivités territoriales, institutions et professionnels de ce secteur de l’économie.
4. Aménager ce quartier de manière écologiquement exemplaire et symbolique : le périmètre étant limité, préserver la totalité des espaces ouverts sur cette zone,favoriser la mutation des bâtiments industriels vers des activités en relation avec l'agriculture, la reconstruction de la ville sur la ville et la reconversion du bâti existant.
5. Ne pas geler les parcelles dans une fonction définitive, pour permettre l'évolution des activités.  
6. Protéger et valoriser la diversité des délaissés, la délimitation évolutive,fragmentée ou continue d’une zone dite de Tiers Paysage.
7. Elaborer un cahier des charges pour commander des études de faisabilité, qui permettront la mise en place de mesures de protection durable des murs, des sols et des usages nécessaires à la réussite du projet.  
La mise en place d’un PAEN semble particulièrement pertinente : cet outil réglementaire permet de protéger la destination des espaces agricoles urbains,sans compromettre le maintien des habitants et propriétaires terriens, dès lors qu’il est compatible avec le programme d’actions. Il pourrait permettre de préserver le patrimoine créé par les arboriculteurs montreuillois, sans léser leurs descendants.
8. Privilégier de nouvelles manières de construire et d’habiter, plus durables et, le cas échéant, réversibles. C’est dans une telle perspective que pourra être résolue positivement la question de l’habitat tsigane.
9. Privilégier les circulations douces dans le site et alentour et réserver un traitement
particulier à l’ancienne autoroute (pas de front bâti).
10. Limiter les grands projets d’équipement.  
L’accueil des ateliers du tramway dans le site pose problème, tant par leur surface qui limitera la déambulation dans le site que par la hauteur du bâti qui ne permettra pas une intégration discrète dans le paysage. Toutes les solutions permettant d’implanter les ateliers du tramway en dehors du site, y compris la modification du tracé, devront être étudiées.
Les abords et les équipements de la piscine écologique ne devront pas nuire au
caractère patrimonial et naturel du site des murs à pêches.
Limiter la construction de logements et inventer des constructions permettant de réussir l’installation d’exploitants agricoles intra muros. Les constructions envisagées en pourtour du site ne devront pas avoir pour conséquence de « fermer » le site sur lui-
même. Toutes les solutions favorisant sa visibilité et son désenclavement sont à privilégier.
 
En espérant que ces principes rencontreront votre assentiment et celui de l’équipe municipale, nous vous assurons, Madame la Maire, Mesdames et Messieurs les élus, de notre entière disponibilité pour participer à leur mise en œuvre.  
 
Signataires : Jacques Brunet, Gilles Clément, Véronique Ilié -Montreuil environnement,
Cathy Lamry -ADHM, Manuel Pluvinage
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7.5 Contribution de l’association MAP
 
Les Murs-à-Pêches, un espace à ne pas galvauder
 
Nous avons 15 ans d’expérience de visite du public  en individuel et en groupe du site des
murs à pêches.  
Une très grande majorité des visiteurs est touché, émerveillé par le caractère insolite,
l’ambiance poétique et campagnarde du paysage. Ces impressions sont liées  à  la
reconquête partielle de la friche, la diversité des jardins et des activités, la dimension
labyrinthique des murs, l’espace étendu et peu bâti.  
Comme le montre le rapport de la commission extra municipale le quartier des murs à pêches est riche d’une multitude de possibles et  nous devons  faire des choix.
Une  étude ( paysagère) est nécessaire pour déterminer les axes forts de l'aménagement de
cet espace, pour éviter  l’écueil  d'avoir des activités éclatées sur le site, sans cohérence,
avec une perte d'identité de cet espace. En complément et en cohérence avec  cette étude,
un cahier des charges pour le maintien et l'entretien des murs doit être établis.
Seuls, un bon programme,  et un aménagement collant aux spécificités du site peuvent
garantir la préservation de cette identité. Rappelons notamment un élément si vite oublié sur
les plans : son  relief,  l’ensemble du  site forme un amphithéâtre légèrement incliné vers le
sud et vers l’ouest (Paris) et bénéficie d’un bel ensoleillement.
 
Nous  voyons 4  types d’activités essentielles à  développer  en  proportions égales d’environ
9 hectares afin que chacune aient suffisamment d’ampleur et de sens  sachant qu’il y a 35 à
38 hectares de murs à pêches.
Elles  sont  à comprendre comme non séparées mais  imbriquées, reliées entre elles .
1) Jardins  culturels et  artistiques : théâtre de verdure, scène musicale, guinguette, lieux
d’exposition, festival des jardins contemporains …
2) Jardins partagés, collectifs, citoyens, familiaux, associatifs, expérimentaux…
3) Friches, petits bois, prairie, mise en valeur du ru, conservatoire national  de la biodiversité…
4) Activités horticoles  de production : ferme cueillette, jardin de fleurs, pépinières,  AMAP,
vergers …
Un nouvel appel à projet  pourrait être lancé pour chacun de ces thèmes  ouvert à tous,
individus personnes morales.  
Il  est également  essentiel que l'aménagement du secteur des Murs à Pêches  soit  ouvert  
sur la ville avec des promenades et itinéraires verts pour que les citadins puissent
s'approprier cet espace
Bien entendu aucun déplacement des habitants du site ne pourra être fait sans leur accord.
Nous réaffirmons que ce patrimoine doit  être largement ouvert au public, aux initiatives
citoyennes, aux démarches d’éducation populaire.
 
Nous avons pris acte que la ville va mener une large consultation auprès des habitants de
Montreuil. Nous souhaitons que des outils participatifs soient mis en place pour faciliter la
consultation des habitants.

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